Agefi Luxembourg - octobre 2026

AGEFI Luxembourg 4 Octobre 2026 Économie & Banques Le Business Club BelgiumLuxembourg a été créé en 2017 à l’initiative de l’Ambassade du LuxembourgenBelgiqueetdelaChambrede Commerceluxembourgeoise.Àl’approchede sondixièmeanniversaire,quelbilantirezvous de ces neuf premières années et comment le rôle duClub atil évolué ? C’est avec une fierté et un plaisir tout particulier que j’accompagne le Business Club BelgiumLuxem­ bourg (BCBL) depuis ses débuts en 2017. Le Club est passé d’un réseau de networking à un acteur reconnu et untraitd’unionstratégiquedel’Union Économique BelgoLuxembourgeoise (UEBL). Portée par l’Ambassade du Luxembourg en Belgique et la Chambre de Commerce duLuxem­ bourg, notre communauté témoigne d’un intérêt croissant de la part des ac­ teurs économiques des deux pays. Le Club accom­ pagne les entreprises qui souhaitent se développer ou investir dans l’autre pays, tout en constituant un point d’ancrage idéal pour les entreprises déjà structurées à l’échelle du marché Belux. Ce succès se traduit par une diversification constante de nos membres. Audelà des chiffres et des réalisations, ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir vu naître une véritable communauté, animée par la confiance, la généro­ sité des échanges et l’envie sincère de faire avancer nos deux pays ensemble. Ce dynamisme a franchi un cap historique à la suite de la visite d’État en Belgique de LL.AA.RR. leGrandDuc et laGrande­ Duchesse en avril 2024, qui a déplacé la délégation économique la plus importante jamais amenée dans le pays avec plus de 120 entreprises luxem­ bourgeoises. Cette mission s’est concentrée sur des domaines clés partagés comme le spatial, la défense et la cybersécurité, la finance, les technologies de la healthtech, les énergies renouvelables, le secteur maritime, l’économie circulaire, la construction durable ou encore le tourisme. En connectant ces écosystèmes, le BCBL valorise la position de nos deux nations comme de véritables pionniers technologiques enEurope, illustréepardes réalisations concrètes telles que le lancement du pre­ mier cloud souverain européen déconnecté ou le déploiementdelapremièreconnexionquantiqueter­ restre transfrontalière. C’est cette alliance entre proxi­ mitéhumaineetambitionéconomiquequifait,àmes yeux, toute la singularité de notreClub. Le BCBL compte aujourd’hui environ 115 mem­ bres issus de secteurs d’activité très différents. Qu’estce qui motive principalement les entre­ prises et les entrepreneurs belges et luxembour­ geois à rejoindre le Club, et qu’attendentils concrètement de ce réseau ? Lamotivationpremière de nosmembres est de pou­ voir s’appuyer sur une communauté de confiance pourmieux comprendre les dynamiques dumarché Belux et repérer de nouvelles opportunités de déve­ loppement.LeBCBLpermetprécisémentdecréerdes connexions ciblées entre entrepreneurs, dirigeants et décideursdesdeuxpays.On rejoint leBCBLpour les opportunités,maisonyresteaussipourlaqualité des relations humaines. C’est une dimension à laquelle je tiens personnellement beaucoup. Nosmembres recherchent avant tout desoppor­ tunités concrètes. Ils souhaitent développer leur réseau, identifier de nouveaux partenaires commerciaux, explorer de nouveaux marchés ou simplement confronter leurs projets à ceux d’autres entrepre­ neurs. Cela concerne aussi bien les entreprises déjà actives dans les deux pays que celles qui envisa­ gent de s’implanterde l’autre côté de la frontière. La diversité de notre commu­ nauté constitue à cet égard un vérita­ ble atout. Elle réunit des multinatio­ nales, des PME, des scaleups et des entrepreneurs issus d’horizons très variés. Cette richesse permet de croiser les expertises, de faire émergerdes synergies entre