Agefi Luxembourg - juillet août 2026

AGEFI Luxembourg 14 Juillet / Août 2026 Économie OPINION Par Jean MARSIA, président de la Société européenne de défense AISBL (S€D) C onsidérant d’une part les prio­ rités budgétaires de l’Union européenne (UE), qui sont la défense et la relance de l’écono­ mie, et d’autre part son manque de ressources finan­ cières, certains proposent de s’inspirer de la façon dont Alexander Hamilton a mu­ tualisé les dettes des 13 États américains, en négli­ geant le fait que l’UE n’est pas une fédération. Comment Hamilton atil transformé de mauvaises dettes enun actif fort estimé ? En septembre 1789, le président des ÉtatsUnis d’Amérique, GeorgeWashington confia à son secré­ taireauTrésor,AlexanderHamilton,lamissionderé­ soudre le problème de la dette qui avait été souscrite au cours de la guerre d’indépendance, par les 13 États, pour payer la solde et approvisionner l’armée continentale. Les recettes courantes du gouverne­ ment fédéral provenant des droits de douane et des droits d’accise finançaient seulement le fonctionne­ mentcourantdugouvernement.Nilegouvernement fédéral, ni ceux des États n’avaient les moyens d’amortir la dette. Informés de cela, ayant perdu confiancedansleursdébiteurs,uncertainnombrede détenteurs initiauxd’obligations les avaient vendues à des spéculateurs. Hamilton proposa de rembourser ces dettes en aug­ mentant les recettesfiscales, pardes taxes sur lespro­ duits de luxe, notamment l’alcool, et en générant de nouvelles recettes par la vente de terres dans l’Ouest des ÉtatsUnis. En juin 1790, la Chambre des repré­ sentants adopta le projet de loi ad hoc et le Sénat l’ap­ prouvaunmoisplustard.Leseffetssurlecréditpublic furent immédiats. La valeur des obligations d’État américaines a triplé, grâce à l’assurance qu’elles se­ raient remboursées. Fort de ce succès, en décembre 1790, Hamilton pro­ posa de créer une banque nationale pour dynamiser l’économie.Malgré l’oppositionde JamesMadison et de Thomas Jefferson à l’interventionde l’État dans la vie économique, Hamilton sut convaincre Washing­ tonque la banque allait accélérer le traitement des re­ cettes,lerecouvrementdesimpôtsetlarégulationdu commerce. Washington signa le projet de loi portant création d’une banque nationale le 25 février 1791. (1) Ainsi, peuaprès l’adoptionde la constitution fédérale américaine, les bases de la future puissance écono­ miqueaméricaineétaientposées.Hamiltonaenoutre complété la constitution fédérale américaine de 1787, en vertu des compétences implicites qu’elle confère dans divers domaines au pouvoir exécutif, en parti­ culier dans la finance. Le «moment hamiltonien » de l’UEne fut qu’unmirage Peu après l’autorisation donnée le 21 juillet 2020 à la Commission européenne de lancer un emprunt de 750milliards d’euros afin d’aider financièrement les payslesplustouchésparlesconséquencesdelapan­ démie Covid19, s’est posée la question de savoir s’il allait rester dans l’histoire comme le « moment ha­ miltonien»de l’UE : certains considéraient à tort que cet emprunt créait une dette « fédérale ». (2) Ce terme est un nonsens, puisque l’UE n’est pas une fédéra­ tion, mais bien une association d’États. La mutuali­ sation des dettes des 13 États américains par Alexander Hamilton en 1790 a renforcé le gouver­ nement fédéral, elle ne l’a pas créé. C’est la constitution fédérale qui a institué le gouver­ nement fédéral américain. L’emprunt de 750 milliardsd’eurosde 2020n’aprovoqué aucun changementdanslesinstitutionsdel’UE;iln’a pas