Agefi Luxembourg - juin 2024

AGEFI Luxembourg 12 Juin 2024 Economie / Banques A près une large stagna- tion économique en 2023, la croissance meilleure que prévu au début de 2024 et la diminu- tion continue de l’inflation ont planté le décor d’une ex- pansionprogressive de l’acti- vité sur la période de prévision. Les prévisions de printemps de laCommission européenne tablent sur une croissance duPIBde 1,0% dans l’UE et 0,8%dans la zone euro en 2024. En 2025, le PIBdevrait augmenter à 1,6% dans l’UE et à 1,4%dans la zone euro. L’inflation IPCH devrait baisser dans l’UE, passant de 6,4%en 2023 à 2,7%en 2024, puis à 2,2%en 2025. Dans la zone euro, elle devrait décélérer pour passer de 5,4%en 2023 à 2,5%en 2024, puis à 2,1%en 2025. Un retour à la croissance porté par une augmentation de la consommationprivée Selon l’estimation rapide provi- soire d’Eurostat, au premier tri- mestre de 2024, le PIB a augmenté légèrement, de 0,3% dans l’UE comme dans la zone euro. Cette croissance, qui s’ap- puie sur une large basedans l’en- semble des États membres, marque la fin d’une période pro- longée de stagnation écono- mique qui avait commencé au dernier trimestre de 2022. La croissance de l’activité écono- mique cette année et l’année pro- chaine devrait être entraînée dans une large mesure par une expansion constante de la consommation privée, la pour- suite de la croissance des salaires réels et de l’emploi soutenant une augmentation des revenus réels disponibles. Toutefois, une forte propension à l’épargne freine encore en partie la consommation privée. Lacroissancedes investissements, en revanche, semble s’amoindrir. Tirée vers le bas par la spirale né- gative de la construction résiden- tielle, elle ne devrait se redresser que progressivement. Tandis que les conditions de crédit devraient s’améliorer sur la période de pré- vision, les marchés s’attendent à présent à une trajectoire de baisse des taux d’intérêt légèrement plus progressive que cet hiver. Dans un contexte d’économie mondialerésiliente,unrebonddes échanges devrait soutenir les ex- portations de l’UE. Cependant, étant donné la reprise de la de- mande intérieure dans l’UE, une augmentation des importations compensera largement la contri- bution positive des exportations à la croissance. Une inflationqui continue de baisser L’inflationIPCHcontinuedebais- serfortementparrapportaupicde 10,6% (en glissement annuel) en- registré en octobre 2022 dans la zone euro. On estime qu’elle a at- teint 2,4%enavril cette année, son point le plus bas depuis deux ans. L’inflation, partant d’un chiffre plus bas que prévu pour les pre- miersmois de cette année, devrait continuer à diminuer et atteindre lavaleurcibleunpeuplustôtdans l’année 2025 que ce que pré- voyaient les prévisions intermé- diaires d’hiver. La désinflation devrait provenir principalement des biens hors énergie et des pro- duits alimentaires, tandis que l’in- flation énergétique progressera légèrement et que l’inflation dans lesservicesnediminueraquepro- gressivement,dansuncontextede modération des pressions sala- riales. L’inflation pour l’UE dans son ensemble devrait suivre une trajectoire similaire, quoique légè- rement plus haute. Unmarché du travail qui reste dynamiquemalgré une croissancemodeste Malgré le ralentissement de l’acti- vité,l’économiedel’UEacrééplus de deux millions d’emplois en 2023,tandisqueletauxd’activitéet le taux d’emploi des personnes âgées de 20 à 64 ans ont atteint de nouveauxrecords,respectivement 80,1%et 75,5%, audernier trimes- tre de l’année. De nombreuxmar- chés du travail dans l’UE restent tendus. En mars, le taux de chô- mage dans l’UE était de 6,0%, un plancher record. Ces perfor- mances solides dumarché du tra- vail sont dues à la fois à une offre detravailforte(soutenue,entreau- tres, par lamigration) et à une de- mande de travail forte. La croissance de l’emploi dans l’UE devrait ralentir à 0,6% cette année,avantdes’amoindrirencore à 0,4% en 2025. Le taux de chô- magedansl’UEdevraitresterglo- balement stable, autour de son plancher historique. La croissance des salaires nomi- nauxdans l’UEa commencéàdé- céléreraprèsunpicà5,8%en2023, ce qui cadre avec la poursuite at- tenduedeladésinflation.Cettedé- célérationdevrait se poursuivre. Un retrait desmesures de soutien à l’énergie qui devrait réduire les déficits publics Après avoir été considérable en 2021 et 2022, la diminutiondudé- ficit public pour l’UE a pris fin en 2023, dans un contexte d’affaiblis- sement de l’activité