Agefi Luxembourg - juin 2026
AGEFI Luxembourg 8 Juin 2026 Économie & Banques M algré le freinque constitue le conflit auMoyenOrient pour les perspectives de croissance, l’économiemondiale continue à faire preuve dʹune résilience suffisante pour écarter le spectre dʹune récession, affir ment GuyWagner (portrait) et son équipe dans leur dernier rapport d’analyse sur lesmarchés finan ciers, les «Highlights ». « Aux ÉtatsUnis, les dépenses dʹinvestissement colossales injectéesdanslʹintelligencearti ficielle soutiennent fortement lʹactivité,alorsmêmequelaconsom mation domestiquemontre des signes d’essoufflementsousl’effetconjuguéde la fin de la période des remboursements fiscaux et du maintien de prix élevés des carburants », dit GuyWagner, chief investment officer (CIO) de BLI Banque de Luxembourg Investments. Les perspectives apparaissent plus fragiles enEurope EnEurope,lesperspectivesapparaissentplusfragiles. « L’absence d’un écosystème technologique aussi dynamiquequeceluidesÉtatsUnis,combinéeàune plus grande exposition aux tensions énergétiques, rend l’économie européenne davantage vulné rable à une révision à la baisse de ses anticipa tions de croissance. » En Chine, l’activité reste principalement portée par le dynamisme des exportations,tandisquelademandeintérieure demeure atone, comme en témoigne la quasi stagnation de la consommation observée en avril.Au Japon, la croissancedupremier trimestre a atteint 0,5 % en rythme trimestriel, soutenue avant tout par les exportations, la consommation des ménages ayant néanmoins apporté une contribution positive. Les prix pétroliers toujours élevés impactent les indicateurs d’inflation Malgré la légère détente récente, les prix pétroliers toujours élevés dus aumaintien de la fermeture du détroit d’Ormuz impactent le niveau des indicateurs d’inflation. Aux ÉtatsUnis, l’inflation est ressortie à 3,8%en avril, contre 3,3% le mois précédent. L’inflation sousjacente, hors énergie et alimentation, a également accéléré, passant de 2,6 % à 2,8 %. La même tendance est observée en zone euro, où l’inflation a progressé de 3,0%à 3,2%entre avril et mai sous l’effet de la hausse des prix énergé tiques. Plus préoccupant encore pour les autorités monétaires, l’inflation sousjacentemontre à son tour des signesde réaccélération, passant de 2,2%à 2,5%. Première réunionde laRéserve fédérale sous la présidence deKevinWarsh Dans ce contexte, la prochaine réunion du comité de politiquemonétaire de la Réserve fédérale, pré sidée pour la première fois par Kevin Warsh, sera particulièrement scrutée. « Les investisseurs attendent des indications plus précises quant à l’orientation future de la politique monétaire américaine dans l’ère postJerome Powell », estime l’économiste luxembourgeois. En zone euro, les responsables de la Banque centrale européennemultiplient lesmises en garde concer nant les risques inflationnistes associés à la ferme ture prolongée du détroit d’Ormuz, alimentant les anticipations d’un éventuel resserrement moné taire dès la prochaine réunion de juin. L’élanhaussier amorcé par lesmarchés boursiers en avril se poursuit enmai Après la poursuite de la remontée des rendements obligataires endébut demois, alimentéepar les ten sions géopolitiques persistantes au MoyenOrient, les marchés de taux ont progressivement retrouvé leur calme à mesure que se renforçaient les pers pectives d’un rapprochement diplomatique entre les ÉtatsUnis et l’Iran. Au final, les mouvements observés sur le mois demeurent relativement limi tés. L’élanhaussier amorcépar lesmarchés boursiers en avril s’est poursuivi en mai, porté à la fois par l’espoir d’un accord définitif entre Washington et Téhéran permettant la réouverture du détroit d’Ormuz et par l’enthousiasme toujours intact des investisseurs à l’égard de la thématique de l’intelli gence artificielle. GuyWagner : « Cette progression reste toutefois très concentrée. » Lahaussedesmarchésaessentiellementbénéficiéaux valeurs technologiques, et plus particulièrement aux sociétés du secteur des semiconducteurs, tandis qu’une large partie de la cote est restée en retrait. Soutenupar une progression remarquable de 18,4% du secteur technologique, l’indiceMSCIAll Country World IndexNet Total Returnagagné 5,7%eneuros sur l’ensemble dumois.Aux ÉtatsUnis, le S&P500 a inscrit unnouveau sommet historique. En Europe, le Stoxx Europe 600, moins exposé à la technologie, a légèrementmoinsprogressé. LeTopix japonais a avancé de 6,2 % en yens, tandis que le MSCI EmergingMarkets a enregistréunehaussede 9,5 % en dollars, bénéficiant notamment de la forte contribution de la Corée du Sud et de Taïwan, qui représentent désormais près de lamoitié de l’indice. «Sur leplansectoriel, la technologiea très largement surperformé, devant la consommation discrétion naire et lesmatériaux.