Agefi Luxembourg - septembre 2026

Septembre 2026 27 AGEFI Luxembourg Fonds &Marchés L emodèle luxembourgeois des fonds reste solide, mais son prochain chapi­ tre s’écrit déjà. La progression des ETF, l’essor des actifs privés et les besoins croissants de financement de l’économie européenne et des infrastructures digitales ouvrent de nouvelles perspectives. Acteur de réfé­ rence de la place financière luxembourgeoise, Spuerkeess élargit progressivement son rôle, audelà de son activité de dépositaire, afin de répon­ dre aumieux aux nouvelles attentes des clients. Premiercentreeuropéendedomici­ liation de fonds d’investissement, le Luxembourg a bâti au fil des décennies un écosystème unique réunissant l’ensemble des exper­ tises nécessaires au développement de l’industrie : gestionnaires d’actifs, sociétés de gestion, banques dépositaires, administrateurs de fonds, cabinets spé­ cialisés, prestataires technologiques et autorités de supervision.Cetteconcentrationdesavoirfaire,asso­ ciéeàuncadreréglementairerobusteetàunecapacité d’adaptation constante aux évolutions du marché, a permis au GrandDuché de s’imposer comme une placede référencepour la structurationet ladistribu­ tion internationale de fonds. Dans cet environnement particulièrement dyna­ mique, Spuerkeess accompagne depuis de nom­ breusesannéeslesacteursdel’industrieetpoursuitle développementdesonactivitéinstitutionnelleafinde répondre à l’évolutiondes besoins dumarché. Une relationqui dépasse le dépositaire Le Luxembourg occupe une place singulière dans l’industrie européenne des fonds. Pour Spuerkeess, cette industrie constitue depuis longtemps un axe important de son activité institutionnelle. « Le Luxembourg est naturellement au cœur de notre stra­ tégie. Nous sommes la banque de référence du pays et nous avonslachanced’êtreimplantésdanslepremiercentreeuro­ péen de fonds d’investissement », souligne Tomic Dzemal (portrait), responsable de la banque institutionnelle de Spuerkeess. Aujourd’hui, la banque compte plus de EUR 100 milliards d’actifs en dépôt. Mais autour de cette activité historique s’est progressivement développée unegammepluslargedeservices bancaires, allant de la gestion de liquidité à l’exécutionde transac­ tions sur lesmarchés, enpassant par les opérations de change et le financement. Spuerkeessaccompagneégale­ ment les sociétés de gestion, administrations centrales, vé­ hiculesdestructuration,Gene­ ralPartnersetautresstructures liées aux actifs privés. Cette évolution traduit une volonté simple : être davantage qu’un prestataire de services. « L’enjeu est decombinernotreancrageluxembourgeoisavecunecapacité à accompagner des acteurs internationaux en étant leur banque de référence àLuxembourgpour des activités autres que purement de dépôt », explique TomicDzemal. Grandir avec les besoins de ses clients Au cours de ces dernières années, la banque a ren­ forcé ses activités de dépositaire et de conservation, aussi bien pour les fonds traditionnels investis sur les marchés liquides que pour les fonds alternatifs, tels que les actifs privés. Elle a parallèlement investi dans ses processus afin de simplifier et digitaliser l’onboardingdesfondsetdesvéhiculesdedétention. L’objectif est d’offrir un accompagnement toujours plusfluideet de réduire lesdélaisnécessaires au lan­ cement des projets. Une stratégiequi porte ses fruits selon le responsable, quiaffirmequ’«aucoursdecescinqdernièresannées, lesactifsdefondsendépôtdeSpuerkeessontdoublé», tandis que la Banque a progressivement élargi son offre de services pour répondre à l’ensemble des be­ soins de sa clientèle institutionnelle.Mais audelàdes volumes, c’est surtout le modèle relationnel qui évo­ lue:«noussommespassésprogressivementd’unelo­ gique de fourniture de services individuels à une lo­ giquederelationglobaleaveclesgroupesfinanciers». Aujourd’hui,lorsqu’ungestionnaired’actifscollabore avec Spuerkeess sur un fonds, la Banque adopte une approcheplus transversale, en tenant comptede l’en­ semble de ses besoins bancaires et financiers, qu’il s’agisse des services de dépositaire, de gestion des liquidités,d’opérationsdechange,definancementou encore d’accès auxmarchés de capitaux. Cette logique de « onestop shop » n’est pas seule­ ment un argument commercial. Elle répond à une vraie demande dumarché.Àmesure que les struc­ tures d’investissement se complexifient et se diver­ sifient, les attentes des clients évoluent. Spuerkeess a ainsi renforcé ses expertises et ses outils afin d’ac­ compagner ses clients existants dans l’évolution de leurs activités, ainsi que d’attirer de nouveaux clients à la recherche d’un partenaire bancaire à l’écoute de leurs besoins. Un leadership luxembourgeois à renouveler Cette transformation s’inscrit dans une industrie luxembourgeoise qui reste extrêmement solide, mais où la concurrence s’intensifie. Le modèle UCITS et la distribution crossborder demeurent le moteur historiquede laplacefinancière luxembour­ geoise.Avec plus de 6.500milliards d’euros d’actifs, le Luxembourg reste le premier domicile européen des fonds. Mais l’Irlande, qui dépasse les 5.500mil­ liards d’euros, se rapproche rapidement, notam­ ment grâce aux ETF et aux fonds passifs. Pour TomicDzemal, le Luxembourg doit continuer d’innover : « Notre défi est maintenant de transformer cet avantage historique dans lesUCITS en leadership éga­ lement dans les ETF actifs, les actifs privés et les nouvelles infrastructures digitales ». En effet, les ETF constituent un terrain particulière­ ment prometteur avecuneprogressionsoutenue ces dernières