économique. Cette diminution devrait repren- dre en 2024 (3,0%) et 2025 (2,9%), portéenotammentparlasuppres- sion progressive des mesures de soutien à l’énergie. Sur fond de coûts plus élevés du service de la dette et d’une croissance plus fai- ble du PIB nominal, le ratio de la detteauPIBdel’UEdevraitsesta- biliser cette année à 82,9%, avant d’augmenter d’environ 0,4 point de pourcentage en 2025. Une incertitude sur fond de tensions géopolitiques L’incertitude et les risques à la baisse pesant sur les perspectives économiquessesontencoreaccrus ces derniers mois, principalement en raison de l’évolution de la guerre d’agression prolongée menée par la Russie contre l’Ukraine et du conflit au Proche- Orient.Pluslargement,lestensions géopolitiques continuent deposer des risques. En outre, la persis- tance de l’inflation aux États-Unis pourraitentraînerdenouveauxre- ports des baisses de taux dans ce pays et au-delà, avec pour consé- quence un certain resserrement des conditions de financement à l’échellemondiale. Surlefrontintérieur,ladiminution de l’inflation pourrait être plus lente que prévu, ce qui pourrait pousser les grandes banques cen- tralesdel’UEàreporterdesbaisses de taux jusqu’à ce que la diminu- tionde l’inflationdans les services se soit affermie. En outre, certains Étatsmembrespourraientadopter dans leurs budgets 2025 des me- suresd’assainissement budgétaire supplémentaires qui pourraient avoir des incidences sur la crois- sance économique l’anprochain. Dans le même temps, une baisse delapropensionàl’épargnepour- rait susciter une croissance de la consommation,tandisquel’inves- tissement résidentiel pourrait se redresser plus rapidement. Les risques liés au changement clima- tiquepèsentdeplusenplussurles perspectives. “L’économie de l’UE a repris des couleurs au premier trimestre, ce qui indique que nous avons fran- chi un cap après une année 2023 pleine de défis. Nous prévoyons une augmentation progressive de la croissance durant cette année et la prochaine, étant donné que la consommationprivéevaêtresou- tenuepar labaissede l’inflation, le redressement du pouvoir d’achat et la poursuite de la croissance de l’emploi. Les déficits publics de- vraient se réduire légèrement à la suite du retrait de presque toutes les mesures de soutien à l’énergie, mais la dette publique devrait augmenter quelque peu l’an pro- chain, soulignant lanécessitéd’un assainissement budgétaire qui protègel’investissement.Nospré- visionsrestententouréesd’unein- certitude élevée et, alors que deux guerres continuent de faire rage non loin de chez nous, les risques à labaisse se sont renforcés”, adé- claré Paolo Gentiloni (cf. photo), commissaire à l’économie Source : Commission européenne Prévisions économiques du printemps 2024 de la Commission européenne Augmentation progressive de la croissance ©UE ByHenriPRIJOT,TaxPartnerandSachaTHILL, Tax Partner, KPMGLuxembourg * I nMarch 2024, the UKChancel- lor, JeremyHunt, announced his decision to abolish the current “remittance basis” of taxation for UK resident non-domiciled individuals (often referred to as “non-doms”). Under the current regime, non- doms’ foreign income and gains (FIG) are exempted fromUK taxation unless remitted to the UK for up to 15 years. According to UK governmental sources, (1) therewerearound78,700 non-doms in the UK in July 2023. Therefore, abolishing the non-dom regime would bring in an extra £3.2 billion oftaxrevenueperyear,shouldnon-domshavetopay taxes on theirworldwide FIG. The obvious question is how this could affect the UK’s attractiveness regarding international mobility andnon-domhigh-net-worth individuals (HNWIs), given the surge in comparable beneficial tax regimes across Europe. The great UKnon-domflight As an alternative to the current non-dom regime, the UK would introduce a new four-year FIG tax regime. Individuals not continuously resident in the UK for at least 10 years would not pay tax for the first four years on their FIG, and could bring these funds to the UK without any additional charges. They would pay tax on UK income and gains, whichwould likely result in a higher tax bill during and after this FIG coverage. While planning options (2) would remain available in the UK, many HNWIs will likely seek alternatives within the EU’s stable business and legal environ- ment. In recent years, most EU countries have intro- duced extremely attractive tax regimes, all involving a change of tax residence to their jurisdiction. In this