Agefi Luxembourg - mai 2026

AGEFI Luxembourg 30 Mai 2026 Fonds &Marchés ParChrisIGGO,présidentdel’Institutd’investissementet CIOd’AXA IMCore, BNPParibas AssetManagement L a vague d’enthousiasme suscitée par l’intelligence artificielle s’est avant toutmanifestée sur lesmarchés actions, à l’image de l’indiceNasdaq, essentiellement composé de valeurs technologiques, qui a franchi plusieurs sommets histo­ riques ces douze derniersmois. Celaétant,lesmarchésobligatairesont euxaussiétéportésparcemouvement. Outre l’impact global de l’IA sur la confiancedesinvestisseursetsesconsé­ quences macroéconomiques, cette nou­ velle technologie influe sur les marchés obligataires par le biais de nombreuxmécanismes. Dans cet article, nous en examinons trois : l’aug­ mentation des volumes d’émission des entreprises technologiques, laperturbationdesmodèles écono­ miques des entreprises émettrices et le potentiel d’amélioration des processus d’investissement lié aux progrès de l’IA. Hausse des volumes d’émission La concentration des actions des entreprises techno­ logiques dans les indices boursiers est largement documentée. En revanche, on ne retrouve pas cette domination sur lesmarchés obligataires, la part de la detteémiseparlesentreprisestechnologiquesrestant limitée dans les indices obligataires. D’aprèsBankofAmerica/ICE, le secteurTechnologie et Électronique ne représente que 4,8 % de son indiceGlobal Credit.Malgré l’importance accordée auxdépenses d’investissement dans le secteur tech­ nologique, cette part n’a pas évolué ces dernières années. Sur le marché américain des titres Investment Grade, cette part est d’environ 7%, tan­ dis qu’elle est plus faible en Europe et qu’elle repré­ sente environ 5 % à l’échelle mondiale dans le seg­ ment du haut rendement. Cela étant, les volumes d’émissionsontenhausse.Plusieurstransactionsobli­ gataires majeures ont été réalisées l’an passé par les hyperscalers, ces mastodontes du cloud computing qui investissent massivement pour financer l’expansiondes infrastructures d’IA. AuxÉtatsUnis,lavaleurnominaledesobli­ gations d’entreprise émises par les sociétés dusecteurTechnologieetÉlectroniqueaaug­ menté de 11 % entre janvier et mars pour atteindre environ 685 milliards de dollars.Sil’onenjugeparlespré­ visionsdesentreprises,cetteten­ dance devrait se poursuivre, le rythme des dépenses d’inves­ tissement ne montrant aucun signe de ralentissement. L’essentiel de ces emprunts est contracté aux ÉtatsUnis. Mais les émetteurs se sont également tournésverslesmarchésInvestmentGradelibellésen euros et en livres sterling. La sociétémère deGoogle, Alphabet, a procédé en février à sa plus importante vente d’obligations à ce jour, une émission multi­ tranches en livres sterling comprenant notamment une obligation à 100 ans assortie d’un coupon de 6,125%. (1) De leur côté, Meta, qui détient Facebook, a emprunté 30milliards de dollars sur lemarché amé­ ricain l’anpassé, et Oracle a été un emprunteur parti­ culièrement actif. (2) La performance des cours boursiers des géants de la technologiereflèteleurqualité.Cesémetteurssecarac­ térisent parune très forte croissancedesbénéfices, un bilan solide assorti d’un endettement limité et une excellente notation. La croissance du secteur devrait êtrebienaccueillieparlesinvestisseursdanslamesure où elle apporte une plus grande diversification aux indicesobligataires,dontlacompositionestgénérale­ mentdominéepardesvaleursfinancièresetdesentre­ prises industrielles plus cycliques. L’investissement thématique est certes moins répandusur lesmarchés obligataires,mais lahausse des volumesd’émissionémanant d’entreprises tech­ nologiquesdegrandequalité et biennotéespourrait trouver un certain écho auprès des investisseurs. Les coupons sont attrayants et étayés par une très forte croissancedes bénéfices. Les investisseurs déjà fortement exposés à la technologie par le biais de leurs placements en actions devraient être séduits par les obligations émises par les principaux acteurs de l’IA, dont les performances sont potentiellement plus prévisibles. Perturbationdesmarchés obligataires Nombreux sont les exemples illustrant à quel point l’IA peut bouleverser les modèles économiques en automatisant les tâches, en améliorant l’efficacité et en accélérant les processus. Début 2026, le débat a porté sur les éditeurs de logi­ cielsetsurlamanièredontcertainsfournisseursd’ap­ plications, par exemple les systèmes de gestionde la relation client, risquaient de voir leurs produits menacés par la capacité de l’IA à coder et à mettre aupointdesproduitsplusrapidement.L’écosystème de la technologie est complexe et les petites entre­ prises sont susceptibles d’être davantage exposées à ce risque de perturbation. Ce point a soulevé des inquiétudes sur lesmarchésduhaut rendement, des prêts à effet de levier et des prêts directs, qui consti­ tuent une source de financement pour les petites