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Février 2019

21

AGEFI Luxembourg

Fonds d’investissement

Par Marc NOIRHOMME, Director,

Deloitte Luxembourg

Q

uatre thèmes vont

impacter durablement

les règles du jeu au

sein de la distribution trans-

frontalière des fonds d’inves-

tissement : d’abord les oppor-

tunités et menaces provenant

de l’Asie-Pacifique comme les

nouveaux territoires à redécou-

vrir et les passeports régionaux;

ensuite le Brexit et ses effets de

bord ainsi que des

développements

réglementaires

pour simplifier et

harmoniser cer-

taines pratiques

directement liées à

la distribution; fina-

lement, les solutions

de rationalisation des

coûts actuellement au

centre des débats.

L’Asie-Pacifique

Des années de forte croissance économique en

Asie-Pacifique ainsi que des changements démo-

graphiques importants ont transformé de nom-

breuses économies émergentes de la région en

marchés nationauxmatures et sophistiqués. Nous

avons publié une analyse approfondie

«NavigatingAsia»

(1)

, sur les facteurs sous-jacents à

ces évolutions qui met l’accent sur les défis et les

opportunités en matière de distribution de fonds

d’investissement dans la région.

Le passeport asiatique est devenu réalité depuis

le 1

er

février 2019 et pourrait à terme menacer la

pole position des UCITS. Il ne couvre actuelle-

ment que 5 pays (l’Australie, le Japon, la

Thaïlande, la Corée du Sud et la Nouvelle-

Zélande) mais d’autres sont en embuscade,

comme Singapour. Bien que les opportunités

dans la région soient substantielles, il convient

de prendre en compte des différences impor-

tantes dans la dynamique des marchés locaux.

En effet, l’Asie-Pacifique regroupe un mélange

d’économies hétéroclites, dont certaines sont

déjà des places financières internationales de

premier ordre (par exemple, Singapour), tandis

que d’autres sont et resteront probablement très

centralisées sur leur marché domestique.

Il faut donc considérer la région comme une

«galaxie d’étoiles» plutôt que comme une région

intégrée ayant des comportements

similaires et par conséquent nepas

privilégier

une

approche

«unique». L’Asie-Pacifique n’est

pas

terra incognita

, mais on

constate que 75% des fonds

d’investissement transfronta-

liers européens vendus dans la

région sont distribués unique-

ment à des investisseurs basés à

Singapour, à Hong Kong et à

Taiwan.Celasemblecontredirela

forte diversité des différents mar-

chés régionaux. Le livre blanc

écrit par Deloitte en

marge de la

conférence

explore plus

en détail cette

contradiction et

conclut que cer-

tains des poten-

tiels de croissan-

ce les plus élevés

pourraient

se

situer

hors des sen-

tiers battus.

Deloitte

pense particulière-

ment que l’Australie, le

Japon et Singapour sont

les marchés à redécouvrir

(2)

.

Brexit

Les effets du Brexit sont aujourd’hui encore aussi

tentaculaires qu’incertains et ce malgré tous les

efforts des autorités de tutelles anglaises et luxem-

bourgeoises afin d’assurer une continuité de la

distribution (à savoir le TPR,

temporary permission

regime

) prévu pour fin mars 2019.

Prévoir le pire des scenarios et rester agile en se

donnant des capacités de réaction rapide sera la

devise. Bien évidemment, entrer dans le TPR est

plus que nécessaire. Mais, à ce jour, dans la pério-

de post-Brexit, toute nouvelle commercialisation

ne sera pas nécessairement garantie. Tôt ou tard

les UCITS devront se conformer à une procédure

d’agrément lourde et fastidieuse comme on les

trouve dans les juridictions éloignées afin de pou-

voir toujours êtredistribués auRoyaume-Uni. Les

acteurs locaux, privés quant à eux du passeport

européen, vont se reconcentrer et inonder le mar-

chédomestique avecdes fonds locaux, rendant de

ce fait les UCITS moins attractifs. Tout comme

l’Asie-Pacifique, un marché à

redécouvrir…

Harmonisation et simplification

des règles attendues

2019 ne verra pas de ralentissement des évolu-

tions réglementaires. Parmi les nombreuses pro-

positions visant à parachever l’Union des mar-

chés des capitaux, certaines visent à aller encore

plus loin dans l’harmonisation et la simplification

des règles applicables au sein de l’Union

européenne dans ce domaine.