regard,it’sworthnotingthattherighttofreelychange residence within the EU lies at the heart of the EU’s principles, as is the freedom of movement of people and capital across the EUmember state. Among the countries seeking toattract theseHNWIs from the UK, Luxembourg stands out as a natural choice for several reasons. Luxembourg: an alluring alternative Politically and economically, Luxembourg is well known for its stable and competitivemarket andas a leading hub for financial institutions. It also holds a AAArating,astrongindicatorofitsresilienteconomy andpublic finances. Its numerous European institutions make Luxem- bourg a reputable destination for HNWIs seeking a more cooperative and stable international environ- ment, especially given the UK’s post-Brexit political climate.TheGrandDuchy’stop-notchhealthandliv- ing standards are supportedby itsprofessionals’ sea- soned experience in financing, tax and legal structuring. Luxembourg’sevolvingtaxpolicieshave tangibly driven foreign direct invest- ment inflows, with its consistent and diversified tax regime making it a primedestinationforforeigninvestors and HNWIs. The tax system’s pre- dictabilityandsoundness,alongsidea favorable patrimonial transmission framework, contribute to an environ- ment of long-term investment and business growth. For these reasons, many families and HNWIs have cho- sen Luxembourg as a strategic location to govern and structure their family-business relationships, ensuring the long-termwell-being of the familywealth and its legacy through the generations. Familywealth structuring toolkit Luxembourg has much to offer regarding sophisti- catedwaysofstructuring,optimizingandpreserving familywealth.Thecurrentlegislationenablesabroad offeringofinvestmentcorporatestructures,regulated and non-regulated investment vehicles, and struc- tured life insurance products, depending on the in- vestors’ needs. For example, some assets may suit a tax-efficient andunregulatedpassivewealthmanagement com- pany, whereas a Luxembourg partnership struc- ture (broadly speaking, the Luxembourgversionof a trust) may be preferred in light of specific gover- nance considerations. While Luxembourg’s tax- efficient investment vehicles provide asset protection and flexible governance for all investor and asset profiles. Tax-efficient landscape for individuals and families Beyondthetaxbenefitsofstructuringafamily’sbusi- nessassets,Luxembourgalsooffersimmediatebene- fits regarding the personal taxation of distributions fromthese vehicles and real estate. For example, a 50% tax exemption applies to inflow dividends paid by an EU-resident parent-subsidiary company or a company resident in a member state withadoubletaxationtreatywithLuxembourg.Sim- ilarly,creditinteresttaxationfromspecificprivatesav- ingscanbenefitfromafinal20%taxationleviedatthe individual’s level, both on interest paid by Luxem- bourg paying agents or paying agents established in another EUor EEAmember state. In addition, speculative capital gains frommovable assets privately held for six months or less are fully taxable in Luxembourg, while long-term gains on substantialshareholdingsaretaxableatreducedrates if sold after sixmonths of holding. Tax provisions are also available tomanage rental income properties or business assets. Insupportofoptimalbusinessandownersuccession, Luxembourg also offers significant conditioned ex- emptions on inheritance and gift duties in the direct lineof inheritance. In2006, it abolished thenetwealth tax on individuals’ assets, providing an efficient and more fiscally convenient way to preserve family wealth and family business continuity through suc- cessive generations. Next steps Luxembourg’s legal spectrumof reasonable possi- bilities is prompting business owners and families to consider Luxembourg as their personal andbusi- ness home, given the likely scrapping of the UK’s non-dom regime. To be first in line to reap the benefits of the great HNWI migration, challengers should start review- ing their position today to build their future overall strategy. * Thisarticlewasco-writtenbyFredericScholtus,TaxDirectorandJuan VelascoCarrasco,TaxManager fromtheGlobalMobilityServices. 1)Statisticalcommentaryonnon-domiciledtaxpayersintheUK -GOV.UK (www.gov.uk) 2) Technical note: Changes to the taxation of non-UK domiciled individual s-GOV.UK( www.gov.uk ) UK non-dom taxpayers getting ready to run: Luxembourg in foreign investors and high earners’ crosshairs

RkJQdWJsaXNoZXIy Nzk5MDI=