Agefi Luxembourg - septembre 2026
Septembre 2026 13 AGEFI Luxembourg Économie & Banques L aCommission européenne a pré senté, aumois de juillet, une nou velle feuille de route destinée à renforcer la compétitivité du secteur bancaire européen et àmieux accompa gner le financement de l’économie. Cette communication, adoptée dans le cadre de l’unionde l’épargne et de l’investissement, propose plu sieursmesures visant à créer un marché bancaire plus intégré, plus efficace et plus compétitif. L’objectif affiché est de permettre aux banqueseuropéennesdedisposerd’une taille et d’une capacité d’action suffi santes pour soutenir les investissements stratégiques de l’Union européenne, notamment dans l’innovation, la transition énergé tiqueetladéfense,toutenmaintenantunhautniveau de stabilité financière. «Fairecirculerlescapitaux,c’estainsiquenousferons croître l’Europe. Notre union de l’épargne et de l’in vestissement a besoin d’un secteur bancaire fort et compétitif », a déclaré Ursula von der Leyen, prési dente de laCommission européenne. Trois défismajeurs identifiés Après une consultation des États membres, des acteurs du secteur et des autorités de surveillance, la Commission européenne a identifié trois principaux obstacles qui limitent aujourd’hui la capacité des banqueseuropéennesàsoutenirpleinementl’écono mie. Le premier concerne la fragmentation persis tante du marché bancaire européen. Selon la Commission, les différences nationales empêchent les établissements de se développer suffisamment à l’échelleeuropéenneetderivaliseravecleursconcur rents internationaux. Le deuxième défi porte sur l’application des normes internationales de Bâle III. Bruxelles estime que leur transpositiondanslecadreeuropéennetientpastou jourssuffisammentcomptedesspécificitésdusecteur bancaire de l’Union, notamment la diversité des modèles économiques et la taille des établissements. Enfin, laCommissionpointe la complexité excessive du cadre réglementaire bancaire européen. Les règles prudentielles, les exigences de reporting et l’articulation entre les différents mécanismes de supervisiondevraientêtresimplifiéesafinderéduire les charges administratives. Favoriser les activités bancaires transfrontalières Parmilesmesuresproposéesfigureunemeilleurecir culation des capitaux au sein des groupes bancaires européens opérant dans plusieurs pays. La Commission souhaite permettre une utilisation plus efficacedesfondspropresetdesliquiditésafind’amé liorerl’efficacitédesétablissementstoutenpréservant la stabilité financière. Bruxelles prévoit également de renforcerlesmécanismescommunsdeprotectiondes dépôts dans le cadre de l’union bancaire. L’objectif est de mettre en place un système plussimpleetplusefficace,capabled’accroî tre la confiance entre les acteurs financiers et les autorités nationales. LaCommissionsouhaiteaussiaméliorer lesuividelamiseenœuvredesrègles européennes en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et de protection des consommateurs, afin de faciliter l’offre de services bancaires transfrontaliers. Des règles plus adaptées aux réalités européennes LaCommission confirme son enga gement à appliquer les standards internationaux, tout en plaidant pour une meilleure prise en compte des spécificités euro péennes. Elle envisage notamment de revoir certains aspects de la mise en œuvre des normes internatio nales qui pourraient limiter la capacité de prêt des banques européennes. Des ajustements pourraient également concerner les règles prudentielles et de gouvernance afindemieux tenir compte de la diversité des établissements, de leursmodèles économiques et de leurs activités. Une simplificationdu cadre réglementaire La troisième priorité concerne la réduction de la complexité réglementaire. LaCommissionpropose notamment de simplifier certaines exigences rela tives aux fonds propres et d’harmoniser davantage les coussins macroprudentiels applicables aux banques. Elle souhaite également rationaliser les procédures liées aux fonds propres de résolution et revoir certains critères applicables aux établisse ments de petite taille et non complexes afin d’adap ter leurs obligations réglementaires. Vers de nouvelles propositions en 2027 La Commission européenne poursuivra les consul tations avec les parties prenantes dans les prochains mois. Elle prévoit de présenter au premier trimestre 2027 un ensemble de mesures législatives visant à adapter le cadre réglementaire bancaire européen et à mettre en œuvre cette nouvelle stratégie. Cette ini tiative s’inscrit dans la stratégie plus large de l’union de l’épargne et de l’investissement, qui vise à mieux orienter l’épargne européenne vers des investisse ments productifs et à renforcer la compétitivité éco nomique du continent. Pour Maria Luís Albuquerque (portrait), commis saire européenne aux services financiers et à l’union de l’épargne et de l’investissement, « les banques de l’UEontbesoindeconditionsadéquatespoursedéve lopper, se consolider et être compétitives à l’échelle mondiale », ce qui passe notamment par la suppres siondesobstaclesauseindumarchéuniquebancaire et l’achèvement de l’unionbancaire. La Commission estime également que le renforce mentdumarchéuniquedoitpermettreauxétablisse ments européens de mieux répartir leurs ressources et de soutenir davantage les entreprises et les ménages. Une plus grande intégration pourrait ainsi faciliter le financement des investissements dans les secteurs stratégiques et renforcer la capacité du sys tème bancaire européen à absorber les chocs écono miques. Bruxelles entend parallèlement préserver la stabilité financière et éviter que les efforts de simplifi cation ne conduisent à un affaiblissement des exi