Agefi Luxembourg - juillet août 2026
AGEFI Luxembourg 36 Juillet / Août 2026 Droit & Emploi D ix ans après sa création, microlux dresse un bilan positif de son ac tion en faveur de lʹentrepreneu riat inclusif. À lʹoccasion de son 10 e anniversaire, célébré le 9 juillet à lʹAuditorium de BGL BNP Paribas, lʹorganisme a dé voilé les résultats dʹune étude dʹimpact réalisée avec le soutien de STATEC Research. Celleci met en évidence les effets dura bles du microcrédit et de lʹac compagnement proposé aux entrepreneurs exclus du finan cement bancaire traditionnel. Selon cette étude, 91 % des bénéfi ciaires interrogés sont aujourdʹhui insé rés professionnellement. Elle révèle également que 235 entreprises ont été créées grâce au soutien de microlux et que 81 % des sociétés accompagnées poursuivent leur activité deux ans après leur création. Lʹétude souligne aussi les bénéfices de lʹaccompagnement proposé par lʹinsti tution. Ainsi, 76 % des entrepreneurs estiment que celuici a amélioré leurs pratiques professionnelles, tandis que 73 % constatent une amélioration de leurs conditions de travail. Plus de la moitié des répondants (53 %) déclarent également bénéficier dʹun meilleur équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée. Créée en 2016 à lʹinitiative de BGLBNP Paribas, dʹADA, du Fonds européen dʹinvestissement (FEI) et de lʹAdie, microlux accompagne les personnes ayant des difficultés dʹaccès au crédit bancaire afin de créer ou développer leur entreprise. En dix ans, plus de 1.200 porteurs de projet ont été accompagnés, 322 entre preneurs ont obtenu un microcrédit pour unmontant total supérieur à 5mil lions dʹeuros, contribuant à la création ou au maintien de 550 emplois au Luxembourg. Lors de la soirée anniversaire, Nicolas Otton, président du Comité exécutif de BGL BNP Paribas au Luxembourg, a rappelé que chaque projet financé représente une opportunité de transfor mer une idée en activité économique, tout en favorisant lʹinclusion sociale. S.A.R. la GrandeDuchesse Maria Teresa, qui soutient microlux depuis sa création, a également salué dans un message vidéo lʹengagement des équipes, des partenaires, des bénévoles et des entrepreneurs ayant contribué au développement de cette initiative. Forte des résultats de cette étude, la pré sidente du conseil dʹadministration de microlux, Anne Muller, a réaffirmé lʹambition de lʹorganisation de poursui vre son développement afin dʹaccom pagner davantage de créateurs dʹentre prise et de renforcer son impact sur lʹen trepreneuriat inclusif au Luxembourg. Le microcrédit, un tremplin vers l'entrepreneuriat ©microlux M algré lʹimportance accordée à la qualité de vie au travail, le salaire demeure le principal facteur de dé cision lorsquʹil sʹagit de changer dʹem ployeur auLuxembourg. Cʹest lʹundes principaux enseignements de lʹétude Em ployer BrandResearch 2026 deRandstad Luxembourg, réalisée par Kantar auprès de 1.505 personnes représentatives dumarché du travail luxembourgeois. Lʹenquête montre que, dans lʹidéal, les salariés privi légient avant tout une bonne ambiance de travail (80 %), suivie de lʹéquilibre entre vie professionnelle et vie privée (76 %), de la sécurité de lʹemploi (73 %), puis du salaire et des avantages sociaux (71%). Les perspectives dʹévolution de carrière arrivent en cinquièmeposition (65%). Toutefois, lorsque les tra vailleurs doivent réellement choisir entre plusieurs opportunités, la rémunération reprend la première place. Selon Randstad, le salaire constitue un prére quis indispensable, les autres critères ne devenant déterminants quʹune fois les attentes financières satisfaites. Lʹétude met également en évidence des différences selon les profils. Les femmes accordent davantage dʹimportance à lʹambiance de travail et à lʹéquilibreentrevieprivéeet vieprofessionnelle, tan dis que les hommes se montrent plus sensibles au niveau de rémunération. Les jeunes générations, notamment la génération Z et les Millennials, atta