Agefi Luxembourg - juillet août 2026
Juillet / Août 2026 17 AGEFI Luxembourg Banques & Assurances D epuis des années, les banques européennes assainissent leurs bilans, renforcent leurs réserves de fonds propres et réduisent leurs coûts. Pourtant, lemarché ne semble tou jours pas apprécier à sa juste valeur cette amélioration structurelle. Les gestionnaires de portefeuille Julian McManus et Chris OʹMalley, de Janus Henderson,affirmentquelaforteprogres sion des cours des banques européennes ces dernières années ne résulte pas uni quement dʹun rebond après des valorisa tions faibles. Selon eux, elle reflète égale ment une nette amélioration des fonda mentaux, une évolution que les investis seurs continuent de sousestimer. Sortir dʹune période de réduction de la dette qui a duré quinze ans après la crise financière Les banques européennes se sont effor cées,pendantplusdedixans,derenforcer levolumeetlaqualitédeleursréservesde fonds propres. Cʹest ce qui ressort de la hausse constante des niveaux de fonds propres de base de catégorie 1 (CET1) et des ratios de fonds propres. Ces réserves plus solides ont permis aux banques de mieux résister aux chocs externes. Mais cela a euun revers. Lʹaccent mis sur la constitution de fonds propres a limité lʹoctroi de crédits, cequi a entraîné des années de croissance faible – voirenégative–ducrédit.Étantdonnéque les banques européennes fournissent la majeurepartiedufinancementauxentre prises, cela a également pesé sur la crois sance économique de la région. Ces derniers temps, on entendde plus en plus souvent la question de savoir si le pendule nʹest pas allé trop loindu côté de la réglementation. Il nʹest pour lʹinstant guère question dʹune véritable dérégle mentation,maisonévoquebel et biendes propositions visant à libérer des capitaux, à soutenir lʹoctroi de crédits et à rendre les banques européennes plus compétitives. Parallèlement,lesannéesdetauxdʹintérêt négatifs ont contraint les banques à gérer plus rigoureusement les risques et les coûts. Cela a considérablement amélioré leur efficacité opérationnelle. Les porte feuillesde crédit sont également devenus moins risqués. Selon des données récentes de la BCE, la part des prêts non performants au sein des établissements importants est tombée à environ 2 %, contre plus de 7% il y a dix ans. Résultat:lesbanqueseuropéennessortent dʹune longue période de désendettement entantquʹétablissementsplussainsetplus rentables, avec des taux dʹintérêt plus éle vés qui viennent renforcer leur position. Un environnement opérationnel plus favorable La rentabilité des banques européennes atteint désormais son plus haut niveau depuis la crise financière mondiale, mesurée en termes de rendement des capitaux propres. Après avoir touché le fond à la suite de la pandémie, période durant laquelle le rendement des capi taux propres était tombé à environ 5%à 6 %, les banques européennes ont com blé leur retardpar rapport à leurs homo logues américaines. Les valorisations indiquent quʹil existe unpotentiel de réévaluation supplémentaire Malgré lʹamélioration de leurs fonda mentaux, les actions bancaires euro péennes continuent de sʹéchanger avec une décote significative par rapport aux banques américaines et à lʹensemble du marché boursier européen. Si les valori sations se sont certes redressées après avoir atteint des niveaux profondément négatifs,ellesnesontrevenuesquʹrécem ment à leur moyenne à long terme. Aumoment où nous écrivons ces lignes, lʹindiceSTOXXEurope600Banks affiche un ratio cours/bénéfice prévisionnel de 10,1. Ce chiffre nʹest que légèrement su périeur à lamoyenne à long terme de 9,5 et reste inférieur aux sommets atteints dans les années 2010, alors que le secteur était enréalitéplus fragile sur leplan fon damental.Àtitredecomparaison,lʹindice KBW Bank, qui mesure la performance desactionsbancairesaméricaines,affiche un ratio cours/bénéfice prévisionnel de 12,8. Lʹindice STOXX Europe 600, plus large, sʹétablit à 15,0. Les banques européennes restituent par ailleursàunrythmesoutenudescapitaux à leurs actionnaires par le biais de divi dendes et de rachats dʹactions. Le rende ment en dividendes de lʹindice STOXX Europe600Banksestsupérieurà5%,soit plusdudoublede celui des indicesde ré férence américains comparables. SelonJanusHenderson,celaindiquequʹil existe une marge pour une nouvelle réévaluation des actions bancaires euro péennes.Une certainedécotepar rapport aux banques américaines est justifiable, mais lʹécart de valorisation persistant et généralisé semble également refléter un «biaisdʹancrage»:lesinvestisseursconti nuent dʹévaluer le secteur sur la base de ses sousperformances passées. Évolutions structurelles à long terme et conséquences possibles Outre lʹamélioration de la dynamique des bénéfices et des valorisations qui res tent attractives, des tendances structu relles pourraient continuer à soutenir le secteur. LʹEuropemet davantage lʹaccent sur la croissance intérieure, la compéti tivité et la résilience des chaînes dʹap provisionnement. Les banques peuvent jouer un rôle important dans le finance ment de lʹéconomie réelle, ce qui pour rait soutenir la croissance du crédit. Par ailleurs, les banques peuvent tirer profit des gains dʹefficacité générés par lʹintelligence artificielle (IA). LʹEurope est souvent négligée dans le domaine de lʹIA, mais les banques sont justement bien placées pour tirer parti de lʹauto matisation et de lʹaméliorationde la pro ductivité. Cela peut se traduire par une baisse structurelle des coûts. La consolidation peut également jouer un rôle. Historiquement, les fusions se sont principalement déroulées à lʹinté rieur des frontières nationales, mais on observe les premiers signes dʹun intérêt accru pour les acquisitions transfronta lières. Si les barrières réglementaires sʹat ténuent, cela pourrait réduire la frag mentation et accroître la taille, lʹefficacité et la compétitivité. Naviguer dans un contexte macroéconomique incertain Le contexte macroéconomique reste incertain. Les tensions géopolitiques renforcent les appels à une augmenta tion des dépenses européennes en matière de défense, ce qui pourrait sou tenir la croissance du crédit. Dans le même temps, le conflit avec lʹIran et le choc énergétique jettent une ombre sur la région. Pour les pays qui, dans lʹen semble, dépendent des importations dʹénergie, la hausse de lʹinflation et une éventuelle baisse de la demande consti tuent un risque évident. Pour lʹinstant, la combinaison de taux dʹintérêt légèrement plus élevés et dʹune croissance toujours résiliente, bien que moins forte, sʹinscrit dans un contexte où les banques prospèrent généralement bien. Mais la sélectivité reste cruciale. Une nouvelle réévaluation semble pro bable, mais elle ne sera pas uniforme pour lʹensemble du secteur. Une analyse fondamentale approfondie et une sélection de titres « bottomup » restent nécessaires pour identifier les banques disposant de solides positions en capital, de sources de revenus diver sifiées et dʹune exposition à desmarchés attractifs à long terme. Les banques européennes, plus solides que perçu par les investisseurs Source:Bloomberg,donnéesdu1 er janvier2024au12 juin2026.Lesperformancespasséesnepréjugentpasdesrésultats futurs Solide performance en 2024 et 2025 grâce à des révisions à la hausse significatives des bénéfices et à une expansion des multiples Luxembourg expertise. Global reach. Baker McKenzie Luxembourg combines deep local market knowledge with the strength of one of the world’s leading international law firms. From complex cross-border transactions and fund structuring to tax, finance, employment and dispute resolution matters, we help clients navigate legal and business challenges with confidence. 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