Mensuel : Edition de décembre 2010
Rubrique : Télécommunication/Informatique
Titre : IT … ou E.T. ?
Article : Par Thierry Winckelmans, Area Lead Architect, Sybase Belgium

Dans les environnements BI, où la vitesse est un élément essentiel, il est grand temps que les départements IT apprennent à céder davantage de contrôle sur leurs solutions afin que les utilisateurs puissent disposer des bonnes informations rapidement et au moment où ils le souhaitent, permettant ainsi de maintenir l’agilité du business à un niveau optimal.

Les départements IT doivent rapidement devenir moins avares. Je ne parle évidemment pas ici de leurs précieuses connaissances spécialisées, mais ils doivent véritablement apprendre à être plus généreux avec leurs outils et leur pouvoir s’ils veulent propulser leur entreprise vers les sommets. Lorsqu’il s’agit de produire de la Business Intelligence (BI) de qualité, ce qui est d’une importance vitale pour toute organisation, il arrive en effet encore trop souvent que toute la connaissance, le contrôle et la marge de manœuvre soient centralisés et même parfois bloqués au sein des départements IT.

Conséquence: des informaticiens débordés mais peu appréciés, des utilisateurs frustrés et impatients, ou même des possibles catastrophes “do it yourself”. A cause de sa difficulté croissante de livrer les bons rapports BI dans le temps imparti, le département IT détermine donc indirectement la stratégie de l’entreprise. Tout le monde comprend effectivement qu’une réponse telle que “nous ne sommes actuellement pas en état de répondre à cette requête inattendue” peut avoir un impact négatif très important. Il est donc grand temps d’adopter une nouvelle approche. Et rapidement.

A travers le temps, IT est devenu schizophrène, désirant d’une part aider à la bonne exécution du business, mais d’autre part bloquant celui-ci par ses approches technologiques et méthodologiques lentes à l’évolution. Ces technologies sous-jacentes et leurs applications gravitant autour de la BI sont devenues à ce point complexes que seuls les experts parviennent encore à les exploiter et deviennent donc les seuls à fournir des rapports non automatisés (ad-hoc). Pire encore, la sophistication très poussée des plateformes BI fait également en sorte que toutes ces analyses cruciales sont souvent fournies (beaucoup) trop tard – étant donné qu’entretemps, les informations sur lesquelles elles se basent sont dépassées.

Un exemple parlant: si le risque de position n’est pas calculé à la vitesse adéquate, les actions en question peuvent déjà avoir perdu une grande partie de leur valeur. Malgré Bâle II, la crise financière a clairement démontré que quasiment aucun acteur n’était en mesure d’évaluer son risque de position exact dans la mesure où la machinerie sous-jacente était bien trop complexe et trop lente pour pouvoir réagir de manière rapide et flexible. J’ai par ailleurs expérimenté que dans environ 80% des cas, les rapports produits par les informaticiens mènent une deuxième vie dont ces derniers ne sont absolument pas au courant. Régulièrement, les informations livrées sont en effet introduites par les utilisateurs dans des fichiers Excel ou des bases Access, afin de pouvoir être recalculées, complétées avec des données trouvées sur Internet ou autres sources non-validées. Chez un de nos clients néerlandais, le département IT ne sortait ainsi que 25 rapports par mois via Business Objects (un outil BI), mais nous avons pu constater que pour chaque exemplaire, une moyenne de 52 rapports supplémentaires était ensuite produite. En d’autres mots, sur un total d’environ 1.000 analyses, le département IT n’en connaissait que 2,5%. Il va de soi que – sans la guidance professionnelle d’experts – ces rapports artisanaux “do it yourself” sont régulièrement truffés de petites erreurs, avec potentiellement des conséquences de grande envergure.

La solution peut cependant être simple: étant donné qu’il leur est impossible de faire évoluer une plateforme complexe dans le laps de temps requis par le business, les experts en technologie ne doivent plus être les moteurs et les décideurs en matière de BI mais ils doivent au contraire se mettre à son service. Bien sûr, ce sont eux qui doivent continuer à développer et intégrer les outils les plus performants et les plus adaptés, mais ils doivent bien plus qu’aujourd’hui céder le contrôle de ces solutions aux utilisateurs eux-mêmes s’ils veulent pouvoir stimuler l’agilité business de leur entreprise plutôt que la freiner. C’est pour cela qu’il faut absolument éviter que l’IT devienne “E.T.”, à savoir un “alien” isolé et incompréhensible pour les utilisateurs. Evidemment, quelques conditions essentielles doivent être respectées si l’on veut garantir un bon déroulement de ce transfert de pouvoir. Le logiciel BI doit être transparent et facile d’utilisation afin que des “laïques” puissent s’en servir sans problèmes et il doit également faire montre d’assez de flexibilité pour pouvoir croître en même temps que l’entreprise. Il s’agit de communiquer suffisamment à son sujet et c’est un must d’offrir des formations de qualité aux utilisateurs.

Pour garder la marge d’erreur sous contrôle, les informaticiens doivent par ailleurs créer des modèles faciles à manier afin de permettre aux utilisateurs de vérifier qu’ils se servent correctement de l’outil de BI et donc aussi pouvoir tirer la sonnette d’alarme à temps si jamais ce n’est pas le cas. Mais une fois que toutes ces exigences sont remplies et que les utilisateurs sont capables d’extraire toutes les informations stratégiques possibles au moment où ils le veulent, le département IT sera non seulement plus serein et plus apprécié, mais toutes les possibilités BI supplémentaires boosteront l’agilité business de l’entreprise à tous les niveaux.

* L’IT a dû séparer les processus opérationnels et analytiques (BI) parce qu’auparavant, il n’existait pas de technologie parapluie capable d’en réaliser le traitement spécifique. Malheureusement, on a utilisé exactement le même outil (une base de données relationnelle structurée en rangées) comme base pour les requêtes analytiques et pour les actions opérationnelles. A l’origine, ce choix ne semblait poser aucun problème, mais maintenant que de plus en plus de données doivent être conservées – des terabytes et même des petabytes – et que les requêtes deviennent toujours plus complexes et souvent ad hoc, ces bases de données SQL traditionnelles ont de plus en plus de mal à répondre aux questions dans le temps imparti.

Davantage d’informations sur les solutions BI sont disponibles sur http://www.sybase.be/analyze

Retour début de page