Agefi Luxembourg - juillet août 2026

Juillet / Août 2026 19 AGEFI Luxembourg Banques & Assurances L a poursuite d’une croissance modérée de l’économie mon­ diale ne peut dissimuler les disparités qui persistent entre les différentes régions et secteurs d’ac­ tivité, affirment Guy Wagner (cf. portrait) et son équipe dans leur dernier rapport d’analyse sur les marchés financiers, les « Highlights ». « Aux ÉtatsUnis, la crois­ sance reste portée par les investissements massifs dans le domaine de l’intelli­ gence artificielle et les dépenses de consommation des ménages les plus aisés, tandis que l’activité dans le secteur immobilier résidentiel demeure faible », dit GuyWagner, chief investment officer (CIO) de BLI Banque de Luxembourg Investments. « En zone euro, la dynamique économique, déjà plus modeste, a fait lʹobjet de révisions à la baisse sous lʹeffet des tensions énergétiques qui, toutefois, grâce à la fin de la guerre en Iran, devraient désor­ mais s’atténuer. » EnChine, les statistiques demai confirment une nouvelle fois le contraste entre la vigueur de la demande extérieure et lʹaffaiblissement de la conjoncture domestique, qui touche aussi bien la consommation des ménages que les secteurs de l’immobilier et des infrastructures. Au Japon, la vigueur persistante des exportations liées à l’intelligence arti­ ficielle soutient l’activité, alors que l’impact des prix élevés de l’énergie sur la consommation des ménages reste à évaluer. La finde la guerre en Iran réduit le spectre dudéveloppement d’une spirale inflationniste Bien que les statistiques actuelles d’infla­ tion se détériorent, la fin de la guerre en Iran réduit le spectre du développement d’une spirale inflationniste. Aux ÉtatsUnis, l’inflation est ressortie à 4,2%enmai, contre 3,8%lemois précédent. Enzoneeuro,leseffetsdelabaissedesprixdelʹénergie consécutive à la fin des hostilités en Iran se reflètent déjàdans les statistiquesdeprix.Ainsi, lʹinflationglo­ bale a baissé de 3,2%enmai à 2,8%en juin. Fed inchangée, légère hausse de la BCE À lʹissue de sa première réunion sous la présidence de KevinWarsh, la Réserve fédérale a laissé ses taux directeurs inchangés. Par ailleurs, le nouveau prési­ dent a profondément modifié la communication de lʹinstitutionenréduisantconsidérablementlecontenu prospectif du communiqué de presse, désormais limitéàunconstatfactueldelasituationéconomique, sans indication explicite sur lʹorientation future de la politiquemonétaire. Enzoneeuro,laBanquecentraleeuropéennearelevé son taux de dépôt de 2,00%à 2,25%, conformément aux attentes du marché. « Cette décision ne semble toutefois pasmarquer le début dʹun cycle durable de resserrement monétaire, mais plutôt constituer un ajustement ponctuel destiné à prévenir dʹéventuels effets de second tour liés au choc énergétique provo­ qué par le conflit en Iran », souligne l’économiste luxembourgeois. Lemois de juin a été peumouvementé sur lesmarchés obligataires Lemoisdejuinaétépeumouvementésurlesmarchés obligataires.LafindelaguerreenIranaempêchéune remontée supplémentaire des taux d’intérêt à long terme,sanspourautantdéclencherunedétentesigni­ ficative.Ainsi, le taux souverain à 10 ans a augmenté aux ÉtatsUnis et en France, tandis quʹil a légèrement baissé enAllemagne, en Italie et enEspagne. Lesmarchés actions ont affiché unpremier semestre très favorable Malgré un mois de juin plutôt modeste, les marchés actionsontaffichéunpremiersemestretrèsfavorable, permettant à l’indiceMSCIAll CountryWorld Index Net Total Return exprimé en euros de progresser de 14,3 %. Guy Wagner : « Les gains boursiers les plus spectaculaires ont été enregistrés par les entreprises du secteur des semiconducteurs dont les cours de bourse ont doublé enmoyenne. » Auniveaugéographique,leStoxxEurope600agagné en juin 2,5% (en EUR) et le Topix au Japon 1,0% (en JPY), tandisque leS&P500a reculéde1,1%(enUSD) et leMSCI EmergingMarkets de 1,7% (enUSD). Les performances sectorielles se sont révélées particuliè­ rementhétérogènes,sansquʹunetendanceclairement identifiable ne se dégage. « Les secteurs de la santé, de la finance et de lʹindustrie ont enregistré les meil­ leuresperformances,tandisquelesmatériaux,lʹéner­ gie et les services de communication ont accusé les replis les plusmarqués. » Les disparités entre les différentes régions et les différents secteurs d'activité persistent Par Paulo Salazar, Head of Emerging Markets Equity, Candriam P endant des décennies, les investisseurs ont opposé marchés développés, syno­ nymes de stabilité, et marchés émer­ gents, perçus comme des moteurs de croissance plus risqués. Cette distinction devient aujourd’hui moins évidente. Lafragmentationpolitique,lesten­ sions budgétaires, les préoccupa­ tionsliéesàlasécuritéénergétique et les perturbations des chaînes d’approvisionnement ont mis en évidence des vulnérabilités jusquelà davantage associéesauxéconomiesémergentes.