Agefi Luxembourg - juillet août 2026
Juillet / Août 2026 5 AGEFI Luxembourg Économie D ans un contexte géopolitique insta ble, marqué par les conflits interna tionaux et leurs répercussions sur les prix de l’énergie et desmatières pre mières, la 15 e enquête du Baromètre de l’Économie du 1 er semestre 2026 dresse un constat préoccupant. Menée auprès de 621 entreprises luxembourgeoises, ellemet en lumière les difficultés auxquelles elles sont confrontées. En recul par rapport à l’édition précédente, le score global atteint 49,4 points, un niveau historiquement bas. Si 73 % des entreprises restent confiantes quant à leur propre avenir, ce ressenti contraste avec la nette dégradation de la confiance dans l’avenir de l’éco nomie nationale. En baisse de 30 points par rapport à la période préCovid, cet indicateur atteint son niveau le plus bas depuis la création du Baromètre de l’Économie en 2019. L’activité subit également les effets d’un environne ment fragile. Les anticipations formulées fin 2025 divergent fortement de la réalitéobservée.Alorsque 17 % des entreprises prévoyaient un recul de leur activité, près du double ont finalement constaté une baisseau1 er semestre2026.Àcela s’ajoute la faiblesse des anticipations positives pour la 2 e moitié de l’an née, révélant unmanquede visibilitédes chefs d’en treprise. Parallèlement, la rentabilité des entreprises reste souspression, pénaliséepar lahaussedes coûts de production.Ainsi, 36%des entreprises déclarent une baisse effective de leur rentabilité au cours des six derniers mois. Les perspectives demeurent pes simistes : 27 % anticipent une nouvelle dégradation au cours des six prochainsmois. Un ralentissement économique qui se propage aux investissements Souvent variable d’ajustement en période d’incerti tude, l’investissement recule : un entrepreneur sur cinqindiqueavoirréduitsesinvestissementsaucours des six derniers mois, et une proportion identique prévoit de le fairedans les sixmois àvenir. Cette ten dance inquiète quant à leur capacité à s’adapter aux transformations économiques et technologiques. Danscecontextederepli,laformationsuitégalement une tendance à la baisse. Seules 56%des entreprises déclarent avoir lancé ou poursuivi un programme de formation au cours des douze derniers mois, soit un recul de sept points enunan. Il s’agit duniveau le plus faible jamais enregistré par le Baromètre de l’Économie, à égalité avec 2020, en pleine crise sani taire. Un signal d’alerte, alors que les besoins de for mation restent essentiels pour adapter les compé tences. Un élément positif émerge toutefois : au niveau des priorités d’investissement pour 2026 et 2027, la part des entreprises prévoyant des investis sements immatériels liés à l’intelligence artificielle (IA) a doublé en un an. «C’estcettecapacitédetransformation,auseinmême d’un contexte de polycrises, qui sera déterminante pour préserver la compétitivité dans la durée », sou ligne Christel Chatelain, Directrice des Affaires Économiques de laChambre deCommerce. Une simplification administrative qui peine à se faire ressentir sur le terrain Malgré l’ambition gouvernementale en matière de simplification administrative, les entreprises peinent à en percevoir les effets concrets. Seules 2 % d’entre elles constatent une amélioration au cours des douze derniers mois, soit le niveau le plus bas enregistré depuis la création du Baromètre de l’Économie. Seul lepremier semestre2019avait atteint unniveausimi laire.Unconstat d’autant pluspréoccupant que, dans plusieurs secteurs, aucun répondant ne déclare avoir perçuune simplification administrative concrète. « Notre Baromètre témoigne d’un 1 er semestre morose, alorsmêmeque 2026 a été annoncée comme l’année de la compétitivité. Si les mesures décidées lors de la tripartite sont des mesures d’urgence et de courtterme,ilestàprésentindispensablederenforcer durablement les conditions permettant aux entre prises de rester compétitives. Cela passe par des réformesstructurelles,unesimplificationadministra tiveeffectiveetdesconditionsappropriées,permettant aux entreprises d’investir, d’innover et d’attirer les talents sur le long terme », souligne Carlo Thelen, DirecteurGénéral de laChambre deCommerce. Recruter de lamaind’œuvre ne suffit plus : il faut aussi la fidéliser Depuis 2019, le manque de maind’œuvre figure parmilesprincipauxdéfisdesentreprisesluxembour geoises.L’enjeuestdésormaisdouble:attireretretenir les talents. C’est pourquoi laChambre deCommerce a consacré la partie thématique de son enquête au recrutement et