Agefi Luxembourg - mai 2026

Mai 2026 45 AGEFI Luxembourg IA & Tech L aministre déléguée auprès duPremierministre, chargée desMédias et de laConnecti­ vité, ElisabethMargue, a repré­ senté le Luxembourg auConseil informel « Télécommunications » de lʹUnion européenne, qui sʹest tenu les 29 et 30 avril 2026 àNico­ sie, sous présidence chypriote. Lesdiscussions ont porté surtout sur lʹac­ célération de lʹadoption de lʹintelligence artificielle en Europe ainsi que le renfor­ cement de la protection des mineurs en ligne. Sʹagissant de lʹintelligence artifi­ cielle, le Luxembourg amis en avant son engagement en faveur dʹune adoption rapide, responsable et à grande échelle de technologies dʹIA fiables, en cohé­ rence avec les stratégies européennes «Apply AI» et «AI Continent Action Plan», qui sont parfaitement alignées avec la stratégie «Accelerating Digital Sovereignty 2030». La ministre a souligné lʹimportance dʹali­ gner les stratégies nationales et euro­ péennes et énoncé les projets phares qui sont en train dʹêtre mis en œuvre au Luxembourg dans des secteurs clés tels que le secteur public, la cybersécurité, la culture ou encore lʹespace, tout en favori­ sant lʹindustrialisation des cas dʹusage à travers des initiatives comme lʹAI Factory établieauLuxembourg.Laministreaéga­ lement insisté sur la nécessité dʹune gou­ vernancecoordonnéeetdʹinvestissements stratégiques,notammentpoursoutenirles startup, PMEet scaleupdans ledéploie­ ment de solutions dʹIA à grande échelle, ainsi que pour renforcer les capacités en deep tech. Laministreadéclaré:«Lʹagilitédoitrester au cœur de notre action. En alignant davantage nos instruments de gouver­ nance numérique au niveau européen, nous pouvons non seulement réduire les incohérences, mais aussi renforcer notre capacité collective à réagir plus rapide­ ment face auxdéfis technologiques. » En matière de protection des mineurs en ligne, laministre a appelé à une approche européenne harmonisée face à un défi intrinsèquementtransfrontalier.Elleasou­ ligné que la multiplication dʹinitiatives nationalesrisquedefragmenterlemarché intérieur et de réduire lʹefficacité des mesures de protection. Le Luxembourg soutient ainsi le développement dʹune solution européenne de vérification de lʹâge, respectueuse de la vie privée, ainsi que lʹélaboration dʹun cadre juridique commun visant la détermination de lʹâge de lamajorité numérique. « La protection des mineurs en ligne ne peut être efficace quʹà lʹéchelle euro­ péenne. Nous devons garantir un envi­ ronnement numérique sûr pour nos enfants,toutenpréservantleursdroitsfon­ damentaux et leur vie privée », a affirmé ElisabethMargue. LeLuxembourga également plaidépour lʹintroductiondʹune base juridique euro­ péenne solide permettant dʹimposer des obligations claires aux plateformes en ligne, enparticulier les plus grandes, afin de renforcer leur responsabilité dans la protection des utilisateurs les plus vul­ nérables. Laministre annonce cependant que « si une solution européenne solide nʹest pas en place avant la fin de cette année, le Luxembourg adoptera une loi nationale ». Enfin,leséchangesontportésurlerenfor­ cement de la résiliencedes infrastructures critiques face aux cybermenaces et aux risques systémiques, ainsi que sur le futur de la bande de spectre 2GhZMSS. Sur ce dernierpoint,laministreaplaidépourune approche équilibrée qui prenden compte les compétences des acteurs européens ainsi que la réalité dumarché global de la connectivité directtodevice. Servicedesmédias,de laconnectivitéetde lapolitiquenumérique;gouvernement Elisabeth Margue au Conseil informel « Télécommunications » de lʹUnion européenne Le Luxembourg défend une approche européenne de l’IA ©StavrosIoannides/PIO Par Eduardo NIEBLES, ERP Strategist pour les organisations de services professionnels, Unit4 C ’est la questionque redoute tout consultant. Un client qui remet en cause la valeur apportée par une équipe de services professionnels. L’intel­ ligence artificielle (IA) bouleverse le modèle traditionnel de presta­ tionde services, les clients