AGEFI Luxembourg - juin 2021

Juin 2021 39 AGEFI Luxembourg Fonds / ESG ParAnne-ClaireBARBERI,ResponsableRSE et INNOVATION, PERIAL L es stratégies ESGse structu- rent de plus enplus dans le secteur de la financemais aussi de l’immobilier, des dé- marches notammentmotivées de- puis peupar l’ouverture du label ISRaux fonds immobiliers.Mais elles répondent aussi à une de- mande toujours plus forte de la part des investisseurs institution- nels, à une prise de conscience exa- cerbée des épargnants et au renforcement et à la structuration des réglementations nationales et européennes. Des enjeuxmajeurs à relever Le monde de l’immobilier est au cœur d’enjeux majeurs : changement clima- tique, perte de biodiversité, impacts sur le confort et la santé des utilisateurs, évolu- tions démographiques, transition numé- riqueouencorerésilienceurbaine.Entant qu’acteur du secteur immobilier, il est de notreresponsabilitédeveilleràchangerde paradigme en rééquilibrant nos activités vers des impacts positifs pour répondre à ces grands enjeux. Des évolutions réglementaires à l’échelle européenne Au-delàdesstratégiesvolontaristesdecer- taines sociétés, les règlementations natio- nales et locales s’accélèrent en matière de finance et d’immobilier responsables. En particulier, le règlement Disclosure à l’échelleeuropéenneimposeuncadrenor- maliséenmatièredereportingextra-finan- cierauxinvestisseursinstitutionnelsetaux gestionnairesd’actifspourluttercontreles risques de greenwashing et apporter da- vantage de transparence aux épargnants. Cesoclerèglementaireobligemécanique- mentàaméliorerencontinuelespratiques du secteur de la finance vers une logique de stratégie à impacts. Une implicationde l’ensemble desmétiers L’ensembledesmétiersdel’entreprisedoi- vent se transformer pour intégrer auquo- tidiendenouvellesfaçonsdetravailler.Les objectifsprécisde la stratégied’investisse- ment responsable doivent se décliner à chaqueétape:depuisl’acquisitionjusqu’à l’arbitrage, en passant par la gestion des immeubles, la commercialisation des fonds, la communication des perfor- mances… Pourcelailestfondamentalqu’uneculture commune se forge autour des théma- tiques d’investissement responsable en l’adaptant aux valeurs de l’entreprise et donc à sa stratégie RSE. C’est une dé- marche vertueuse qui participe à l’enri- chissementdescompétencesdechacunet permet de mobiliser toutes les compé- tences au service de la performance de l’entreprise. La question des outils digitaux est égale- ment un élément central dans l’accéléra- tion de ces démarches. La collecte et l’analysededonnéesESGcomplètesetfia- blessonteneffetdesprérequispoursuivre sa stratégie et la partager régulièrement auxclients enapportant lapreuvequanti- tative des résultats obtenus, au-delà des simples engagements.Unevisionclaireet à moyen terme des systèmes d’informa- tions de l’entreprise devient alors incon- tournable. Une fois les données ESG maîtrisées, les actions d’améliorations peuvent être en- gagées. Cela nécessite demettre en place une démarche d’innovation pour tester, adapteretadopterlesmeilleurespratiques permettant in fine de s’approcher d’une stratégie à impacts. De nombreux écosys- tèmes d’innovation se sont créés ces der- nières années en Europe, en particulier à Londres et à Berlin. Plus récemment, la FranceetleBeneluxsontdevenuesdester- rainsfertilespourlesaccélérateursdestart- up,enparticulierautourdessecteursdela Proptech (immobilier), de la Contech (construction) et la Fintech (finance). Cela constitue autant d’opportunités pour ras- sembler les métiers autour de nouvelles solutions et accélérer les transformations vers des activités à impacts. Unemobilisationde toutes les parties prenantes pour des bénéficesmultiples La stratégie d’investissement responsable doit évidemment être au service des clients : locataires, partenaires - Property Managers, CGP…, investisseurs et épar- gnants. Les contraintes réglementaires et les stratégies de chaque organisation doi- vent s’aligner au mieux pour permettre une créationde valeur démultipliée : per- formance financière des entreprises loca- taires, réduction de la vacance, résilience des rendements, renforcement potentiel desvaleursd’expertiseouencore fidélisa- tiondes épargnants et des investisseurs… Mais le plus important reste la posture à adopter : aligner sa stratégie sur des fon- damentaux scientifiques, s’évaluer régu- lièrement, adapter et ajuster ses objectifs à court, moyen et long termes pour les ren- dre toujours plus ambitieux, expliquer et démontrer,apporterdespreuvestangibles de ses impacts – au-delà des vœux pieux. Exemple performance énergétique (type encart) :lesecteurdubâtiment Danslesec- teurdubâtiment,lesgestionnairesd’actifs pousséspardesconvictionsoupardesrè- glementations