ouvert la voie à la fédéralisation de l’Eu­ rope.Cetempruntn’estquelamanifestationde lasolidaritéponctuelledespaysdunord,quipro­ fitent le plus du marché et de la monnaie uniques, envers ceux dont le développe­ ment économique est plus faible. Contrairement à l’État fédéral améri­ cain, qui emprunte chaque année, l’em­ prunt de 2020 ne constitue pas un « précédent ». Les 750 milliards d’euros seront remboursés en 30 ans, via le budgeteuropéenpourles390milliardsde subventions. Il faudra donc sabrer dans les dé­ pensesdel’UE,parexempleenréduisantlesfondsde cohésion,ouaugmenterlesressourcespropres,ceque leConseil européen refuse jusqu’àprésent. La solida­ ritéfinancièren’estmanifestementpaspérenneausein de l’UE, contrairement à ce qui se passe au sein de l’État fédéral américain. Les décideurs européens sont souvent inconséquents En Europe, les gouvernants qui sont partisans d’une intégrationplusforte,etrejettentlafédération,mettent régulièrementlacharrueavantlesbœufs.Cefutlecas en1952lorsqueleprojetdetraitésurlaCommunauté européenne de défense a précédé celui sur la Com­ munautépolitiqueeuropéenne.Cefurentdeuxéchecs inéluctables : Charles de Gaulle avait raison, en 1953, de s’opposer à la Communauté européenne de dé­ fenseetd’exigeruneEuropepolitique,capablededé­ finir une politique européenne de sécurité, comme préalable à une armée européenne. Ce fut encore le cas lorsque la monnaie unique a été instaurée sans que l’union politique de l’Europe ne soit réalisée. L’euro reste donc vulnérable. En 1992, le chancelier Kohl avait expliqué, mais en vain, au pré­ sident Mitterrand, que le fédéralisme est la seule forme pertinente d’intégration politique supranatio­ nale. Le général Bentégeat a estimé que : « [L’union politique]auraitreferménosdéchiruresinternes,nous auraitapportélepartaged’undestincommun,destin qui implique des responsabilités communes de dé­ fense et de sécurité ». (3) L’union politique aurait sans douteaméliorélagouvernanceeuropéenne,cequiau­ rait évité le retour de la guerre en Europe en 2008 et l’humiliationde Turnberry, le 27 juillet 2025. Lamonnaie unique et la BCE, deux atouts pour l’Europe, qu’il faudrait conforter En1999, le1 er janvier, réduisant àzéro lesfluctuations entremonnaiesnationales,quidisparaissent,lamon­ naie commune, l’euroou€, a été créé, sousune forme virtuelle,numérique.Les11Étatsparticipantàlazone € ont cédé à la Banque centrale européenne (BCE), crééeen1998,avecunmodedefonctionnementfédé­ ral, comme laCour de justicede l’UE, leur droit réga­ lien de battre monnaie et la politique monétaire. Les banques nationales ne sont plus sous la tutelle des États,ellesfontpartiedel’Eurosystemeetontunman­ dat commun, maintenir la stabilité des prix dans la zoneeuro.LesdécisionssontprisesparleConseildes gouverneurs et plus par les gouvernements. Ce progrès inouï a renforcé la crédibilité de l’Eu­ rope sur la scène mondiale, permis aux banques et aux entreprises de consolider leurs activités trans­ frontalières en Europe, conforté le marché unique et les libertés de circulation des personnes, biens, services et capitaux.Malheureusement, laCommis­ sion et leConseil européens tolèrent encore que cer­ tains États membres ne rejoignent pas la zone € alors qu’ils y sont tenus par le traité instituant l’Union économique et monétaire (UEM), car ils remplissent toutes les conditions d’accès. Bien qu’ils prennent en compte l’intérêt commun de l’UE, les États membres restent souverains pour les politiques économiques et fiscales, ainsi