at­ tendant désormais des engagements clairs,mesura­ bles et concrets enmatière de créationde valeur, et ce, dès le démarrage duprojet. De fait, certaines structures plus petites adoptent volontiers des mo­ dèles de tarification basés sur les résultats afindeprendredel’avancesurlesgrandessociétésde conseil. Cette approche impose au prestataire de dé­ montrerdemanièretangiblel’impactdeseslivrables. Ellecomportetoutefoisunrisqueélevé:l’organisation doit supporter les coûts en temps, en ressources et en dépenses, sans garantie que le client acceptera de payer si les résultats ne répondent pas à ses attentes. Redéfinir la valeur à l’ère de l’IAdevient rapidement un enjeu stratégique majeur pour les entreprises de services professionnels. Du point de vue des clients, l’IA génère des gains d’efficacité et des économies grâce à l’automatisation, ce qui devrait logi­ quement se traduire par une baisse des fac­ turations des cabinets de conseil. Certes, certainscaslepermettent.Maissil’IAestuni­ quementabordéesousl’angledelaréduction descoûts,celaentraîneraunebanalisationdes servicesetunepressionàlabaissegénéralisée. Pour éviter cet écueil, les entreprises doivent développer des indicateurs démontrantclairementleretoursur investissement apporté par l’IA. Et si celleci permettait aux clients d’augmenter leurs propres reve­ nus, endéveloppant des systèmes innovants et différenciants pro­ pres à leur secteur ? À la question : « Si vous utilisez désormais l’IApour automatiser les services que j’achète, quelle valeur ajoutezvous, vous, en tant que consultant ? », la ré­ ponselaplusconvaincanteconsisteàdémontrercom­ mentl’IApermetauxcabinetsdeconseild’aiderleurs clientsàfairecequeleursconcurrentsnepeuventpas. Des métriques spécifiques seront nécessaires pour prouverl’impactpositifsurlesrésultatsfinanciersdes clients, mais leur définition reste encore en construc­ tion.Àl’instardesdébutsducloudcomputing,large­ ment présenté comme révolutionnaire pour les infrastructures IT, il a fallu près d’une décennie pour voir émerger des standards et des modèles de ROI clairement établis. Cela place aujourd’hui les organisations de services professionnels face àundéfide taille :maintenir des relations clients solides dans un contexte où les re­ venus sont sous pression et oùde nouveaux leviers de croissance doivent être identifiés. Pourtant, les échanges avec les leaders du secteur montrent que certaines pratiques permettent de traverser cette disruption portée par l’IAavec succès. 1. Gestiondes attentes : dans toute organisationde services professionnels, la règled’or reste « zéro sur­ prise ». Annoncer un retard de projet est toujours délicat. Grâce à l’IA, les équipes de delivery sont désormais censées anticiper et éviter les dérives grâce à l’analyse prédictive. 2. Transparence : face aux nombreuses interroga­ tions sur l’usage de l’IA, la transparence est essen­ tielle pour préserver la confiance. Les clients doivent être assurés de la protection de leurs don­ nées, comprendre leur utilisation et pouvoir faire confiance aux décisions prises par les systèmes d’IA. Il ne s’agit pas d’offrir un accès total, mais de favoriser la compréhension pour renforcer la per­ ception de valeur. 3. Rigueur dans l’exécution : si l’adoption de l’IA s’accompagne d’unmodèle basé sur les résultats, il est crucial d’éviter les dérives depérimètre. Cela im­ plique une gestion stricte des livrables et une factu­ ration claire des demandes hors scope. Une bonne collaboration entre le client et l’équipe projet garan­ tit également l’absence de surprises. 4. Définition de la valeur : les clients doivent per­ cevoir clairement les bénéfices pour leur activité : gain de productivité, réduction des coûts ou créa­ tionde nouvelles sources de revenus. La crédibilité des cabinets repose sur leur expertise et leur capa­ cité à délivrer des résultats.Avec l’IA, il devient in­ dispensable de démontrer en quoi un projet permet au client d’améliorer ses performances et son résultat net. 5. Talents : pour s’adapter à l’impact de l’IA, les en­ treprises doivent s’appuyer sur des compétences différenciantes. Le modèle pyramidal traditionnel du conseil est remis enquestion auprofit d’équipes plus réduites, composées d’experts hautement qua­ lifiés (comptables certifiés, architectes, etc.), pilotant des spécialistes data et des product managers ca­ pables d’exploiter l’IAefficacement. 