Àl’inverse, les secteursdéfen sifs tels que la consommation de base, les services aux collectivités et l’énergie ont terminé le mois en territoire négatif. » L’économie mondiale reste résiliente malgré les tensions L e Luxembourg figure parmi les pays euro péens où la croissance du nombre de particuliers fortunés a été la plusmar quée en 2025. Selon la 30 e édition du World Wealth Report duCapgemini Re search Institute, lenombredemil lionnaires au GrandDuché a augmentéde13,5%enunan, une progressionnettement supérieure à celles observées en Allemagne (+11,1%),enFrance(+2,7%)ouen core au RoyaumeUni (+2,6 %). Cette évolution s’inscrit dans un contextemondialparticulièrement favorable à la créationde richesse. Porté par la bonne performance des marchés boursiers et le ralen tissement de l’inflation, le patri moine des particuliers fortunés a progresséde8,7%àl’échellemon dialeen2025,atteignantunniveau record de 98.300 milliards de dol lars.Prèsdedeuxmillionsdenou veaux millionnaires ont été recensés dans le monde, portant leur nombre total à 25,3millions. Le Luxembourgparmi les meilleurs élèves européens Aprèsunrecul observéenEurope en2024,larégionaretrouvéleche min de la croissance l’an dernier. Lenombredeparticuliersfortunés y a progressé de 6,5 %, mais le Luxembourg s’est distingué avec une croissance plus de deux fois supérieure à la moyenne euro péenne. Cette performance s’ex plique notamment par la reprise des marchés financiers, la stabili sation économique et le rôle du GrandDuchécommeplacefinan cière internationale, particulière ment attractive pour les investis seurs privés et institutionnels. Lesmarchés financiers dopent les patrimoines Auniveaumondial,lesactionsont constitué le principal moteur de créationde richesse. Soutenuspar l’essordestechnologiesliéesàl’in telligence artificielle, les marchés boursiers ont permis aux patri moinesdeprogresserdanslaplu part des grandes régions du monde. Les particuliers ultrafor tunés ont été les principaux béné ficiairesdecettedynamique.Leur nombre a augmenté de 9,4 % en 2025 et leur patrimoine a pro gressé de 9,7 %, confirmant une concentration croissante de la ri chessemondiale. Une clientèle exigeante L’étude souligne également une évolutiondesattentesdesinvestis seurs fortunés. Ceuxci recher chentdavantagedediversification, unaccès plus large aux investisse ments alternatifs et des conseils toujours plus personnalisés. Les gestionnaires de patrimoine sontainsiconfrontésàuneconcur rence accrue de nouveaux acteurs technologiques et de plateformes spécialisées. L’intelligence artifi cielle apparaît désormais comme un outil clé pour améliorer l’expé rienceclientetrenforcerlaperson nalisationdes services. PourKartikRamakrishnan,lesec teurestàuntournant:«Lesclients ont de fortes attentes : un accès élargi aux produits, une plus grande personnalisation et des conseilsréellementalignéssurleur mode de vie. Les acteurs capables de répondre à ces attentes à grande échelle, grâce à des ana lyses et des capacités alimentées par l’IA, seront les grands ga gnants dans la prochaine ère de la gestionde patrimoine. » Avec une hausse de 13,5 % du nombredeparticuliersfortunés,le Luxembourg confirme ainsi son attractivitédansuncontextemon dial de forte créationde richesseet renforce sa position parmi les places financières les plus dyna miques d’Europe. Le nombre de millionnaires progresse fortement au Luxembourg ©magnific L a conférence CrossBorder Distribution a exploré la manière dont l’évolution des rapports de force mondiaux et la concentration du capital obligent les gestionnaires d’actifs européens à repenser leurs porte feuilles, leurs modèles opération nels et leur leadership. Deloitte Luxembourg et Elvinger Hoss Prussen, avec le soutien de Financial Times Live, ont organisé la 14 e édition annuelle de la CrossBorder Distribution Conference le 19mai