ont plusieurs leviers à leur disposition lorsqu’il s’agit de réduire les consommationsd’énergies :larénovation de la structure et/ou des équipements, l’optimisationdelamaintenanceetdel’ex- ploitation ou la sensibilisation des utilisa- teurs – ces deux derniers leviers étant les plus efficaces en termes deROI. Les gains seuls en termes de facture énergétique ne sont pas toujours attractifs, en revanche le respectvoirel’anticipationderèglementa- tions nationales ou européennes de plus en plus exigeantes allié à l’alignement de sespratiquessursastratégieRSE,sontdes argumentsauxquelssontsensiblesdeplus enplusd’entreprises, bailleurs comme lo- cataires. Pour cela, laparticipationde tous les acteurs de la chaîne de valeur est une des clés de réussite : le bailleur définit les objectifs et valide les actions d’améliora- tion, les locataires yparticipent et font des propositions au bailleur, et les property managers et facilitymanagers pilotent au quotidienleséquipementspourgarantirà la fois la satisfaction du bailleur et des lo- cataires. Exemple Biodiversité (type encart) : Les expertsestimentquelapertedebiodiver- sité actuelle est entre 100 à 1000 fois plus rapidequelavitessed’extinctionnormale (source : IPBES). Par leur impact sur l’ar- tificialisationdessols,lessecteursdel’im- mobilier et de la construction ont un rôle clépour renverser cette tendance, enpré- servantetenaméliorantlabiodiversitélo- cale associée au cadre bâti. Plusieurs leviers peuvent être utilisés : limiter la surface imperméabilisée, installer des surfaces végétalisées sur le bâti (en toi- ture, en façade), adopter des pratiques vertueuses d’entretien des espaces végé- talisés, sensibiliser les utilisateurs à la faune et à la flore locale… 40% de l’éco- nomie mondiale repose sur des services rendus par la nature (source : LPO), il est donc vital de la préserver. ExempleConfort&Santé (typeencart) :le cadrebâtiestdevenunotrenouvelhabitat naturel : nous y passons plus de 90% de notre temps. Chacun de ses paramètres impacte notre état de santé physique, mental et social ; la structure du bâti, les aménagements intérieurs, les services proposés ou encore son interaction avec lequartier…Aucoursdestravauxréalisés annuellement par le bailleur sur son pa- trimoine, il est donc essentiel de garantir uneaméliorationcontinuedesconditions de confort et de santé – s’assurer par exemple qu’on améliore la sobriété éner- gétique tout autant que le confort visuel lorsque l’on remplace des éclairages. Ces améliorations participeront à la perfor- mancedesentreprisesutilisatricesdansle cas d’un bâtiment de bureau, et ainsi ga- rantiruneperformancefinancièreauges- tionnaire d’actifs. Quel écosystème structurer pour permettre la réussite d’une stratégie ESG? Par Nadia GHARBI & Frederik DUCROZET, Pictet Wealth Management L a présidenteChristine Lagarde, a fait de sonmieux pour transmettre unmes- sage de stabilité et de continuité, au terme de la réunionduConseil des gouver- neurs de la Banque centrale européenne (BCE) du 10 juin, mais nous avons l'impres- sionque beaucoupde choses se passent en coulisses, certains insistant davantage sur un changement dans lesmois à venir. Étant donné que les décisions les plus difficiles ont été reportées à la finde l'été, la réunion de septembre s'annonce intéressante. Laprincipaleinformationàretenirétaitque"leConseil desgouverneurss'attendàcequelesachatsnetsdans lecadreduPEPP(programmed'achatsd'urgenceface à la pandémie) au cours du prochain trimestre conti- nuent d'être effectués à un rythme nettement plus élevé que durant les premiers mois de l'année". Pendant ce temps, Mme Lagarde a soigneusement évité toute discussion sur une réduction progressive desachatsd'actifs,qu'elleaqualifiéede"prématurée". La BCE a décidé de garder une "main ferme"malgré une amélioration assez significative des perspectives macroéconomiques. En d'autres termes, bien que la décisiondu10juinsoitconformeauxattentesdumar- ché, elle était négative par rapport à l'évaluation des conditions économiques par la BCE. En effet, plusieurs changements apportés à la décla- rationdelaBCEindiquentdesperspectivesplusopti- mistes : -Premièrement,lesprojectionsdesservicesdelaBCE ont été révisées à la hausse pour 2021 et 2022, dans une plus large mesure que prévu (voir le graphique ci-dessous). Alors que la projectionmoyenne de l'in- flation globale pour 2023 est restée inchangée à 1,4%, le point final (T4 2023) s'est établi à 1,5% et l'inflation sous-jacente a été revue légèrement à la hausse. -Deuxièmement,labalancedesrisquespourl'activité a été officiellement qualifiée de "globalement équili- brée"pourlapremièrefoisdepuisdécembre2018(voir le graphique ci-dessous). - Troisièmement, au cours de