Une de ces propositions est de modifier les direc-

tives UCITS et AIFM afin que les sociétés de ges-

tionpuissentmettre enplace, àdistance oupar des

moyens électroniques, les mesures nécessaires

pour que les investisseurs puissent accéder aux

informations qui doivent leur être communiquées.

Une autre proposition est l’insertion dans la direc-

tive AIFM d’une définition de «pré-commerciali-

sation». En effet, en l’absence du consensus sur le

sujet, il est aujourd’hui difficile pour la société de

gestion de savoir quelles activités constituent un

acte de pré-commercialisation ou non.

Un autre élément sujet à controverse concerne les

règles applicables aux documents commerciaux.

La directive UCITS fait particulièrement référence

à l’obligation, vague et imprécise, de présenter les

communications publicitaires d’une manière cor-

recte, claire et non trompeuse. Cette obligation est

d’autant plus vague et sujet à polémique qu’elle

fait écho à la même obligation pour les sociétés

d’investissement sous la directive MIF – sous

laquelle, celle-ci est clarifiée et détaillée grâce à des

mesures d’application, que les sociétés de gestion

sujettes seulement à la directive UCITS ne bénéfi-

cient pas. Ce point est désormais pris en considé-

ration au niveau européen grâce à la proposition

d’un nouveau règlement.

Le 3 décembre dernier, le comité ECONdu Parle-

ment européen a adopté à une large majorité sa

position finale sur ces propositions. Ceci constitue

un pas décisif au vu des discussions en trilogue

avec la Commission européenne et le Conseil de

l’UE nécessaires à la finalisation du règlement.

Facteurs de succès – défis opérationnels

L’industrie des fonds d’investissement ne fait pas

exception aux défis opérationnels majeurs simi-

laires à d’autres industries : la digitalisation ou

encore la gouvernance réglementaire. En ce sens,

au-delà de la stratégie de développement de pro-

duits et du positionnement de l’image, nous pen-

sons que les sociétés de gestion doivent se concen-

trer sur lamaturation de leur technologie, en parti-

culier le traitement et la gestion des données et des

documents, faute de quoi, elles risquent d’être

dépassées, voire «disruptées».

Pour illustrer ce propos, les sociétés de gestion

pourraient créerun«écosystème»avec enamont la

rédactiondesprospectus jusqu’à lapréparationdes

documents marketing. Ainsi, toute modification

du prospectus entrainerait une modification des

KIID (

Key Investor Information Document

), une mise

à jour de la matrice d’enregistrement, des

demandesde traduction, despréparationsdepros-

pectus adaptés aux requis locaux, l’adaptation de

certains

reportings

réglementaires ou fiscaux et éga-

lement des documents marketing ainsi que sites

Internet. Il s’agit d’effets en cascade bien connus

mais qui généralement font l’objet de processus

d’alimentation et d’actualisation séparés. Dès lors,

l’installation d’un canal unique en amont ainsi

qu’une alimentation unique de la donnée réduirait

significativement les coûts opérationnels et le

temps de traitement.

Ces thèmesont étéabordés le12 févrierdernier lors

de la septième édition de la conférence sur les ten-

dances de la distribution transfrontalière des fonds

d’investissement organisée pour la septième année

consécutive par Deloitte, en collaboration avec le

cabinet Elvinger Hoss Prussen. Il s’agit de l’un des

événements les plus importants dans ce domaine

qui comptait plus de 700 inscrits lors de cette édi-

tion. Parmi les orateurs, on trouvait des invités

prestigieux tel que John Emerson, ancien ambassa-

deur des États-Unis en Allemagne sous la prési-

dence Obama, et conseiller chargé des accords

commerciaux et de libre-échange auprès du prési-

dentClinton, qui apartagé savisionsur lesdéfisdu

monde actuel pour l’industrie des fonds d’investis-

sement. Enoutre, cette conférence adonné l’oppor-

tunité aux participants d’entendre de grands

acteurs spécialisés dans ce domaine venus des

deux côtés de l’Atlantique mais également de

l’Asie du Sud-Est.

