Agefi Luxembourg - avril 2026

Avril 2026 13 AGEFI Luxembourg Économie & Tax Let us help you steer through the legal landscape for smarter outcomes and a sharper perspective. Naturally different. li kl t l 30 Offices 2 900 Lawyers OTO /FORMERSTEEL-INDUSTRYSITE /ESCH-BELVAL n a ers. u PH D ans le cadre de ses dépla- cements à l'étranger orga- nisés à la suite de son avènement au trône, S.A.R. le Grand-Duc a effectué une visite à Bruxelles, les 24 et 25mars 2026, accompagné duVice-Premier mi- nistre, ministre desAffaires étran- gères et du Commerce extérieur, Xavier Bettel. Rencontres avec les institutions européennes Le mardi 24 mars, le chef de l'État et le ministre Xavier Bettel ont été reçus par la présidente du Parlement européen, RobertaMetsola,ainsiqueparleprésident duConseil européen,AntónioCosta. Lesentretiensontportésurlesprincipaux enjeux de l'actualité européenne et inter- nationale, dans un contexte marqué par des défis géopolitiques, économiques et sécuritaires majeurs. Au cours de la jour- née, S.A.R. le Grand-Duc et Xavier Bettel se sont également rendus à la représenta- tion permanente du Luxembourg auprès de l'Union européenne, où ils ont rencon- tré les agents diplomatiques et les Luxembourgeois travaillant au sein des institutions européennes. Dans son allocution, S.A.R. leGrand-Duc a mis en exergue le rôle fondamental de l'Union européenne en tant que commu- nautédevaleursetdesolidarité,rappelant que«l'Europeconstitueuncadreessentiel pour la prospérité et la stabilité du Luxembourg ». Il a également salué l'en- gagement quotidien des agents luxem- bourgeoisaucœurduprocessusdécision- nel européen, mettant en lumière leur contribution auprojet européen et au ser- vice dupays. S.A.R. le Grand-Duc a par ailleurs insisté sur la nécessité de préserver les principes fondateurs de l'Union européenne face auxtensionsactuelles,rappelantqueceux- ci constituent « un véritable compas per- mettant de naviguer dans un environne- ment international incertain ». Entretien au siège de l'OTAN Le mercredi 25 mars, la visite s'est pour- suivie au siègede l'Organisationdu traité de l'Atlantique Nord (OTAN), où S.A.R. le Grand-Duc et le ministre Xavier Bettel ont été reçus par le secrétaire général, Mark Rutte. Les échanges ont porté sur les enjeux actuels de la sécurité interna- tionale, notamment dans le contexte de l'évolution de l'environnement straté- gique global et des défis pesant sur la sécurité euro-atlantique. Enmarge de cette visite, S.A.R. le Grand- Duc et le ministre ont rencontré des res- sortissants luxembourgeois engagés au sein de l'OTAN, saluant leur contribution au renforcement de la sécurité collective. ministèredesAffairesétrangèreseteuropéennes,de la Défense,de laCoopérationetduCommerceextérieur S.A.R. le Grand-Duc et Xavier Bettel en visite auprès des institutions européennes et de l'OTAN Sécurité et coopération au cœur des échanges luxembourgeois ©MAE Par Hélène BAUDCHON, Cheffe économiste adjointe —Responsable de la Recherche Ma- croéconomique, BNP Paribas L a semaine du 16 au 20mars a été particulièrement chargée sur le front de la politiquemonétaire. Pasmoins de 21 banques centrales se sont réunies dans un contextemar- qué par un facteur exogène com- mun : le conflit auMoyen-Orient déclenché fin février 2026. Avant le début de ce conflit, entre 12 et 15 de ces institutions étaient enga- gées dans un cycle d’assouplisse- ment ou s’apprêtaient à baisser leurs taux. Au final, seize banques cen- trales ont maintenu le statu quo, deux ont relevé leurs taux et trois les ont abaissés. Nous proposons un aperçu du contexte et des débats autour de plusieurs questions : quel impact la guerre auMoyen-Orient a-t-elle eu sur ces décisions ? Dans quelle mesure les banques cen- trales sont-elles préoccupées par les évolutions ac- tuelles et le risquede stagflation ? Sont-elles prêtes à changer de cap, et dans quelle direction ? Sans surprise, une approche prudente et attentiste a largement prévalu, lagrandemajoritédes banques centrales s’en tenant aux décisions anticipées. Tou- tefois, si le statu quo a été confirmé dans la plupart des cas, il s’est accompagné d’un changement nota- ble de ton, marqué au minimum par une vigilance accrue face au retour du risque inflationniste et, pour environ lamoitié des institutions, par un biais « restrictif », c’est-à-direunedispositionà relever les taux si nécessaire pour contenir ce risque. Rappelons que, aumoment de la rédaction, les ré- percussions du conflit au Moyen-Orient conti- nuent de s’intensifier et que de nombreuses incertitudes subsistent quant à son évolu- tion, sa durée et son ampleur. Une consé- quence claire est le retour soudain du risque de stagflation, caractérisé par une croissance plus faible et une inflation plus élevée, en rupture avec le scénario de ré- férence précédent. L’ampleur de ce choc reste incer- taine, mais la probabilité d’un scé- nario nettement défavorable aug- mente. Cettevulnérabilité s’ajoute aux multiples chocs qui ont affecté l’économie mondiale depuis la pandémie de COVID-19, même si elle intervient