que pour la gestiondesdettessouveraines;lesrèglesbudgétaires européennes sont peu respectées. La BCE n’a pas comme partenaire un pouvoir exécutif fédéral euro­ péen,maisdesÉtatsmembresdontlespositionsetles intérêtsdivergentsouvent.Enfin,lepartagedescom­ pétencesenmatièredesupervisionetderéglementa­ tiondesmarchés,notammentfinanciers,entrelaBCE et les États membres, n’est pas suffisamment précis. En effet, la BCE est responsable pour la supervision desbanques,danslecadreduSingleSupervisoryMe­ chanism (SSM) (Mécanisme de surveillance unique, MSU)quiinclutlaBCEetlesautoritésdesurveillance despaysparticipants,maisencasdecrisebancaire,le mécanisme de résolution bancaire sous l’égide du SSMnebénéficietoujourspasd’unsystèmeeuropéen de garantie des dépôts. La supervision des marchés financiers reste, pour une part beaucoup trop impor­ tante, une responsabilité nationale. (4) Soutenue par la création de l’Union bancaire et du Mécanisme européende stabilité (MES), la BCE a ré­ tabli la confiance sur lesmarchésdesobligations sou­ veraines, perdue suite à la crisefinancièredéclenchée le 15 septembre 2008 par la faillite de Lehman Bro­ thers;elleacontribuéàréparerlemécanismedetrans­ mission de la politique monétaire et stoppé la récession, enannonçant en juillet 2012des opérations monétaires directes ( Outright Monetary Transactions OMT) whatever it takes , signifiant ainsi que « Dans le cadre de son mandat, la BCE fera tout ce qu’il faut pour préserver l’euro ». Le discoursprogramme deM. Draghi à Florence répondait aux besoins de l’Europe… En 2018, à Florence,M. Draghi a appelé à augmenter larésiliencedesbanquesetàacheverl’Unionbancaire et celle dumarché financier, qui devrait être régi par unseulensemblederègles,depratiques,desystèmes d’insolvabilitéetjudiciaires;touslesacteursdevraient pouvoiryopérerlibrement.Ilaregrettéquelesdiver­ gences réglementaires réduisent les économies d’échelle pour les banques transfrontalières, affirmé qu’enEurope,commeauxÉtatsUnisd’Amérique,au RoyaumeUnietauJapon,leFondsderésolutionban­ caire devrait être soutenu par une autorité fiscale fé­ dérale. Il a rappelé que le partage public des risques par lebiaisdemesuresde sauvegarde contribue à ré­ duirelesrisquesdansl’ensembledusystème,enlimi­ tant les paniques sur les marchés en cas de crise et qu’uncadrederésolutionsolidegarantitque,lorsque des faillites bancaires se produisent, le partage public des risques est très peu nécessaire, car les coûts sont essentiellement supportés par le secteur privé. Il a es­ timé qu’une stabilisation commune, tant au niveau nationalqu’auniveaudelazone€,estnécessairepour renforcer la convergence économique et la confiance des investisseurs transfrontaliers. Il a jugé que le mécanisme de transfert monétaire de la BCE devrait être complété par un budget fédéral européensuffisant pourmaintenir la convergence en casdechocsimportants,sansavoiràsurchargerlapo­ litique monétaire ; que la fourniture de biens publics supranationaux, comme la sécurité, la défense ou la migration, devrait être financée par une fiscalité eu­ ropéenne ; qu’un État fédéral européen pourrait tout d’abord instaurer une solidarité interétatique et inter­ régionale, via son budget, pourvu que celuici soit substantiel.Ilarappeléqu’auxÉtatsUnisd’Amérique, les transfertsfinancéspar lebudget fédéral absorbent environ 10%des chocs économiques, alors que dans la zone €, ce sont les budgets nationaux qui contri­ buent à la stabilisation à court terme. IlaaffirméqueseulunÉtatfédéraleuropéenpourrait