Agefi Luxembourg - avril 2026

Avril 2026 11 AGEFI Luxembourg Économie & Tax EcofinClubLuxembourgfêteraenmai 2026ses10ansd'existence ! L'occasiondeseretrouver tousensemblepour unbeaumoment de convivialité et de networking. Chouette soirée enperspective avec de belles surprises . Mardi 19 mai de 19h à 22h 1 er barbecue Ecofin club Luxembourg à l’Hôtel Parc Belair - Goeres Hotels Luxembourg Ensemble fêtons les 10 ans d'EcofinClubLuxembourg Paf membres : 85€ ttc pp (Vos amis, collègues et conjoint sont les bienvenus.) Paf nonmembres : 95€ ttc pp en découverte de nos activités. Logement possible sur place. Tarifs préférentiels avec petits-déjeuners À verser sur le compte bancaire : BIC - GEBABEBB - IBANBE73 0015 4949 3760 – Réf. 19/5 Lieu : 111, Avenue du X Septembre - L-2551 Luxembourg - Parking dans l'hôtel en fonction des disponibilités Info club & devenir membre : www.ecofinclub.lu - didier.roelands@ecofinclub.lu L a progression du PIB a calé sur le dernier trimestre de 2025. L’année se solde par une croissance de 0,6 %, certes un peumeilleure que sur les années précédentes, mais encore faible au regard des performances du passé. La dégradation du contexte international et la crainte d’un nouveau choc inflationniste vien- nent par ailleurs assombrir les perspectives pour 2026. Après quatre trimestres consécutifs de progression, le PIB en volume du Luxembourg a marqué une pause, enre- gistrant une légère baisse (-0,1 % sur un trimestre) sur ledernier trimestrede 2025. Cette quasi-stagnation de l’activité sur la fin de l’année passée résulte de mouve- ments contrastés dans les différentes branches. Les contributions les plus posi- tives proviennent des activités à domi- nante non marchande (administration publique,éducationetsanté)etdel’indus- trie ainsi que – dans unemoindremesure – des services aux entreprises et location. Al’inverse, laplupart des autresbranches marchandes ont vu leur valeur ajoutée se replier au 4 e trimestre, les impacts les plus négatifssurlerésultatd’ensemblerelevant desservicesd’informationetcommunica- tion, du commerce, des transports et des activités financières. Pour ces dernières, il faut noter que le recul enregistré au4e tri- mestre(-0,3%)intervientaprèsuntrèsnet rebond au 3 e trimestre (+2,7%). Commeau3 e trimestre2025,lesdépenses de consommation (privée et publique) ont continué à croître à un rythme relati- vement dynamique. La consommation des ménages sur la fin de 2025 a notam- mentétéstimuléeparlesdépensesenser- vices de santé, de télécommunications et de restauration (les achats de véhicules personnels se sont par contre repliés, reflétant la baisse des immatriculations enregistrée au 4 e trimestre). Les dépenses d’investissement ont reculé de 11,5%sur un trimestre, en contrecoup d’une hausse particulièrement marquée au 3 e trimestre qui résultait surtout d’ac- quisitions de satellites (ceci se reflète en contrepartie au niveau des importations de biens qui avaient été stimulées par ce phénomène au 3 e trimestre et qui se replient au 4 e ). Le total des exportations a diminué d’environ 1 % sur un trimestre, surtout à cause des exportations de ser- vices non financiers (celles de services financiers ont en revanche augmenté, pour le deuxième trimestre consécutif). Ce résultat duPIBpour le dernier trimes- tre 2025, associé à ceuxdes trimestrespré- cédents, indique finalement une progres- sion de 0,6 % sur l’ensemble de l’année, qui ne constitue encore qu’une première estimation. Cette hausse marque une légère accélération par rapport à celles enregistrées sur les années précédentes (+0,1%en 2023, +0,4%en 2024), mais elle demeure néanmoins très faible par rap- port aux résultats historiques (+2,5 % par an en moyenne au cours de la décennie 2010-2019).Dans sesdernièresprévisions, le STATEC tablait sur une progressiondu PIB en volume de 1,0 % en 2025, légère- mentsupérieureàcellequiressortdecette première estimation. L’année 2026 sous lamenace d’unnouveau choc inflationniste Quant à la prévision pour 2026, une hausse de 1,7%, elle est susceptible d’être révisée vers le bas vu la dégradation du contexteinternational.Lamontéedesten- sions géopolitiques entre d’un côté l’Iran et de l’autre les États-Unis et Israël ont débouché sur une guerre, entamée le 28 février dernier et dont la fin demeure imprévisible à ce stade. Ce que l’on sait déjà en revanche, c’est qu’elle a provoqué une envolée des prix dupétrole et du gaz sur les marchés internationaux, notam- ment à cause du blocage du détroit d’Ormuz par lequel transitent une part significative de ces sources d’énergie. Le prix du baril de Brent s’est installé au- dessus de la barre des 100 USDdepuis la mi-mars, un niveau qui n’avait plus été atteint depuis 2022 lorsque la Russie est