secteurs et de créer des opportunités qui dépassent souvent le cadre ini­ tial dans lequel les entreprises se rencontrent. Notre plus belle réussite, c’est lorsqu’une rencontre au sein du Club devient une relation de confiance, puis un projet commun. Les relations économiques entre la Belgique et le Luxembourg sont anciennes et particulièrement étroites. Quels sont aujourd’hui, selon vous, les principaux atouts et les complémentarités de ces deuxéconomies,mais aussi les éventuelsobstacles auxquels les entreprises sont confrontées lorsqu’elles souhaitent se développer de l’autre côté de la frontière ? La force de notre partenariat réside dans une com­ plémentariténaturellequifonctionnecommeunvéri­ table échange à double sens, porté par la profonde ouverture internationale de nos deux économies. Cette constellation permet aujourd’hui à de nom­ breuses entreprises de combiner les avantages com­ pétitifs des deux pays pour s’affirmer avec force sur lemarché européen. Nous avons la chance de parta­ ger bien davantage qu’une frontière : une histoire économique, une culture du dialogue et une remar­ quable capacité à entreprendre ensemble. Pour conquérir ces nouveauxhorizons, nous voyons de plus en plus d’entreprises belges et luxembour­ geoises s’associer ou créer des jointventures straté­ giques afin de développer ensemble des marchés parfois lointains qu’aucune d’entre elles n’aurait pu aborder seule. LeLuxembourgdevient ainsi le trem­ plin idéal pour l’internationalisation des entreprises belges vers l’Europe, tandis que la Belgique offre au GrandDuché un marché de proximité dense pour changer d’échelle. Parmi les défis pour les structures organisées à l’échelledumarchéBelux,jeciteraisurtoutdesdispa­ rités fiscales et administratives, certaines divergences réglementaires ainsi que la gestion complexe du tra­ vailfrontalier,dontnotammentlesseuilsdetélétravail. De plus, les atouts de pointe de nos écosystèmes res­ pectifs ne sont pas toujours parfaitement connus de part et d’autrede la frontière. C’est précisément face à ces complexités que le BCBL s’efforce de guider au mieux les entreprises auquotidien. Ces différences ne doivent pas être sousestimées, mais elles ne doivent jamais nous faire oublier l’es­ sentiel : ensemble, nos deux économies peuvent aller plus loin. L’une des missions du BCBL est précisément de faciliter l’implantation d’entreprises sur les mar­ chés belge et luxembourgeois, notamment en les mettant en relation avec les interlocuteurs appro­ priés. Quels sont les besoins ou les difficultés que vous rencontrez le plus fréquemment dans ce domaine ? Le besoin le plus fréquent est de savoir par où com­ mencer et à qui s’adresser. Pour une entreprise qui souhaite s’implanter dans unmarché voisin, l’infor­ mation est généralement disponible, mais elle peut être dispersée entre de nombreux acteurs institu­ tionnels, économiques et sectoriels. Tout l’enjeu est dès lors d’orienter l’entreprise vers les contacts les plus pertinents en fonction de son projet. Derrière chaque projet d’implantation, il y a surtout des femmes et des hommes qui prennent un risque, investissentetosentfranchirunefrontière.Notrerôle est de leur ouvrir les bonnes portes. Nous rencontrons également des entreprises qui connaissent déjà relativement bien lemarché voisin, mais qui souhaitent franchir une étape supplémen­ taire. Elles cherchent alors à trouver un partenaire local, identifier des clients potentiels, accéder à un écosystème spécifique oupréciser les conditions de leur implantation. Pour répondre à ces besoins, le BCBL adapte son accompagnement à chaque entreprise. Cela peut passer par des mises en relation ciblées, des ren­ contres B2B ciblées, des visites d’entreprises, des échanges avec des acteurs institutionnels