auCentre européen des congrès de Luxembourg. Des dirigeants de haut niveau issus de la gestion d’actifs, de la réglementation et des politiques publiques se sont réu nis afin d’examiner comment la frag mentationgéopolitique, la volatilité éco nomique et les transformations techno logiques redéfinissent les portefeuilles européens, lesmodèles opérationnels et les priorités de leadership dans l’indus trie de la gestion d’actifs. L’undesthèmescentrauxdelaconférence portait sur la concentration croissante du capital et de l’influence au sein des mar chés mondiaux, en particulier dans les actifs privés. Si la taille permet de générer des gains d’efficacité, de réduire les coûts et de renforcer la confiance des investis seurs, les discussions ont également mis en lumière les défis structurels que cette tendancepeut engendrer, notamment les obstaclesàl’accès,lesquestionsdeconcur rence sur lesmarchés et les vulnérabilités potentielles pour la santé à long terme de l’écosystèmedes investissements alterna tifs. L’importance de favoriser l’innova tion, la diversité des stratégies et la pré sence d’un large éventail d’acteurs de marché afin de soutenir une croissance durable a été soulignée. La transformation opérationnelle et tech nologique a également occupé une place importantedanslesdébats.L’accélération descyclesderèglementlivraison,notam ment la transitionvers le système T+1 sur les grands marchés, combinée à la crois sance des ETF, des actifs tokenisés et de l’automatisation croissante, crée de nou velles exigences pour les infrastructures de marché, la gestion des données, le contrôle de la liquidité et les modèles de distribution transfrontalière. Les interve nantsontinsistésurlanécessitédemettre en place des cadres opérationnels rési lients et évolutifs, capables de s’adapter à desrèglementsplusrapides,auxproduits numériques et à l’évolutiondes exigences réglementaires. Le programme a également intégré des perspectives dépassant le cadre tradition nel de la finance. Les discussions sur l’in telligence artificielle ont interrogé la capa cité des modèles automatisés de prise de décision à gérer des événements rares mais à fort impact, remettant en question les approches classiques demodélisation, de prévision et d’évaluationdes risques. Les analyses issues de la géopolitique, de la défense et de la performance de haut niveau ont mis en avant l’importance du jugement humain, du leadership et de la résilience dans des environnements mar qués par une forte pression et une infor mation imparfaite. « Dans un monde où les forces géopoli tiques, économiques et technologiques sont de plus en plus imbriquées, la rési lience n’est plus seulement une question de gestion des risques : elle devient une exigence stratégique », a déclaré Justin Griffiths, associé chez Deloitte Luxem bourg. « Pour les gestionnaires d’actifs européens, cela signifie revoir les hypo thèses de diversification, renforcer à la fois les portefeuilles et les modèles opé rationnels, et développer la flexibiliténé cessaire pour réagir rapidement aux changements soudains. Ceux qui sau ront associer une stratégie claire à une forte capacité d’adaptation seront les mieuxpositionnés pour traverser le pro chain cycle économique. » L’évolution de la répartition du pouvoir, du capital et des talents en Europe a éga lement constitué un sujet majeur. Les intervenants ont analysé l’impact de la concurrence fiscale, de la mobilité des talents et de la réglementation transfron talière sur les choix d’implantation des entreprises, qu’il s’agissede leurs équipes dirigeantes,desfonctionsdedécisiond’in vestissement oude gestion des risques. «Dans ce contexte, il est essentiel de sou ligner le rôle du Luxembourg comme centre stable et connecté à l’international pour la distribution de fonds, la gouver nance et l’expertise financière, notam ment grâce à sa capacité à accompagner desstratégiestransfrontalièrescomplexes dans un environnement incertain », a déclaré Jérôme Wigny, associé chez Elvinger Hoss Prussen. Pour retrouver les temps forts de la conférence, notam ment les discours d’ouverture, les tables rondes et les interviews,consultez :https://www.crossborder.lu Conférence Deloitte et Elvinger Hoss Prussen Naviguer dans un paysage mondial redessiné ©Deloitte
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