entrée en guerre contre l’Ukraine. La crainted’unchocdurablesurlesprixéner- gétiques entraîne naturellement celle d’uneinflationbienplusélevéequeprévu – les prix des carburants à la pompe ont déjàlargementaccusélecoup–etdepers- pectives d’activité dégradées. Surprise à la hausse pour le commercemondial en 2025 L’année 2025 a été marquée par une incertitude géopolitique grandissante couplée àunepolitiquedouanière agres- sive des États-Unis, qui laissait craindre un ralentissement du commerce mon- dial. Les données observées sur les volumes des échanges mondiaux de biens prouvent toutefois le contraire, atteignant un niveau record et progres- sant de 4,4 % sur un an en 2025 (après +2,5 % en 2024). Ce dynamisme résulte surtout de la forte croissance du com- merce de biens manufacturés, notam- ment électroniques en lien avec le déve- loppement de l’intelligence artificielle. Le commerce de biens électroniques s’est ainsiaccrude14%en2025,avecunecrois- sance notable pour les semi-conducteurs (+10%).D’unpointdevuegéographique, cedynamisme s’expliqueprincipalement par les économiesd’Asiede l’Est – en lien avec la stratégie de contournement des droits de douane américains mise en place par la Chine – mais aussi par le continent africain, avec notamment un développement robuste du commerce Sud-Sud (+8 % sur les 9 premiers mois de l’année 2025). Les exportations en volume de la zone euro ont au contraire diminué pour la troisième année consécutive (-0,4 % en 2025), alors que les importations ont remonté (+1,3%). Remontée des émissions nettes dans les fonds Les actifs des organismes de placement collectifduLuxembourgontprogresséde 6,5 % sur an en 2025. Contrairement aux deux années précédentes, cette hausse provient principalement d’une remontée des émissions nettes dans les fonds obli- gataires et monétaires, soutenus par les baissesdetauxd’intérêt,etdansunemoin- dre mesure dans les fonds actions portés par les performances des marchés bour- siers. L’Irlande est le pays européen enre- gistrant la plus forte progression d’émis- sions nettes en2025 (436Mia €, contre 244 Mia € au Luxembourg), la moitié portant sur des fonds indiciels (ETFs). En conséquence, la part de marché de l’Irlande a progressé de 0,5 point de %, atteignant 22%des actifs européens sous gestion, contre 25%auLuxembourg (-0,3 point de %). L’Allemagne, le Royaume- Uni et les Pays-Bas voient aussi leur part de marché s’affaiblir. La montée des ten- sions géopolitiques au début de 2026 a déstabiliséetfaitchuterlesmarchésfinan- ciers en mars. Cela devrait peser sur les valorisations et les émissions nettes dans les fonds à la findu 1 er trimestre. Les résultats des banques amoindris par la baisse desmarges d’intérêt En 2025, le résultat net des banques au Luxembourg a reculé de 5,4 % (-3,6 % horsprovisionsetimpôts),enraisonprin- cipalement de la baisse des marges d’in- térêt. Avec la réduction des taux opérée depuis la mi-2024, la marge d’intérêt des banques adiminuéde 3%sur unan (elle demeure néanmoins deux fois plus éle- vée qu’en 2021, avant le cycle de hausse des taux, demêmepour le tauxdemarge quiestpasséde0,15%à0,30%).Lesreve- nus nets sur commissions ont enregistré une progression modeste (+2,2 % sur un an au 1 er semestre), la hausse concernant surtout les banques dépositaires pour les fonds d’investissement (grâce à la bonne tenue de ces derniers). Par ailleurs, selon la CSSF « En raison d’une rupture de série due à la fusion de deuxbanques,etimpactantleschiffresdu premiertrimestre2024,lesévolutionsrela- tivesdespostesdefraisgénérauxsontlar- gement surestimées ». En zone euro, le résultatnetbancairedestroispremierstri- mestres 2025 a suivi une évolution diver- gente : à la hausse pour une moitié des pays, à la baisse pour l’autre. Le total de la zone affiche au final une stagnation. La marge d’intérêt bancaire en revanche s’est repliée pour trois quarts des pays mem- bres, reculant de 4,3%au total. L’emploi unpeuplus dynamique auLuxembourg en 2025 Au Luxembourg, la progression de l’em- plois’estrenforcéesurla2 e moitiéde2025, portant cette dernière à +1,2 % pour l’an- née. La hausse de l’emploi en zone euro s’estparcontrelégèrementtassée,à+0,7% en 2025 après +1,0%en 2024 (même taux qu’au Luxembourg). Cette croissance un peuplusforteauLuxembourgl’andernier provient principalement d’une accéléra- tiondesservicesnonmarchands(desanté enparticulier)etd’unemoindredégrada- tiondans la construction. En zone euro, les services aux entre- prises et les activités immobilières sont les principaux facteurs de soutien. Les pertes d’emplois dans l’industrie (près de 150 000 enAllemagne) plombent sen- siblement le bilan en zone euro alors qu’au Luxembourg elles étaient moins nombreuses qu’en 2024. Par ailleurs, au