à la rétentionde lamaind’œuvre. Aucoursdesdeuxdernières années, 91%des entre prises ont eu besoin de recruter, dont une sur cinq demanière intensive, soit plus de 20%de leur effec tif. Parmi elles, 90%ont rencontré des difficultés. Le diagnostic est clair : près d’une entreprise sur deux évoque une inadéquation des compétences, à laquelle s’ajoutent des exigences salarialesdéconnec téesetdesqualificationsinsuffisantes.Cestroisfreins pèsent fortement sur le recrutement. Les tensions sont particulièrement marquées pour les profils en début ou en milieu de carrière (08 ans d’expé rience) : 87 % des entreprises déclarent rencontrer des difficultés à recruter ces talents. Conséquence directe : 65 % des répondants constatent une sur charge de travail pour le personnel existant. Les attentes des candidats évoluent également, notamment enmatièrede rémunérationet de flexibi lité. Pour y répondre, 80 % des entreprises ont déjà mis en place, ou envisagent, des mesures incitatives pourattireretfidéliserleurscollaborateurs.Laflexibi lité des horaires, l’amélioration des conditions de tra vail et lesperspectivesdedéveloppement constituent lesprincipauxleviersmobilisés.Lahaussedesdéparts volontaires, observée par 35 % des répondants au coursdescinqdernièresannées,placelarétentiondes talentsaurangdesenjeuxstratégiques.L’analyseselon lelieuderésidenceaumomentdurecrutementmon tre que ces difficultés sont légèrement plusmarquées pour les résidents que pour les frontaliers. Source : Chambre de Commerce Baromètre de l’Économie du 1 er semestre 2026 de la Chambre de Commerce Confiance sous pression, réformes en attente ©ChambredeCommerce ENQUÊTE DE CONJONCTURE DES ENTREPRISES BAROMÈTRE DE L’ÉCONOMIE ÉDITION 1 ER SEMESTRE 2026 PARTIETHÉMATIQUE: RECRUTEMENTETRÉTENTION DELAMAIN-D’OEUVRE L aMaisonduGrandDuc a publié son rapport d’activités 2025, document an nuel qui dresse le bilandes activités of ficielles de la Famille grandducale ainsi que du fonctionnement interne de l’institution. Ce rapport est établi conformément à l’arrêté grandducalmodifié du 9 octobre 2020 por tant institutionde laMaisonduGrandDuc. L’année 2025 est présentée comme une année parti culièrementmarquante,notammentenraisondu25 e anniversairedu règnede S.A.R. leGrandDucHenri etdel’avènementdeS.A.R.leGrandDucGuillaume. Lerapportrevientsurcettepériodedetransitionins titutionnelle, qualifiée de Trounwiessel, qui a struc turé une partie importante de l’activité de la Cour. Sur le plan des activités officielles, le document recense une année soutenue pour lesmembres de la Famille grandducale. On y dénombre 145 visites et déplacements au Luxembourg, ainsi que 74 audiences et rencontres officielles avecdes représen tantsdesautoritésetinstitutionsnationales.Cesenga gements illustrent la continuitédu rôle institutionnel duChef de l’État et de la Famille grandducale. Dans son éditorial intitulé « Le Trounwiessel : une nouvelle étape pour la Maison du GrandDuc », la Maréchale de la Cour, Sasha Baillie, revient sur cette annéedechangementderègne.Ellesoulignelamobi lisationdes équipes et des partenaires institutionnels dans l’organisation de cette transition, tout en évo quantlesévolutionsinternesdelaMaisonduGrand Duc, notamment la mise en place d’une nouvelle structure de direction. Le rapport met également en lumièrelefonctionnementadministratifetbudgétaire de l’institution, qui s’appuie sur environ 120 collabo rateurs répartis entre le Palais grandducal, le Château de Fischbach et le Château de Berg. Les dépenses depersonnel représentent près de 62%du budget de fonctionnement, confirmant leur poids central dans les charges de l’institution. Sur le plan financier, l’année 2025 a également été marquée par les dépenses liées aux célébrations du Trounwiessel,identifiéescommel’undesprincipaux facteursayantinfluencélebudgetannuel.Lerapport rappelle par ailleurs que les frais de fonctionnement sont encadrés dans le cadre desmissions institution nelles de laMaison duGrandDuc. Enfin, le document apporte des précisions sur l’or ganisation interne et lesmissions de l’institution, qui assure le soutien administratif, logistique et protoco laire duChef de l’État et de la Famille grandducale. Il souligne également la dimension publique de son action et la transparence accrue dans la communica tion de ses activités. Le rapport d’activités 2025 est disponible sur https://urls.fr/LnkWPC Source : Maison duGrandDuc Une année charnière pour la Maison du Grand-Duc ©MaisonduGrandDuc
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy Nzk5MDI=