1) Deloitte Luxembourg, «Navigating Asia - Investment Fund

Distribution: Challenges &Opportunities», novembre 2018, disponible

via le site web de Deloitte Luxembourg

2) Livre Blanc de Deloitte Luxembourg, «Asia Pacific - Off the beaten

track», février 2019, disponible via le site web de Deloitte Luxembourg

La distribution transfrontalière des fonds d’investissement :

Vers de nouveaux horizons

L

a perspective d’un ralentissement de

la croissancemondiale et celle d’une

pause dans la remontée des taux

d’intérêt aux Etats-Unis devraient per-

mettre aux cours de l’or demonter en 2019,

sans pour autant retrouver les plus hauts

des dernières années, montre une enquête

de Reuters publiée le 29 janvier.

La médiane des estimations des 36 analystes et

traders spécialisés donne le cours de l’once d’or à

1.305 dollars en moyenne cette année, en hausse

d’environ3%par rapport à samoyennede 2018 et

légèrement au-dessus de laprévisionmédianede

l’enquête précédente, il y a trois mois. En 2020, le

prix de l’once de métal jaune devrait atteindre

1.350 dollars en moyenne, un peu en dessous du

pic de 2016 (1.374,91 dollars) et de celui de l’an

dernier (1.366,07 dollars).

En 2018, l’or a subi sa première baisse en trois ans,

conséquence de la concurrence des actions, de la

hausse des taux américains et de l’appréciation du

dollar, qui le rend plus coûteux pour les investis-

seurs non-américains. Il s’est orienté à la hausse

depuis le début de cette année, atteignant des plus

hauts de sept mois au-delà du seuil technique des

1.300 dollars. “Un ralentissement des hausses de

taux d’intérêt de la Fed, un dollar peut-être plus

faible et en tout cas pas plus fort, une poursuite de

la correction sur les actions américaines et la pour-

suite de l’instabilité géopolitique aboutissent à for-

merlesconditionsidéales(enfaveurdel’or)”,résu-

me Frederic Panizzutti, deMKS.

Autreélém

entporteur:lesfondsindiciels(

ETF)sur

l’or ont augmenté leurs avoirs de quelque quatre

millions d’onces, soit de 7,6% de leurs actifs sous

gestion,depuisledébutdumoisd’octobre.Lesspé-

culateurs sont eux aussi positifs : les positions à

l’achat sur le marché Comex dépassaient mi-

décembre les positions à la vente. Aucune donnée

plus récente n’est disponible en raison du blocage

(“shutdown”)pendantplusd’unmoisd’unepartie

des administrations fédérales américaines.

“Nous considérons que l’or est engagé dans un

mouvement de reprise de long terme. La première

phase, motivée par la normalisation du sentiment

sur les marchés à terme, semble achevée et une

consolidation à court terme semble probable”, dit

CarstenMenke,analystedeJuliusBaer.“Ladeuxiè-

me phase, caractérisée par la baisse dudollar amé-

ricain, devraitdébuter autourdumilieude l’année,

avantunetroisièmephasederetourdelademande

d’actifs refuges lorsque les craintes sur lacroissance

et l’inflation auront saisi les marchés financiers, au

début de la prochaine décennie.” L’or sert réguliè-

rement de protection contre l’inflation, qui érode la

valeur des autres catégories d’actifs.

Concernant l’argent, les analystes et traders inter-

rogés prévoient un coursmoyende 16dollars l’on-

cecetteannéeaprès15,68l’andernier,doncinférieur

àceluide16,40qu’ilsattendaientilyatroismois.La

médiane des prévisions avait déjà reculé dans les

trois enquêtes précédentes. En 2020, le prixde l’on-

ced’argentdevraitatteindre17,20dollarsenmoyen-

ne.Leratioor/argentdiminueraitdoncaprèsavoir

atteintl’anderniersonplushautniveaudepuisprès

de25ans.“Noussommesprudemmentoptimistes

sur les cours de l’argent au vu de la situation fon-

damentalementsainedel’offreetdelademandesur

le marché physique”, dit Robin Bhar, analyste de

Société générale. “L’argent est sous-évaluépar rap-

port à l’or et un rattrapage est probable”, ajoute-t-il.

Source : Reuters

L'or devrait profiter du

ralentissement économique

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