6. Modèle économique : certains évoquent désor­ mais des structures organisationnelles en forme de diamant ou d’obélisque. L’IA doit avant tout per­ mettre davantage d’agilité et de réactivité face aux besoins clients. Les cabinets doivent donc encoura­ ger des cultures plus collaboratives et des structures opérationnelles plus dynamiques. Les échanges avec les clientsmontrent que de nom­ breuses entreprises, tous secteurs confondus, sont encore en phase d’appropriation de l’IA et de ses implications stratégiques. Une chose est certaine : les organisations qui adopteront rapidement ces technologies prendront une longueur d’avance, en­ traînant une recomposition du secteur des services professionnels.Mais surtout, lanotionmêmede va­ leur est en traind’évoluer. Chaque entreprise devra être prête à répondre à cette question incontourna­ ble : «Alors, qu’estce que je paie réellement ? » Que suis-je exactement en train de payer ? Redéfinir la valeur à l’ère de l’IA L ’édition 2026 de la Space Resources Week s’est tenue du 4 au 7 mai au Luxembourg. L’événement a marqué deux anniversaires importants : les 5 ans de l’ESRIC (European Space Resources Innovation Centre) et les 10 ans de l’initiative SpaceResources.lu. Depuis sa création, l’ESRIC a développé un écosystème dédié aux ressources spa­ tiales en combinant recherche, infrastruc­ tures et soutien aux entreprises. Ce déve­ loppement repose sur la collaboration entre le ministère de l’Économie, la Luxembourg Space Agency (LSA), le Luxembourg Institute of Science and Technology (LIST) et l’Agence spatiale européenne (ESA). Le ministre de l’Économie, Lex Delles, a rappelé l’ambition du Luxembourg de devenirunacteurmajeurduspatialdura­ ble grâce à un cadre réglementaire clair et au soutien à l’innovation. Il a salué le rôle centraldel’ESRICetdeSpaceResources.lu dans cette stratégie. La conférence a réuni plus de 490 participants issus de 35 pays. « Nous avons été ravis de réunir une nouvelle fois la communautémondiale des ressources spatiales au Luxem­ bourg », a déclaré Kathryn Hadler, di­ rectrice de l’ESRIC. « Avec plus de 490 inscrits provenant de 35 pays, il s’agit de notre plus grand événement à ce jour. » Selon elle, cette édition anniversaire confirme égale­ ment « la position centrale du Luxem­ bourg sur cette thématique ». En dix ans, les ressources spatiales sont passées d’un sujet de niche à une prio­ rité internationale. Les futuresmissions lunaires misent désormais sur l’utilisa­ tion des ressources locales pour pro­ duire eau, oxygène ou carburant. Des projets comme Chang’e 7, LUPEX, Moonlight de l’ESAou encore Artemis III de laNASAillustrent cette évolution vers une présence humaine durable sur la Lune. Audelà de l’exploration spatiale, ces recherchesouvrentaussidesperspectives sur Terre, notamment dans l’industrie minière avec des techniques plus dura­ bles et moins consommatrices d’eau. La Space ResourcesWeek 2026 a égale­ ment mis l’accent sur les liens entre recherche et industrie. Les discussions ont porté sur toute la chaîne de valeur : cartographie des ressources, extraction, fabrication et futures économies spa­ tiales. L’événement a aussi souligné le rôle croissant des startup soutenues par les programmes d’accompagne­ ment de l’ESRIC et de l’ESA. Organisée chaque année par l’ESRIC, initiative portée par le LIST et la LSA, la Space Resources Week s’impose aujourd’hui comme le principal ren­ dezvous international consacré aux ressources spatiales. Source : Luxembourg Space Agency Space Resources Week 2026 : Le Luxembourg célèbre une décennie d'innovation et ambition spatiale KathrynHadler, directrice de l’ESRIC ©Lunvision /ESRIC

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