chent une plus grande importance aux perspectives dʹévolution de carrière. Dans un contexte de transformation économique, de digitalisation et dʹincertitudes, la sécurité financière resteunepréoccupationmajeure. Pour 66%des pro fessionnelsinterrogés,ellepassedʹabordparunsalaire stable et régulier. Les avantages les plus recherchés concernent les dispositifs de retraite et de sécurité financière, ainsi que les congés et le temps de récupé ration, cités chacunpar 85%des répondants. Lʹétude souligne également un risque persistant de rotationdupersonnel.Silʹintentiondechangerdʹem ploi est légèrement en baisse, 14 %des salariés envi sagent néanmoinsdequitter leur employeurdans les six prochains mois. Les principales raisons évoquées sont une mauvaise ambiance de travail (52 %), un salairejugéinsuffisant(50%)etunmanquedʹéquilibre entre vie professionnelle et vie privée (50%). Letélétravailcontinueparailleursdesʹinstallerdura blement dans les pratiques, avec 35 % des travail leursexerçantenmodehybride.Enmatièrederecru tement, lamontée enpuissancede lʹintelligence arti ficielleneremetpasencauselʹimportanceducontact humain : unemajoritéde candidats estime indispen sable de pouvoir échanger directement avec un représentant de lʹentreprise au cours du processus de recrutement. Enfin, Randstad dévoile son classement 2026 des employeurs les plus attractifs du Luxembourg. Le Groupe CFL conserve la première place, devant la Banque et Caisse dʹÉpargne de lʹÉtat (Spuerkeess), POSTLuxembourg, Cargolux et Luxair. Le salaire reste décisif pour attirer les talents au Luxembourg ©magnific L a transition vers une écono mie décarbonée s’accélère à un rythme sans précédent, portée par une explosion de la production d’énergies renouvela bles et, jusqu’à récemment, un boomhistorique des ventes de vé hicules électriques. Pourtant, der rière la promesse de technologies propres se cache une réalitématé rielle implacable. Notre dépen dance collective s’est peu à peu déplacée des combustibles fos siles vers les soussols. La récente analyse menée par Arnaud Lanoe et Raphaël Duarte, orateurs invités par l’EcofinClubLuxembourg, experts et membres du groupe Foyer*, met en lumièrelefaitquelatransitionénergétique estavanttoutunetransitionminièreinten sive. Une voiture électrique nécessite en moyennejusqu’àsixfoisplusdeminéraux qu’unvéhicule thermique classique. Qu’il s’agisse du lithium pour les batte ries, du cuivre pour les réseaux de distri bution ou des terres rares pour les tur bines éoliennes de grande puissance de typeoffshoreouencorepour lesmoteurs de traction, la demande explose. La très fortedemandepourcetypedematériaux s’accompagne d’une volatilité extrême des cours mondiaux. Ainsi, le prix du lithium a connu des fluctuations specta culaires cesdernières années, illustrant la fragilitéd’unmarchéhyperréactif,enten sionpermanente sur les chaînesd’appro visionnement. Surdomination chinoise Le risquemajeur qui pèse sur ces chaînes d’approvisionnement réside dans l’ex trême concentration géographique de la productionet, plus encore, de la transfor mation de ces métaux critiques. Le cas des terres rares, comme le néodyme, est particulièrement révélateur. Si la Chine assure environ 70 % de la production mondiale (contre 14 % pour les États Unis), elle contrôle une part écrasante de 87 % du raffinage et de la séparation de ces oxydes. Cette domination offre à Pékin un levier d’influence géopolitique certain. La Chine n’hésite d’ailleurs pas à restreindre ses quotas d’exportation (matériaux mais aussi équipements et technologies) pour défendre, ditelle, sa sécurité nationale ou faire pression sur les industries occidentales. Récemment encore, les restrictions chi noises sur les technologies de traitement des terres rares ont mis sous tension l’in dustrie de la défense et de la haute tech nologie américaine. Les ÉtatsUnis et l’Europe se retrouvent ainsi dans une situationde vulnérabilité, parfois