gencesprudentielles.Laréformerechercheradoncun équilibre entre compétitivité, intégration du marché et solidité du secteur bancaire. Source : Commission européenne La Commission veut renforcer les banques européennes Par Pierre PINCEMAILLE, Secrétaire général de la GestionDNCA Investments C ertains commentateurs nʹont pas hésité à qualifier la saison de ré sultats qui sʹachève dʹexigeante. Et pour cause : avec respectivement 12% et 22%de croissance anticipée des bénéfices par action (BPA) en Europe et aux ÉtatsUnis, les at tentes étaient particulièrement élevées ! Etlessociétésnʹontpasmanquéceren dezvous avec des taux de surprises positives supérieurs à lamoyenne his torique, malgré la barre fixée par les investisseurs. Mais ce déferlement de crois sance bénéficiaire sʹest soldé par des comportements boursiersmitigés,quipeuventsʹexpliquerparlesagis sements des stratégies systématiques (CTA (1) ), des fonds en difficulté (notamment Situational Awareness)etautresETFàlevier.Entreprofitsetposi tionnement, les marchés boursiers balancent et un point de rentrée semble nécessaire. Malgré le niveaudes prévisions, quasiment 90%des sociétés américainesont publiéaudelàduconsensus sur le trimestre, permettant à lʹindice S&P500depré senter une croissancemoyennedesBPAde +33%(vs T22025),quiredescendà+28%silʹonexclutlesecteur pétrolier. Avec celuici, la technologie est lʹautre gros contributeur à laprogressiondesbénéficesmais onconstate surtout unélargissement de labase avec sept des dix macrosecteurs bénéficiant dʹune croissance à deux chiffres. LʹEurope, pour une fois, tient son rang avec +22%de croissancedesBPA(12%exénergie), grâceà65%desurprisespositives.Comme aux ÉtatsUnis, le socle de croissance sʹélargit avec là aussi sept secteurs présentant des hausses de BPA à deux chiffres sur le trimestre. Autre preuve de la bonne forme des entreprises de la zone : la croissance médiane converge des deux côtés de lʹAtlantique (+13%vs +12%). Audelàdespétrolières,lʹautregros contributeur aux bénéfices européens restelesecteurbancairedontplusde80%dessociétés ont publié positivement. La croissance soutenue des prêts, la hausse des revenus nets dʹintérêts et le contrôledes coûts expliquent cette situation. Ce serial outperformer, fautil le rappeler, se comporte bien mieux enbourse que lesMag7depuis 2022 et les ten sions récentes sur les parties longues des courbes de taux jouent encore en faveur des bancaires. Le secteur technologique est encore une fois un grand pourvoyeur de surprises positives pour les deux zones, et notamment auxÉtatsUnis où le taux dépasse les 90%, aidé en cela par la réévaluation de participations dans des sociétés non cotées. Mais lʹhistoireestailleursenraisondʹuneénièmeaugmen tation des dépenses dʹinvestissement de la part des hyperscalers (2) (790milliards de dollars cette année), qui a fait passer la génération de trésorerie libre de Google dans le rouge sur le trimestre pour la pre mière fois depuis son introduction en bourse (5,9 milliards de dollars). Plus généralement, le consensus anticipe un point basdufreecashflowdecepetitgroupedʹentreprises en 2027 et lʹalourdissement de leurs bilans a pour conséquenceun écartement des spreads de crédit de ses émetteurs. Les investisseurs, conscients de cette situation, nʹont récompensé boursièrement que les acteurs capables de présenter des preuves tangibles dʹaccélération des revenus de lʹactivité cloud (Microsoft etAmazon). Au regard des enjeux associés à lʹIA, cʹest sans sur prisequʹunemajoritédes entreprisesduS&P500ont mentionné ce thème lors de la présentation de leurs résultats (65%).Mais il faut souligner que seulement 2%dʹentreellesontquantifiésonimpactsurlesbéné fices, via unemeilleure productivité. Côté européen, cʹest la robustesse de la demande qui est le thème principal des conference calls, de concert avec lʹaméliorationdesmarges. Ces facteurs ont amené de nombreuses sociétés à revoir leurs perspectives de croissance à la hausse, à un rythme inédit depuis 2022 enEurope et 2021 auxÉtatsUnis. Cesmeilleuresperspectivesmicroéconomiques inci tent naturellement les analystes financiers à revoir leurs prévisions de croissance des bénéfices à la haussepour les grands indices, qui sʹétablissent dés ormais à +19 % et +33 % respectivement pour lʹEurope et les ÉtatsUnis. Comme cʹest le cas depuis plusieurs années, la tech nologieausenslarge(informationtechnology&com munication services), représente une part prépondé rantedelacroissancedesBPAauxÉtatsUnis(environ 2/3!)etexpliquelargementledifférentielaveclʹEurope dont la répartition sectorielle est plus diversifiée. Malgré un taux de surprises positives rarement atteint auxÉtatsUnis, la réactionboursièredes titres ayant battu les attentes a été nettement plusmitigée que la médiane historique lors de la journée de publication. Ce constat est àmettre en rapport avec la sousperformancedustyleMomentumauniveau global cet été. Le débouclement des positions les plus spéculatives est une explication plausible du comportement de type travel&arrive, cequi permet au S&P equal weight de devancer le S&P 500 (3) de 350bp cette année. Ce début de normalisation devrait permettre aux investisseurs de se détourner des aspects techniques pour se focaliser sur les fondamentaux que sont les trajectoires bénéficiaires et lagénérationde trésorerie. Cellescidevraientêtreànouveaudesélémentsdéter minantspourcontrerlʹeffetdelahaussedestauxréels surlesmultiplesdevalorisationdesmarchésactions... 1) CTA: commodity trading advisor 2) Hyperscalers: Alphabet, Amazon, Google, Meta etMicrosoft 3) Pondéré par les capitalisations Saison de résultats : entre positionnement et profits
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