années, aupoint que ces fonds approchent les 20%depart demarché. Si l’Irlande s’est imposée sur le marché des ETF passifs, le Luxembourg dis­ pose d’atouts importants pour se développer sur le segment actif, notamment grâce à son expertise his­ torique des UCITS et à sa capacité de distribution transfrontalière. Un autre relais de croissance réside dans les actifs privés. Le Luxembourg a progressi­ vement construit une expertise reconnue dans ce domaine et voit désormais des promoteurs interna­ tionaux choisir leGrandDuchépour lancer denou­ veaux fonds plutôt que de les domicilier systémati­ quement dans leur marché d’origine. « Le Luxembourg se positionne comme centre d’expertise dans ce domaine à la fois dans le servicing et dans la struc­ turationdedétentiondesavoirsdecesfonds,etparcefaitest en train de bâtir une industrie qui a de beaux jours devant elle », explique TomicDzemal. Ladynamiqueestparticulièrementintéressantedans la dette privée. Les besoins de financement de l’éco­ nomie européenne devraient continuer à progresser, notamment pour les infrastructures liées à l’intelli­ gence artificielle, à l’ESGou encore à la défense. Or, « cesbesoinsnepourrontpasêtrecomblésuniquement par les banques et de ce fait d’autres acteurs devront prendre la relève », estime le responsable, ce qui devrait renforcer le rôle des marchés de capitaux et des fonds de dette privée. Préparer lesmoteurs de croissance de demain Audelàdecesnouvellesopportunités,l’industriedes fondsdevraégalementrépondreàdesévolutionsplus structurelles.Lesinvestisseursrecherchentdavantage desimplicité,detransparence,derapiditéd’exécution et d’accessibilité. Cette tendance alimente non seule­ ment la croissance des ETF, mais aussi l’émergence denouveauxmodèles, telsque les fonds tokenisésou encore la démocratisation progressive de certaines classes d’actifs jusqu’ici réservées aux investisseurs institutionnels. Pour le Luxembourg, l’enjeu sera de transformer son leadership historique dans les fonds UCITS en un positionnement durable sur les segments qui façon­ neront la croissance de demain. Forte de son ancrage local, de ses expertises et de sa proximité avec les acteurs de la place, Spuerkeess entend continuer à accompagner cette transformation, tout en contri­ buant activement à la compétitivité et à l’attractivité du centre financier luxembourgeois. Spuerkeess s’impose au cœur de la mutation des fonds d’investissement i dassociates vient de don­ ner un nom et une identité propres à son activité de liquidation de fonds d’inves­ tissement, développée depuis des années comme ligne de service dédiée : LuxFund­ Liquidation by idassociates. Entretien croisé avec Benoit Andrianne et François Gerard, Partners chez idassociates. Pourquoi lancer une marque dédiée à la liquidation de fonds maintenant ? François Gerard — Nous constatons depuis des années une méconnais­ sance globale du métier de liquidateur — et en particulier de l’importance de son indépendance. Avec une croissance régulière portée par le développement de la Place et par le nombre de véhicules arrivant en fin de vie, nous souhaitons lui don­ ner un nom et un site propres. luxfundliquidation.lu , c’est sortir le métier de son relatif anonymat et met­ tre en avant les rôles et responsabilités du liquidateur. Qu’estce qui change concrètement pour vos clients et partenaires ? Benoit Andrianne — Rien sur le fond. Les équipes, les processus et les stan­ dards de qualité qui ont fait la réputa­ tion d’idassociates restent strictement les mêmes : LuxFundLiquidation est opéré par les mêmes professionnels, avec la même exigence de rigueur. C’est le message que nous voulons faire passer en priorité : nouveau nom, même expertise. Vous insistez sur l’indépendance du liquidateur. En quoi estce si important ? François Gerard — Un liquidateur n’est pas un simple exécutant admi­ nistratif : il assume une responsabilité fiduciaire envers les investisseurs et doit arbitrer entre des intérêts parfois divergents — promoteur, gestionnaire, dépositaire, investisseurs. Cette mission ne peut être remplie cor­ rectement que si le liquidateur reste réellement indépendant des acteurs impliqués dans la vie du fonds. Un liquidateur indépendant n’est pas un supplément de conformité : c’est un gage de bonne gouvernance et une garantie pour les investisseurs. En quoi ce métier méritetil d’être mieux identifié sur la Place ? Benoit Andrianne— La liquidation de fonds est une niche à part entière, qui exige des compétences techniques, réglementaires et opérationnelles très différentes de la gestion courante d’un fonds : recouvrement des créances, dis­ tributions aux investisseurs, clôture réglementaire, radiation. En lui don­ nant un nom, nous affirmons notre place parmi les acteurs spécialisés sur ce métier au Luxembourg, et nous contribuons, à notre échelle, à sa pro­ fessionnalisation. Quelle est l’ambition de LuxFund­ Liquidation à moyen terme ? Benoit Andrianne et François Gerard — Évidemment rendre plus lisible notre expertise, continuer à accompa­ gner les organes de gestion, promo­ teurs et investisseurs tout au long du processus de liquidation, de la décision de dissolution à la clôture définitive — mais aussi sensibiliser les acteurs du marché aux enjeux d’une liquidation et à l’importance de faire appel à des pro­ fessionnels expérimentés. Pour en savoir plus sur nos services de liquidation de fonds, rendezvous sur luxfundliquidation.lu. LuxFundLiquidation : « Changement de nom, même expertise »

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