critique, contraints de subir les soubresauts d’un marché verrouillé. Cuivre et lithium Outre les terres rares, le marché du cui vre traverseunephasede fortes tensions. L’offre minière peine à suivre le rythme d’une demande soutenue, en hausse de 3 à 4%par an sur la prochaine décennie. Ces tensions, précisent nos deux ora teurs, s’expliquent par l’absence de découvertedegisementsmajeursdepuis 2014, levieillissement des infrastructures existantes et des rendementsd’extraction toujours plus faibles. « Sans une expansionmassivemais aussi risquéedesinvestissements,lepicdepro duction du cuivre extrait pourrait être atteint à la fin de cette décennie, ouvrant un large fossé entre l’offre et la demande mondiale»,estimeRaphaëlDuarte.Cette dynamique est légèrement différente pour le lithium, indispensable au secteur du stockage d’énergie (batteries station naires)etàceluidel’automobile.Silapro duction brute, dominée par l’Australie et leChili,connaît une forte croissance, c’est à nouveau le raffinage—contrôlé à près de 60%par laChine—qui pose unpro blème de souveraineté. Recyclage et alternatives technologiques Faceàl’urgence,quellessolutionss’offrent aux économies occidentales ? « Le recy clage en fin de vie apparaît comme une piste prometteuse, mais ses limites actuelles sont importantes », constate ArnaudLanoe.Silestauxderecyclagedu cuivre atteignent 46 %, ils s’effondrent à seulement 1 % pour le lithium et sont quasi inexistants pour les terres rares. Le recyclage ne pourra donc pas, à court terme, combler le déficit de production. L’industrie mise alors sur l’innovation et la substitution chimique. Le géant des batteries CATL prépare activement des batteries au sodium de deuxième géné ration, s’affranchissant ainsi du lithium. Parallèlement,desconstructeursautomo biles commeGMet Stellantis investissent dans des startups telles que Niron Magnetics pour concevoir des aimants permanentsdevéhiculesélectriquestota lement exempts de terres rares. Enfin, à plus long terme, de nouvelles frontières minières s’esquissent, qu’il s’agisse de l’exploration des réserves du Groenland ou de l’exploitation, encore très controversée sur le plan environne mental, des nodules polymétalliques en eaux profondes. Contreattaque législative Faceaurisqued’asphyxieéconomique,les États occidentaux déploient l’artillerie lourde.Aux ÉtatsUnis, l’InflationReduc tionAct (IRA) a redessiné la cartographie desfluxd’approvisionnement.Sonobjectif est limpide : exclure la Chine des étapes intermédiaires (raffinage, production de cathodes et d’anodes) en favorisant des partenariats stratégiques directs avec des pays considérés comme « alliés », tels que leChili, l’Australie ou leCanada. Le Pentagone va même jusqu’à prendre desparticipationsdirectesdansdesentre prises minières locales, à l’image de MP Materials. De son côté, l’Union euro péenne a répliqué avec sa Loi sur les matières premières critiques (CRMA). Ce texte fixe des objectifs ambitieux pour 2030, comme l’extractionde 10%et le raf finage de 40 % de sa consommation annuelle de métaux critiques sur le sol européen. Mais la mise en œuvre de ce CRMAs’avère des plus complexes. Si quelques partenariats ont d’ores et déjà été signés, à l’instar de celui concluavec la Serbie pour le lithium, la contestation locale et les suspensions de projets indus triels majeurs rappellent qu’une recon quête de la souveraineté minière ne sera pas un long fleuve tranquille. * Leader du marché luxembourgeois de l’assurance vie et nonvie, le groupe Foyer, fondé en 1922, est actif dans plusieurspayseuropéensàtraverstroismétiers : l’assu rance, la prévoyance et la gestion de patrimoine. Sa gamme de produits, de Foyer à CapitalatWork, en pas santparWealinsetGlobalHealth,s’adresseàuneclien tèle de particuliers, de professionnels et d’entreprises. Hugo LEBLUD Ecofin Club Luxembourg Métaux stratégiques : l’Occident face à la Chine ©Foyer
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy Nzk5MDI=