ou éco­ nomiques, ou encore de délégations sectorielles. Nous travaillons en étroite collaboration avec les chambres de commerce, les fédérations profession­ nelles, les clusters et les acteurs publics concernés. Notre rôle est d’aider les entreprises à passer de l’intérêt à l’action. C’est cette capacité à rapprocher les écosystèmes et à faire naître des projets concrets qui constitue, à nos yeux, l’une des principales forces du BCBL. Et je peux vous assurer que voir deux entreprises se rencontrer grâce au Club, puis construire quelque chose ensemble, est une vraie source de satisfaction. Le Club organise chaque année plusieurs événe­ ments,séminaires,délégationsetrencontresde net­ working. Quelle valeur ajoutée ces rencontres apportentellesdansuncontexteoù les entreprises disposent déjà de nombreux réseaux profession­ nels et où les relations économiques belgoluxem­ bourgeoises sont particulièrement denses ? La valeur ajoutée duBCBLréside dans sa spécificité unique au cœur de l’Union Économique Belgo­ Luxembourgeoise (UEBL), sa sélectivité et sa capa­ cité à décoder les opportunités de haut niveau au sein de l’espace Belux. Là où d’autres cercles propo­ sent un réseautage généraliste ou purement local, nos rencontres, séminaires et délégationsoffrent une passerellebilatérale exclusive, conçuepour transfor­ mer la proximité géographique un véritable levier de coopération et de croissance. Mais notre véritable différence tient aussi à l’atmo­ sphère de nos rencontres : exigeantes sur le fond, accessibles dans la forme, et toujours marquées par une convivialité sincère. Cette valeur ajoutée se déploie d’abord à travers un ciblage thématique, conçu comme un véritable échangeàdoublesens.Nousréunissonsparexemple lesdécideursautourd’enjeuxdesouverainetéetd’in­ novation de pointe comme la cybersécurité, le cloud souverain,lespatialoulasanté.Cettedynamiquecrée une synergie réciproque, connectant d’une part les entreprisesbelgesaveclesinfrastructuresd’excellence luxembourgeoisestellesquelesupercalculateurHPC ou l’IAFactory, et permettant d’autre part auGrand­ Duchédes’enrichirdesexpertisesetdutissuindustriel de pointe de la Belgique. Le Luxembourg s’impose aussi comme un tremplin idéal pour les entreprises belges désireuses de s’internationaliser et de se déployer vers d’autres marchés européens à partir d’un écosystèmemultilingue et global. Nousvoulonsquechacunrepartenonseulementavec des idées et des contactsutiles,mais aussi avec le sen­ timent d’appartenir à une communauté qui avance ensemble. À l’horizon du dixième anniversaire du BCBL, quelles sont vos priorités pour les prochaines années?Quelsnouveauxsecteurs,nouveauxprofils d’entrepreneurs ou nouvelles formes de coopéra­ tion souhaitezvous attirer et développer afin de renforcerencorelepartenariatéconomiqueentrela Belgique et le Luxembourg ? Àl’approche de notre dixième anniversaire, qui sera célébré l’année prochaine à Bruxelles, la priorité de notre conseil d’administration est de consolider la positionduClubcommeaccélérateurincontournable de l’axeéconomiqueBelux.Àl’occasionde ce caphis­ torique, nous espérons d’ailleurs pouvoir accueillir unedélégationdehautniveauduLuxembourg.Nous entendons aussi intensifier nos efforts pour attirer de nouveaux profils d’entrepreneurs, en particulier les fondateurs de scaleups et les innovateurs de la tech, toutendéveloppantdenouvellesformesdecoopéra­ tion à travers des groupes de travail thématiques et descollaborationsentreclusters.Cetanniversairesera bien plus qu’une célébration : ce sera l’occasion de remercier chaleureusement celles et ceux qui ont bâti le Club, et d’affirmer avec confiance notre ambition pour les dix prochaines années. Cette stratégie passera également par la mise en