entreprises de cet univers. Ici aussi, lesmarchés obligataires sontmoins concen­ trés que les marchés actions. Le secteur de la techno­ logiene représentequ’environ5%dumarché améri­ cain des titres à haut rendement, dont environ 3,5 % pour le segment des logiciels. Avec l’émergence, en début d’année, des préoccupations liées aux défis poséspar l’IAauxéditeursde logiciels, les spreadsde crédit se sont creusés dans ce secteur. Lesinvestisseurss’efforcenttoutefoisdedistinguerles émetteursplusoumoinsexposésàlamenacequefait peser l’IA sur leurs activités, et pas seulement ceux qui évoluent dans le secteurde la technologie ausens strict. Certains secteurs comme les jeux et les médias pourraient eux aussi être perturbés. Pour les investis­ seurs obligataires actifs, il s’agit avant tout d’éviter les émetteurs dont les flux de trésorerie pourraient être fragilisés et dont la notation pourrait être pénalisée, accroissant ainsi le risque de défaut. Mais là encore, il convient demodérer les choses. Ce secteur reste encore relativement modeste, et toutes les entreprises technologiques ne se valent pas. L’exposition à la technologie est plus concentrée sur les marchés des prêts à effet de levier et des prêts directs que sur lemarché public duhaut rendement. Améliorationdes processus d’investissement Dans le domaine obligataire, les processus de recherche, de négociation et de construction de por­ tefeuille peuvent tous être optimisés par l’IA. Sur les marchés du crédit, le recours aux grandsmodèles de langage (LLM) et au traitement du langage naturel peutaméliorerconsidérablementl’analysefondamen­ tale des émetteurs et permettre de détecter des infor­ mationspotentiellementutilespourgénérerdel’alpha et distinguer la valeur entre les différents émetteurs. L’identification de signes révélateurs chez les émet­ teurs obligataires, susceptibles d’influer de manière significative sur les décisions d’investissement à l’échelledel’émetteuretduportefeuille,peutêtreopti­ miséegrâceàl’IA.Letradingestdéjàengrandepartie automatisé,uneévolutionquiacontribuéàaméliorer la liquidité des marchés des obligations d’entreprise ces dernières années. Pour les gérants de portefeuille, l’amélioration des capacités de recherche grâce à l’IA et la possibilité d’utiliser cette technologie pour extraire des informations essentielles sur les cours aurontunimpactbénéfiquesurlagestiondesrisques et duprofil de liquidité des portefeuilles obligataires. Investissement obligataire 2.0 La hausse des volumes d’émissions obligataires des entreprises technologiques liée à l’essor de l’IA per­ mettra aux investisseurs obligataires d’accéder aux fluxdetrésoreriegénérésparcetterévolutiontechno­ logique. Sur le long terme, la valeur reposera sur la capacité des actifs créés par cet investissement et qui, aufinal, étayent la valeur des obligations, à continuer deproduireunrendementducapitalinvestisuffisant pourmaintenir la soliditédes bilans et la bonne santé des notations, ainsi qu’un niveau élevé de multiples et de performances sur le marché actions. Compte tenu du contexte mondial actuel, miser contre cette tendance nous semble risqué. 1) Alphabet sells rare 100year bond to fund AI expansion as spendingsurges |Reuters 2)Metatoraise$30billioninitsbiggestbondsaleasAIexpansion costsrackup|Reuters Données de performance/sources des données : LSEG Workspace DataStream, ICE Data Services, Bloomberg, BNP Paribas AM, au 20 avril 2026, sauf indication contraire). Les performances passées ne sau­ raientprésagerdesrésultats futurs. L’IA, un acteur toujours plus influent sur les marchés obligataires O rientis Partners, prestataire de services du secteur finan­ cier agréé par la CSSF au Luxembourg, décide d’ouvrir son expertise en administration de fonds et comptabilité à une clientèle ex­ terne composée de gestionnaires d’actifs, de sociétés de capitalinves­ tissement et de family offices. Cette évolution marque une nouvelle étape dans le développement de la société et de sonoffrede services. Jusqu’ici dédiée au ser­ vice exclusif de l’une des familles les plus fortunées d’Europe, la société étend désor­ mais sonmodèle àdenouveaux clients, tout en conservant le même niveau d’excellence opérationnelle et de flexibilité. ʺAujourdʹhui, Orientis Partners met cette expertise au service de gestionnaires dʹac­ tifs, de sociétés de capitalinvestissement et de family offices, via une plateforme tota­ lement indépendante et réglementée par la CSSF, en conservant le même niveau dʹex­ cellence opérationnelle et de flexibilité. Notreobjectif est dʹallier la rigueur attendue dans les environnements institutionnels, à lʹagilité, la réactivité et lʹaccès direct aux décisionnaires denotre équipe. Cʹest ce que les clients recherchent de plus en plusʺ, explique Mathieu Potier, cofondateur et Managing Partner dʹOrientis Partners. OrientisPartnersentendconserversonposi­ tionnement haut