Luxembourg comme dans la zone euro, la catégorie « commerce, transports et Horeca » ainsi que les TICs et –dans une moindre mesure – le secteur financier ont perdu de leur dynamisme en 2025. Dans les TICs, l’emploi s’est même ins- crit en baisse, ce qui est pour le Luxembourg une première depuis 2003 (+4 % enmoyenne par an depuis). Freinage des coûts salariaux au 4 e trimestre 2025 Au Luxembourg, le coût salarial moyen (CSM)parpersonneaprogresséd’environ 4 % sur un an au 4 e trimestre 2025, après +5,4 % au trimestre précédent, selon les données préliminaires les plus récentes. Ce ralentissement s’expliquerait surtout par un impact négatif des primes et grati- ficationsau4 e trimestre,contrairementaux trimestres précédents. Au niveau des branches, c’est surtout la contribution des activités spécialisées, scientifiques et tech- niques qui a reculé fin 2025. Comme enzone euro et enAllemagne, le CSM luxembourgeois ralentit ainsi au 4 e trimestre après avoir accéléré les trimes- tres précédents, alors qu’en France et Belgique le CSM suivait déjà une ten- dance de ralentissement. Sur l’ensemble de l’année 2025, le CSM a augmenté de 4,4 % au Luxembourg (après 3,5 % en 2024). Environ 40 % de cette hausse est due à la tranche indiciaire demai dernier et aux hausses autonomes de salaire, les quelque 20 % restants s’expliquant par le rebond des cotisations patronales après leur abaissement temporaire en 2024. EnAllemagne et enFrance, les cotisations patronales ont aussi étémodifiéespardes changements législatifs (en2025), de sorte que la progression du CSM y est égale- mentplusfortequecelledusalairemoyen perçu. Au-delà de ces modifications, les salaires ypoursuivent leur ralentissement par rapport aux années précédentes. Hausse des tensions sur les prix Avec la fermeture du détroit d’Ormuz à cause de la guerre en Iran, les prix de l’énergie et d’autres biens essentiels ont fortement augmenté en mars. La hausse du prix du Brent s’est déjà répercutée sur les prix à la pompe au Luxembourg : depuis fin février, le diesel a augmenté d’environ37%(+0,54€au21mars)etl’es- sence 95 d’environ 16% (+0,24 €). D’autres pressions à la hausse persistent et pourraient se transmettre à l’inflation avec un certain décalage. Près d’un tiers desfertilisantsmondiauxtransitentparle détroit d’Ormuz. Les prix de l’urée ont déjà progressé de 30 %, ce qui devrait se répercuter sur les coûts agricoles et, par conséquent, sur les prixde l’alimentation. À noter que lors de la crise énergétique de 2021–2022, les prix alimentaires au Luxembourg avaient augmenté avec un décalage d’environ un an. Un autre sec- teur touché est celui des semi-conduc- teurs, dont les prix ont fortement pro- gressé ce mois-ci. Leur production dépend étroitement de l’hélium, dont le Qatarestl’undesprincipauxproducteurs mondiaux et dont les installations ont récemment subi de sévères dommages. Si le conflit devait se prolonger, cela ris- querait d’alimenter durablement l’infla- tion.Anoter que le STATECmaintient sa prévision de la prochaine indexation au 2 e trimestre 2026. Le traficmaritime dans le détroit d’Ormuz aupointmort Le flux de marchandises à travers le détroit d’Ormuz, artère stratégique du marché énergétique mondial, s’est presque totalement effondré à la suite du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Avant cela, près de 20 % du pétrole mondial ainsi que du gaz naturel liquéfié (GNL) transitaient par ce goulet d’étranglement. Des oléoducs en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et en Irakpermettent de contourner partiellement cette routemaritime,mais ils ne compensent qu’une fraction des volumes habituellement transportés par voie maritime. Parailleurs,lesattaquesdirectescontreles infrastructures énergétiques au Moyen- Orient, combinées à la saturation des capacités de stockage local liée à l’effon- drement des exportations, ont déjà entraîné des réductionsmassives de pro- duction, estimées à environ 5%de l’offre mondiale. En conséquence, le prix du pétrole brut (Brent) a augmenté de plus de 60 % depuis le début de l’année et pourrait continuer de se renchérir si le conflitperduraitetqueledétroitd’Ormuz restait fermé. L’Agence internationale de l’énergieaannoncérécemmentlibérer400 Mio de barils issus des réserves straté- giquesdespaysmembres,soitenviron25 joursdesvolumesquitransitenthabituel- lement par ce passage stratégique. Source : STATEC Publication mensuelle du STATEC sur l’état de la conjoncture luxembourgeoise Une croissance encore faible en 2025... et des craintes pour 2026 P IBE NVO L UM E Source :STATEC (comptesnationaux) ؑ -2 -1 0 1 2 3 4 5 6 7 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 Variationannuelleen%

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