définir une politique fiscale commune et mieux inté­ grerlemarchéfinancier,cequidissocieraitlaconsom­ mation et le revenu au niveau local. En effet, si le revenu diminue pendant une récession, mais que le secteurprivédétientunportefeuillefinancierdiversi­ fié,lesgenspeuventlisserleurconsommationavecles rendements financiers qu’ils perçoivent dans les par­ ties plus performantes de l’union monétaire. Aux ÉtatsUnis d’Amérique, l’atténuation des chocs éco­ nomiques locaux est assurée à 45%par lemarché in­ tégré des capitaux, et à 25%par lemarché du crédit, grâceàlamultiplicationpar7dunombredebanques multiétatiques au cours des dernières décennies. L’approfondissement du partage des risques privés dans la zone €, tant au niveau national qu’au niveau de l’Unionéconomiqueetmonétaire (UEM), par l’in­ tégration du marché des capitaux et du marché du crédit, profiterait à notre stabilité macroéconomique. Les banques multiétatiques ne sont pas, comme les banques locales, incitées à réduire les prêts aux em­ prunteurs sains en cas de ralentissement régional de l’activité, car elles compensent les pertes dans une ré­ gionpar les gains réalisés ailleurs. (5) …mais il ne l’a jamaismis enœuvre M. Draghi a été président du Conseil des ministres d’Italiedu13février2021au22octobre2022.Pourquoi n’atil pas mis en œuvre son programme de 2018 ? Sans doute parce qu’il a rapidement perdu le soutien de quelquesuns des partis qui le soutenaient, ce qui l’a contraint àdémissionner. Depuis lors, il a édulcoré son propos, mais il peine néanmoins à être soutenu par leConseil européen. Danssonrapportde2024surl’avenirdelacompétiti­ vité de l’UE, M. Draghi a proposé 560 mesures pour aider l’UE à mettre fin à notre décrochage écono­ mique et scientifique par rapport aux ÉtatsUnis d’Amérique et à la Chine. 30 % seulement de ses re­ commandationsontétésuiviesd’effet,exclusivement dans les domaines économique et scientifique. Cer­ tains espèrent que le droit de la concurrence pourrait évoluer, de même que le marché́ de l’électricité́ ; que la sécurité́ économique et la préférence européenne serontmieuxprise encompte. Les recommandations lesplusimportantesàmesyeuxportentsurlaréforme delagouvernance,l’achèvementdumarché́descapi­ taux et la fin des dépendances stratégiques de l’UE. Elles ne sont malheureusement pas à l’ordre du jour duConseil européen. (6) Considérations finales JeanQuatremer a eu raison d’écrire ceci : « Pour qu’il yaitun«momenthamiltonien»durable,encorefau­ draitil des institutions fédérales qui décident seules et non un aréopage de chefs d’État et de gouverne­ ment prenant des décisions à l’unanimité. Que se­ raient devenus les ÉtatsUnis [d’Amérique] si les 50 gouverneursdesÉtatsdécidaient par consensus ? ». (7) Les dirigeants européens se veulent plus souverains, mais ils se soumettent de plus enplus auxÉtatsUnis d’Amérique,alorsquelesintérêtsdeceuxcidiffèrent desnôtresetquel’Occidentperddesoninfluenceface à la Russie, à laChine, etc., notamment parce que ces autocraties ne prennent en compte que leurs intérêts etlesrapportsdeforces.Sil’Europeveutpromouvoir nosvaleursetlesdroitsdel’Homme,elledoitêtreplus fortequenel’estl’UE.Son softpower ,parailleurssiutile dans les relations avec les pays pacifiques, ne sert à rien face àdes gens qui se servent du hardpower , dont l’UE ne dispose pas. En 2020, l’UE a affecté, pour la premièrefois,0,7%dubudget20212027,soit13,2mil­ liards € pour sept années, à notre sécurité et à notre défense. C’est moins de 2 milliards