dans un environ- nement macroéconomique globalement solide. Une prudence initiale largement partagée Dans ce contexte incertain, une réaction immédiate des banques centrales n’était ni attendue ni justifiée, quecesoitsousformedebaissedestauxpoursoutenir la croissance oudehaussepour contrer l’inflation. La prudenceetl’observationontdoncdominé,laplupart desinstitutionsnes’écartantpasdeleurtrajectoirepré- vue, avec seulement quelques ajustements margi- naux. Ainsi, la banque centrale du Brésil a procédé à unebaissede25pointsdebase,contre50initialement envisagés. Le principe d’un assouplissement n’a pas été remis en cause,mais son ampleur a été réduite. Une logique similaire peut être observée en Islande, oùunehaussede25pointsdebaseaétédécidée:sans leconflit,ellen’auraitprobablementpaseulieu.Avant celui-ci, les signaux contradictoires entre croissance faible et inflation en hausse plaidaient pour un statu quo ; lamontée des pressions inflationnistes a finale- ment fait pencher labalanceversun resserrement. Le cas le plus marquant reste celui de la Banque d’An- gleterre. Une baisse des taux n’était pas acquise, mais elle était envisagée quelques jours avant la réunion. Face aux événements récents, cette anticipation a été abandonnéeauprofitd’unmaintiendestaux.Cestatu quoaétéparticulièrementnet,lesneufmembresayant voté à l’unanimité pour la première fois depuis sep- tembre 2021, renforçant le signal de fermeté. EnAustralie, la hausse de 25 points de base s’inscrit dansunedynamiqueamorcéeen février, liéeàunre- gain d’inflation antérieur au choc énergétique actuel. Cette décision avait déjà attiré l’attention en tant que premièrehausseparmilesgrandesbanquescentrales des pays développés. Deleurcôté,laBanqueduCanada,laRéservefédérale américaine, la Banque du Japon, la banque centrale suédoise,laBanquenationalesuisse,laBanqued’An- gleterre, la Banque centrale européenne et de nom- breuses institutions des économies émergentes ont maintenu leurs taux, conformément aux attentes. PourlaRéservefédérale,ils’agittoutefoisd’unepause contrainte.Mais la nature de ce statu quo a évolué : il s’accompagne désormais d’une vigilance accrue face au retour de l’inflation et, pour environ lamoitié des banquescentrales,d’unbiaisrestrictif.LaBanquecen- trale européenne fait partie de ce groupe. Vers des trajectoires divergentes ? Lasuiteresteincertaine,maislespolitiquesmonétaires pourraientdésormaisdivergerdavantage.Bienquele choc soit global, son impact varie selon le degré d’ex- positiondespays.Deplus,lessituationsdedépartdif- fèrent:lesbanquescentralesdepaysàfaibleinflation, commelaSuisseoulaSuède,fontfaceàundéfimoins complexequecellesdepaysoùl’inflationestdéjàéle- véeetpersistante,commelesÉtats-Unis.Lesperspec- tives de croissance jouent également un rôle, les États-Unisétantdansunepositionplusfavorableque la zone euro. Les décisions dépendront aussi des po- litiques budgétaires. Un soutien public pourrait atté- nuer l’impact négatif sur la demande, mais compli- querlatâchedesbanquescentralesenlimitantladés- inflation. À l’inverse, desmesures ciblées sur les prix de l’énergie pourraient réduire l’inflation observée et limiter les effets secondaires. Dans tous les cas, les banques centrales sont confron- tées à un dilemme classique : face à un choc d’offre négatif qui augmente l’inflation tout en freinant la croissance,faut-ilreleverlestauxaurisqued’accentuer le ralentissement, ou les baisser au risque d’alimenter l’inflation ? La réponse dépendra de l’intensité des risques et de leur ordre d’apparition. La théorie économique suggère qu’en cas de choc énergétiquedansune économie à l’équilibre, lameil- leure réponse est de ne rien faire. Les banques cen- trales ne peuvent en effet agir que sur les consé- quences, non sur les causes. Si ces conséquences res- tent limitées, elles peuvent être ignorées temporai- rement. Toutefois, comme l’a souligné Jerome Powell, cette approche théorique n’est pas toujours adaptée en pratique. Aujourd’hui, si l’ampleur du choc reste difficile à évaluer, le retour du risque inflationniste ne fait guère de doute. Les prévisions des banques centrales en témoignent : les anticipa- tions d’inflation ont été davantage relevées que celles de croissance n’ont été revues à la baisse. Dans ce contexte, la trajectoire de l’inflation apparaît plus préoccupante que celle de la croissance, ce qui pourrait conduire à des hausses de taux. C’est désor- maislescénarioenvisagépourlaBanquecentraleeu- ropéenne,avectroisrelèvementsde25pointsdebase enjuin,juilletetseptembre.PourlaBanqueduJapon, une hausse supplémentaire de 25 points de base en avrilresteattendue.AuRoyaume-Uni,unehaussedès avriln’estpasexclue,maisdépendradeladuréeetde l’intensité du choc énergétique. Si le choc stagflation- nistes’avèrelimité,lestatuquo–biendifférentdecelui envisagé auparavant – pourrait être prolongé afinde naviguerentrelesdeuxrisques.C’est,àcestade,lescé- nario retenupour laRéserve fédérale américaine. 16 banques centrales sur 21 maintiennent le statu quo : et demain ?

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