lumièred’unecoopérationdeplusenplusétroitedans les domaines de la défense et de la recherche. Ces atoutsdepointeetcesdynamiquesbilatéralesnesont pasencoretoujoursbienconnusenBelgique.LeClub s’est ainsi donné pour mission de contribuer aussi à les faire découvrir afin de révéler et de développer davantagedecomplémentaritésstratégiquesentreles deux pays. En connectant ainsi plus profondément nos écosystèmes et en stimulant des projets de co­ création concrets, le BCBL ambitionne de propulser l’UEBLcommeunmodèled’intégration et de souve­ raineté technologique au cœur de l’Europe pour la décennie à venir. Je souhaite que le BCBLdemeure un lieu où l’on cul­ tive à la fois l’excellence, la confiance et le plaisir de travailler ensemble. C’est cette énergie collective qui me rendparticulièrement fier de présider leClub. Rencontre avec Rik VANDENBERGHE, président du Business Club BelgiumLuxembourg « Une coopération de plus en plus étroite dans les domaines de la défense et de la recherche » L e viceprésident exécutif de la Commission européenne, Stéphane Séjourné, chargé notamment de la stratégie indus­ trielle, de l’industrie, des PME et dumarché unique, a effectué le 25 septembre une visite de travail au Luxembourg consacrée à la compé­ titivité industrielle européenne. La journée a débuté par une visite du site deHydroAluminiumàClervaux,enpré­ sence de la ministre de la Mobilité et des Travauxpublics,YurikoBackes.Cetteins­ tallation, la plus importante du groupe Hydro enEuropepour la refontede l’alu­ minium, transforme chaque année plus de100.000tonnesdedéchetsd’aluminium en nouveaux produits destinés notam­ ment à la construction et à l’industrie. Les discussions ont porté sur les enjeux auxquels est confrontée l’industrie euro­ péenne de l’aluminium, notamment le coût de l’énergie, l’accès aux matières premières secondaires et le maintien de capacités de recyclage compétitives au sein de l’Union européenne. Le site de Clervaux a également été présenté comme un exemple du rôle de l’écono­ mie circulaire dans la réductionde l’em­ preinte carbone et le renforcement de la résilience industrielle. Stéphane Séjourné a ensuite rencontré le ministre de l’Économie, des PME, de l’Énergie et duTourisme, LexDelles. Les deux responsables ont notamment abordé l’Industrial Accelerator Act, la préférence européenne, l’approfondisse­ ment dumarchéunique, la réductiondes charges administratives et lamodernisa­ tion des règles européennes en matière demarchés publics. LexDelles a insisté sur la nécessité de dis­ poser d’un cadre réglementaire simple et prévisible, tout en soutenant l’innovation, l’investissement et l’accès à une énergie compétitive. Il a également plaidé pour l’interdictionauniveaueuropéendes res­ trictions territorialesde l’offre, qui limitent la possibilité pour les entreprises de s’ap­ provisionner auprès des fournisseurs de leur choix. Une conférencede presse conjointe aper­ mis de rappeler les priorités du Luxem­ bourgetdelaCommissioneuropéenneen matière de compétitivité et de souverai­ neté économique. Stéphane Séjourné a souligné la nécessité de renforcer la base industrielle européenne autour de la sou­ veraineté, de la décarbonation, de l’inno­ vation et dumarché intérieur. La visite s’est poursuivie par un échange avec le Premier ministre Luc Frieden sur la compétitivité européenne. Le Luxem­ bourgaréaffirméàcetteoccasionl’impor­ tance du marché intérieur et la nécessité d’accélérerlesréformesdestinéesàrenfor­ cer son fonctionnement face aux tensions économiques et commerciales. Stéphane Séjourné a enfin été reçu en audience par le GrandDuc au palais grandducal. Source : ministère de l’Économie Le Luxembourg et l’UEmisent sur la compétitivité européenne ©MMTP

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