par an pour 440 millionsd’habitants ou5€par contribuable et par an. Iln’estdoncpasétonnantquel’Europenepèsequasi­ ment rien sur la scène internationale. Unedéfenseeuropéennenepourraitexister,l’Europe ne pourrait devenir une puissance, qu’en se dotant d’une constitution, fondement d’un État fédéral, dé­ mocratique, légitimé par le suffrage universel, audé­ part d’un noyau extensible d’États, qui pourrait développerunpiliereuropéendel’OTAN,capablede mieux équilibrer géopolitiquement l’Alliance et ainsi d’augmenter notre souveraineté. C’est la base institu­ tionnelleadéquatequinousmanque.Lefinancement n’estpasvraimentunproblème,Hamiltonl’amontré. Il a pu s’appuyer sur une législation fédérale et une volonté politique quimanquent encore enEurope. 1)sn,«HowAlexanderHamiltonTackledtheNationalDebt»in Smithsonianmagazine ,https://urls.fr/3HnJhW, sd. 2)VoirnotammentJeanQuatremer,«Le“momenthamiltonien” de l’Europe » in Libération , https://urls.fr/K9LeEe , 25 juillet 2020. RadioFranceetMédiapartontpubliédanslemêmesens. 3)VoirHenriBentégeat,«Quellesaspirationspourladéfenseeu­ ropéenne ? » inÁlvaro de Vasconcelos (dir.), Quelle défense euro­ péenneen2020? ,Paris,IESUE,3 e éd.,mars2010,p.105. 4)VoirPaulGoldschmidt,«L’Euron’estpasunemonnaiecomme lesautres !»inArchivesJeanMarsia,16décembre2021. 5) Voir Mario Draghi, “Riskreducing and risksharing in our Monetary Union”, Speech at the European University Institute, Florence, 11 May 2018, European Central Bank, https://urls.fr/lgVYmO. 6) François Chimits, Jeanne Lebaudy, Énora Morin, Eve Tal­ kowski,«RapportDraghi:l’Europeaurendezvous?»in Institut Montaigne ,https://urls.fr/N0ogL5, juin2026. 7) JeanQuatremer, « Le “moment hamiltonien” de l’Europe », op. cit. Une dette commune pour l’Europe ? Pour quoi faire ? E YLuxembourg a officielle­ ment inauguré TheWhite, sonnouveaubâtiment situé dans le quartier deHo­ wald, une ouverture quimarque une étape importante dans le dé­ veloppement du cabinet au GrandDuché. Après plusieurs mois dʹattente, cette nouvelle implantation traduit la vo­ lonté dʹEY de poursuivre son expan­ sion au Luxembourg et témoigne de sa confiance dans le dynamisme du marché national. Plus quʹun simple espace de bureaux, TheWhite sʹinscrit dans une stratégie de croissancevisant à renforcer lapré­ sence du cabinet au sein des princi­ paux centres économiques du pays. En complément de son site historique de Kirchberg, cette nouvelle adresse permet àEYLuxembourgdedisposer dʹune présence sur deux pôles straté­ giquesde la capitale, facilitant ainsi les échanges avec ses clients, partenaires et collaborateurs. Cette implantation doit également permettre au cabinet dʹaccompagner plus efficacement les entreprises luxembourgeoises et inter­ nationales dans leurs projets de déve­ loppement, tout en répondant aux besoins dʹunécosystème économique en constante évolution. AlbanAubrée (photo), CountryMa­ naging Partner dʹEY Luxembourg, souligne que lʹouverture de The White constitue un signal fort des ambitions de lʹentreprise. Selon lui, ce nouvel investissement reflète à la fois la croissance du cabinet et sa volonté dʹêtre toujours plus proche de ses clients, tout en offrant à ses équipes les meilleures conditions pour colla­ borer, innover et créer de la valeur sur le long terme. Avec cette inauguration, EY Luxem­ bourg confirme sa stratégie dʹinvestis­ sementetpoursuitsondéveloppement auGrandDuché avec confiance. EY inaugure un nouveau bâtiment à Howald ©EY

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