Àl’inverse,plu­ sieursmarchés émergents ont profondément évolué. Taïwan et laCorée du Sud occupent désormais une place centraledans les chaînesd’approvisionnement mondiales des semiconducteurs. L’Inde investit massivement dans les infrastructures, laproduction manufacturière et la numérisation, soutenue par une démographie favorable et une consommation intérieure en hausse. Plus largement, les marchés émergents investissent dans les énergies renouve­ lables, les infrastructures électriques et les secteurs stratégiques, tout encontribuant à la transitionéner­ gétique des économies développées. Les risques propres aux marchés émergents n’ont pas disparu, mais certaines hypothèses qui sous­ tendent l’allocationd’actifsmondialeméritent d’être réexaminées. L’enjeu n’est plus d’acheter un indice, maisd’identifier les segments combinant croissance structurelle, visibilité des bénéfices et discipline de valorisation. Technologie : l’histoireméconnue de l’IA Le thème de l’intelligence artificielle est souvent abordésousunangleaméricain.Pourtant,unegrande partiedesinfrastructuresphysiquesnécessairesàson développement se trouve enAsie émergente. Taïwan et la Corée du Sud ne sont pas de simples exportateursdetechnologie.Ilsoccupentdespositions stratégiques dans l’écosystème mondial des semi­ conducteursenfournissantlespuces,lesmémoireset les composants indispensables à l’IA, au cloud com­ puting et à la fabrication avancée. Àmesure que les investissementsdansl’IAs’accélèrent,nombredeleurs bénéficiairessetrouventdanslesindicesdesmarchés émergents. Les dépenses liées à l’IA profitent aux fabricants de semiconducteurs,auxproducteursdemémoire,aux fournisseurs d’équipements et aux centres de don­ nées, renforçant le rôle des marchés émergents dans l’écosystème numérique. La sécurité énergétique redéfinit les priorités d’investissement La sécurité énergétique est redevenue un thème majeur. Les producteurs de matières premières, comme le Brésil ou le Chili, sont bien placés pour bénéficier des investissements dans le pétrole, le cui­ vre, les infrastructures électriques et les énergies renouvelables. Certaines économies du Moyen­ Orient profitent également de la hausse des recettes énergétiques. Àl’inverse,lespaysimportateursd’énergie,comme l’IndeoulaTurquie,restentdavantageexposés aux hausses des prix du pétrole. L’évolutionlaplusmarquanteconcerne toutefois les investissements. Les gou­ vernements et les entreprises diversi­ fientleurssourcesd’énergie,renforcent les réseaux électriques et accélèrent leurs investissements dans les infra­ structures nationales afin d’améliorer leur résilience énergétique. L’opportunité dépasse désormais les producteurs traditionnels d’énergie. L’Inde accélère le dévelop­ pement de ses capacités solaires et de ses réseaux électriques. La Chine s’est imposée comme un lea­ der mondial des technologies renouvelables, des batteries et des infrastructures électriques, tandis que plusieurs pays du MoyenOrient investissent massivement dans les projets solaires et éoliens. Pour les investisseurs, l’enjeu consiste de plus en plus à identifier les entreprises qui participent à la constructiond’unsystème énergétiqueplus résilient grâce aux énergies renouvelables, aux réseaux élec­ triques, au stockage d’énergie et à l’électrification. Les nouveauxmoteurs de la croissance desmarchés émergents La Chine reste trop importante pour être ignorée, mais elle ne doit plus dominer à elle seule le débat sur les marchés émergents. Si le secteur immobilier demeure fragile et que la consommation se redresse progressivement, le pays poursuit ses investisse­ ments dans les semiconducteurs, l’automatisation, les énergies renouvelables et la fabrication avancée. Audelà de la Chine, deux thèmes structurels se dis­ tinguent. Le premier est la technologie. Taïwan et la Corée du Sud représentent des maillons essentiels de la chaîne mondiale des semiconducteurs et des infrastructures numériques. Le second est la démo­ graphie. L’Inde et plusieurs pays d’Asie du SudEst bénéficient d’une population plus jeune que la plu­ part des économies développées, soutenant la crois­ sancede lapopulationactive, la consommationet les investissements dans les infrastructures. Les opportunités s’étendent également auMexique, qui profite des relocalisations industrielles, auBrésil, exposé aux services financiers, aux matières pre­ mières et aux énergies renouvelables, ainsi qu’à plu­ sieurs pays d’Amérique latine et de la région EMEA où l’inclusion financière et les infrastructures offrent unpotentieldecroissance.Cettediversificationréduit la dépendance des investisseurs à un seul pays, à un seul secteur ouau seul cycle technologiquemondial. Les fondamentaux s’améliorent alors que les valori­ sations restent inférieures à celles des marchés dé­ veloppés. Les actions émergentes continuent de se négocier avec une décote après plusieurs années de forte concentration des portefeuilles sur les actions américaines. Même des réallocations modestes pourraient générer des flux significatifs vers cette classe d’actifs. La sélectivité reste essentielle Les marchés émergents sont aujourd’hui plus diver­ sifiés, davantage orientés vers la technologie et plus étroitementliésauxgrandesévolutionsducommerce mondial, de la finance et de la sécurité énergétique. Dans un environnement marqué par les incertitudes géopolitiques,lacombinaisond’unecroissancestruc­ turelle,devalorisationsraisonnablesetd’unposition­ nement encore limité plaide pour une réallocation sélective vers lesmarchés émergents. Les marchés émergents, nouveaux piliers de la résilience © 2026 Deloitte Audit & Assurance, SARL DOWNLOAD IT HERE Compare. Understand. Report with FRQȴGHQFH Discover the key GL΍HUHQFHV EHWZHHQ IFRS, US GAAP, and Luxembourg GAAP for investment funds in one practical guide.

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