de gamme et cible les ges­ tionnaires de fonds dʹinvestissement et de capitalinvestissement, les family offices et les cabinets de conseil au service de particuliers et de familles fortunés. Ses domaines dʹexpertise com­ prennent le calcul de la valeur nette dʹinventaire (VNI), la comptabilité dʹentreprise, lʹétablissement de rapports financiers selon les normes Lux GAAP et IFRS, la gestion de la trésorerie et les tableaux de bord financiers sur mesure, ainsi que la préparation des documents paralégaux. ʺPour apporter une réelle valeur ajoutée, nous ne nous limitons pas à la comptabilité. Nous transfor­ mons les données financières en informations per­ tinentes et exploitables. En dʹautres termes, nous extrayons les informations pertinentes nécessaires au reporting financier en fonction des objectifs de nos clients. Nous visons également à offrir aux family offices et aux structures dʹinvestissement de petite et moyenne taille lʹaccès à un service haut de gammeʺ, conclut Mathieu Potier. Orientis Partners renforce l’offre de services aux fonds au Luxembourg By Monica DEFEND, Head of Amundi Investment Institute T he investment landscape is undergoing a structural shift. As highlighted inAmundi’s 2026CapitalMarket Assumptions, the global environment is no longer primarily shapedby cyclical dy­ namics, but bydeeper “rup­ tures”—geopolitical fragmentation, technological ac­ celeration, demographic pres­ sures and a delayed energy transition. In this context, the keyquestion for investors is no longerwhether disruptionwill fade, but howportfolios should adapt to it. ANewRegime for LongTermReturns Over the next decade, expected returns across asset classes remain broadly supportive. However, the definingfeatureofthisoutlookisnotthelevelofre­ turns,buttheirdispersionacrossassetclasses,re­ gionsandthemesovertime.Equitiescontinueto offer solid longterm potential, supported by earnings growth, innovation and structural trends such as artificial intelligence and industrial transformation. Yet,returnsaredifferentiated,reflecting valuationgapsandunevengrowthdy­ namicsbetweenregions.Fixedincome, after a prolongedperiodof lowyields, isregainingamorecentralrole.Higher starting yields have restored its func­ tionasasourceofincomeanddiversi­ fication, while also reinforcing its role as a stabiliserwithinportfolios. Private and alternative assets still offer higher return potential, but the driversofperformancearechanging.Inahigherrate environment, returns are increasingly linked to in­ come generation and operational value creation rather thanfinancial engineeringormultiple expan­ sion.Atthesametime,goldisemergingasastrategic allocationtool.Inamorefragmentedgeopoliticalen­ vironment, it is no longer viewed solely as a com­ modity, but as a key diversifier and a form of “re­ serve asset”within portfolios. FromBroadExposure toSelectiveAllocation Theseshiftsimplyafundamentalchangeinhowport­ foliosshouldbeconstructed.Thetraditionalapproach of broad market exposure is becoming less effective in a world characterised by higher dispersion and structural uncertainty. Instead, asset allocation must becomemoreselectiveandmoredeliberate.Fixedin­ comeisincreasinglyrelevantasacorebuildingblock, providing both resilience and income. Equities remain essential for growth but require greater regional andsectordifferentiation. Private as­ sets continue to play a key role as return enhancers, but require a more disciplined approach, with a strongerfocusonassetquality,managerselectionand longtermvalue creation. Diversification itself is evolving. It is no longer only about combining asset classes, but about combining different sources of return — growth, income, re­ silienceandliquidity—withinacoherentframework. BuildingResilient Portfolios The broader message of the Amundi CMA is clear: resiliencemustnowbeembeddedatthecoreofasset allocation. This involves balancing exposure to higherreturning assets with those that provide sta­ bility, while taking into account currency dynamics andregionaldifferences.Insuchanenvironment,di­ versificationbecomesmore thana riskmanagement tool. Portfolios need to integrate public and private assets, combine global and local exposures, and adapt dynamically across horizons. Conclusion Over a 10year horizon,Amundi’s assumptions sug­ gest that diversifiedportfolios can still deliver attrac­ tive returns, broadly in the midsingle digit to low doubledigit range depending on risk levels. Moderate risk portfolios are expected to generate aroundmidsingledigitreturns,whilemoredynamic allocations may reach higher levels. However, the key takeaway is not the level of returns, but theway they are achieved. In a world defined by structural ruptures, successful investing will depend on selec­ tivity, diversification and adaptability. AdaptingAsset Allocation to global ruptures © luxembourgcity.com

RkJQdWJsaXNoZXIy Nzk5MDI=