la conférence de presse, Lagardeamentionné (àdeux reprises) la révisionà la haussedesprojectionsd'inflationsous-jacente, à1,3% en 2022 et à 1,4% en 2023. À notre connaissance, ces chiffres ont été inclus pour la première fois dans la déclarationd'introduction,cequisouligneencorel'im- portance du signal. Certes, ces changements sont soutenus par l'amélio- ration des données ainsi que par l'espoir d'une poli- tique budgétaire plus active. Cependant, ils peuvent également être considérés comme des concessions aux faucons, ouvrant lavoie àune réductiondusou- tien d'urgence en septembre. Si Mme Lagarde a déclaré que le Conseil des gouverneurs était unani- mement d'accord sur la déclaration de juin, elle a ensuite ajouté qu'il y avait eu un débat sur l'orienta- tion monétaire conduisant à "quelques divergences devuesicietlà",notammentsurlerythmedesachats de PEPP... qui était la partie la plus importante de la déclaration. Dansl'ensemble,nousnousattendonsàcequelaBCE réduise le rythmedes achats dePEPPen supprimant la référence à des achats "significativement plus éle- vés" lors de la réunion du 9 septembre. Selon un scé- nariopossible,lesachatsPEPPs'élèveraientàenviron 75 milliards d'euros par mois en moyenne au troi- sièmetrimestre(comptetenudes"conditionsdemar- ché et des facteurs saisonniers"), puis ralentiraient à 60 milliards d'euros au quatrième trimestre, avant qu'une réduction progressive ne soit mise en œuvre au premier semestre 2022. Ce scénario laisserait quelque 50 milliards d'euros inutilisés dans l'enve- loppe de 1.850milliards d'euros. Plus important encore, le Conseil des gouverneurs devrait commencer à discuter de la réduction pro- gressive du PPAenmême temps qu'il commente les résultats de son examen de la stratégie. Nous conti- nuonsdenousattendreàcequelePPAsoitaugmenté en2022,de20à30milliardsd'euros,bienqued'autres changements puissent être envisagés pour ajouter de laflexibilitéauxachatsduPPA,maisaussipourrevoir sa nature illimitée. Beaucoup de choses peuvent se passer d'ici septem- bre, mais les récents développements macroécono- miques et de marché ont été plutôt encourageants, y compris la réaction dumarché obligataire à l'impres- sion de l'IPC américain, ce qui suggère que les inves- tisseurs continuent de donner à la Fed le bénéfice du doute. La BCE a cependant besoin de plus que cela - elledoitlevertoutdoutesursonengagementàrame- ner l'inflation à son objectif (symétrique) de 2%. Le chemin à parcourir est encore long. BCE: le coup de pied dans la boîte du PEPP Please tell us briefly about your busi- ness activities. We are anactivemanager of equities and bonds. All our funds show high ‘active share’. Independent and owner-man- aged, fund management is all we do – with continental Europe an increasing focus for our distribution. How has the company developed in the last months? All our developments are in response to our clients’ needs. We have launched some new fixed income funds; and an ‘impact’ strategy, the Artemis Positive Future Fund, which subject to regula- tory approval will soon be available as a Sicav. What is the main feature of your fund management approach? Quality of funds or quantity of funds? Always quality and ‘clients first’. Apart from a small transaction in 2002, all our growth since our foundation in 1997 has beenorganic.WeregardquantityofAUM as a function of doing a good job for our clients, rather than as an end in itself. What is your overall opinion on the de- velopment of the economic situation? Promising. As vaccination continues, the economic recoveryshouldbeverystrong –andthereleaseof‘pent-updemand’will be vigorous. What are investors’main concerns ? The main one, understandably, is infla- tion. Governments need it to inflate their post-pandemic debts away. It remains to be seenwhether recent inflation is, as the central banksmaintain, “transitory”. What are the new challenges for the fi- nancial sector? Greater regulation; investing responsibly (ESG and sustainability)); and delivering genuine ‘investment solutions’ to clients’ needs. What is your outlook for equity mar- kets? Positive. Rising inflation and bond yields would be a concern. But for now, these pressures look quiescent. And for fixed incomemarkets? Steady.Lowdefaults.Bondyieldsthatre- main lowanddown. What impact did Covid have on your sector? The bear market was the shortest on record.Thatsaid,sinceBrexitUKequities have remained relativelyunlovedand, in ourview,arestillundervaluedvstheirin- ternational peers. What are your objectives for the rest of the year? Togoonfocusingongeneratingalphafor our clients. Interview with Matthew BEESLEY – CIO at Artemis IM "Always quality and clients first"

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