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| Mensuel : | Edition de décembre 2010 |
| Rubrique : | Ressources humaines |
| Titre : | Enquête Eurochambres 2011 auprès des entreprises luxembourgeoises
L’immobilisme fige l’emploi et réduit le potentiel de croissance de l’économie |
| Article : | De manière générale, les résultats de l’enquête Eurochambres 2011 confirment la reprise engagée dans les entreprises luxembourgeoises en 2010. Cependant, les anticipations des chefs d’entreprise restent empreintes d’une incertitude élevée pour 2011, ce qui impacte négativement leur propension à investir et à recruter. La Chambre de Commerce reste en attente de vraies mesures en faveur de la compétitivité des entreprises leur fournissant une bouffée d’oxygène sous forme de mesures d’amélioration concrètes. Elle regrette l’immobilisme et l’absence de vision à long terme, alors que tout report des inévitables réformes et toute perte de temps à cet égard rendront les mesures à adopter plus incisives et impopulaires.
Enquête Eurochambres 2011: Faits saillants Les réponses des entreprises concernant l’évolution en 2010 du climat des affaires dans lequel elles évoluent indiquent une reprise sensible par rapport à l’enquête précédente. Ce résultat n’est guère surprenant au vu du plancher de l’évolution conjoncturelle atteint en 2009, avec une contraction du PIB de l’ordre de -3,7%. La chute de l’activité économique est allée de pair avec un déstockage important. En 2010, le niveau d’activité est reparti mécaniquement à la hausse suite notamment au restockage industriel. Or, cette reconstitution des stocks est désormais achevée. Afin de pouvoir consolider ce niveau d’activité en hausse à l’avenir, et ce de façon durable, les entreprises luxembourgeoises doivent à présent impérativement offrir des produits et des services compétitifs sur des marchés globalisés et hautement concurrentiels. Les perspectives pour 2011 demeurent toutefois très hésitantes et incertaines quant à l’appréciation du climat des affaires. L’EES2011 ne comporte pas de signes évidents que le potentiel de croissance historique du Luxembourg, c’est-à-dire une croissance du PIB de 4-5%, soit atteint à moyen terme. En ce qui concerne le chiffre d’affaires, son évolution est en hausse en 2010 par rapport en 2009 mais le niveau d’avant-crise n’est pas encore atteint pour beaucoup d’entre elles. Les prévisions pour 2011 sont quant à elles relativement optimistes. Il faut toutefois souligner que le chiffre d’affaires est un indicateur en valeur et donc une partie non-négligeable de la hausse du chiffre d’affaires tire son origine d’une progression purement nominale, de par l’intégration dans les prix de la hausse du prix des matières premières ou une tranche indiciaire qui arrive à échéance. Il faut en effet constater que les prix des facteurs de production et notamment le coût salarial unitaire continuent à progresser à un rythme moyen soutenu en comparaison avec les principaux partenaires commerciaux du Luxembourg. Peu de dynamisme est visible sur le front de l’emploi entre 2009 et 2010 et il subsiste également une grande retenue quant à son évolution en 2011. En effet, 70,9% des entreprises ont indiqué que leur effectif resterait stable en 2011, un pourcentage élevé qui n’a plus été atteint depuis 2005 dans l’enquête Eurochambres. Ceci traduit la méfiance des entrepreneurs en ce qui concerne l’ampleur et la durabilité de la reprise. Elle met également en évidence leurs craintes quant à l’évolution des coûts du facteur de production "travail" et quant à leur capacité de mettre en œuvre leur stratégie de développement avec des automatismes réglementaires et des hausses des coûts salariaux plus marquées que l’évolution de la productivité. Ainsi, pour diminuer ces coûts, un moyen à disposition des entreprises est l’ajustement vers le bas des effectifs, ou au mieux, leur stabilité. De surcroît, après les taux de croissance historiques de l’emploi très élevés (3,3% en moyenne entre 1985 et 2009), même une relative stagnation de l’emploi aura comme conséquence de faire apparaître des déséquilibres manifestes au niveau de financement du modèle social et une poursuite de la hausse du taux de chômage. Comme les indicateurs de prévisions le laissaient pressentir dans l’enquête EES2010 menée au cours du mois d’octobre 2009, les investissements dans les entreprises ont retrouvé le chemin de la croissance en 2010. Les niveaux des investissements futurs en 2011 montrent toutefois une grande réserve, alors que le soutien anticyclique aux entreprises locales à travers l’investissement public a été moins prononcé qu’initialement annoncé par le Gouvernement. Ces perspectives mitigées mettent en évidence les réserves, exprimées par les entreprises, sur la vigueur et / ou la durabilité de la reprise. Or, le plus souvent, ce sont les investissements privés d’une période donnée qui ont un effet d’entraînement sur le niveau d’activité de la période suivante et qui conditionnent le niveau d’emploi de l’avenir. L’enquête européenne semble indiquer que "le pire est passé", mais les indicateurs de confiance, pour l’année qui arrive à son terme et pour 2011, restent en deçà de leurs niveaux d’avant crise. Il subsiste en effet certaines incertitudes liées à l’arrêt des mesures de relance, à la mise en place de mesures fiscales visant l’assainissement budgétaire dans le cadre des nouvelles dispositions européennes de renforcement de la gouvernance économique ainsi qu’en raison de l’accès aux crédits, considéré comme trop restrictif par les entreprises de plusieurs Etats membres. En Allemagne, les entreprises apparaissent des plus optimistes dans l’enquête EES2011. Ces résultats se traduisent dans les prévisions macroéconomiques puisqu’une croissance de 3,7% pour 2010 et de 2,2% pour 2011 est attendue, ce qui fait de l'Allemagne – un des seuls pays européens à avoir entrepris des réformes structurelles à temps - la locomotive de la reprise européenne. L'objectif de cette 18ème enquête Eurochambres (EES2011) est d’apprécier l'évolution des principaux indicateurs de la vie économique en 2010 et d’avoir connaissance des prévisions des entreprises pour l’année 2011. L’enquête est réalisée dans presque tous les pays de l’Union européenne. La Chambre de Commerce réalise l’enquête Eurochambres 2011 au Grand-Duché de Luxembourg, en collaboration avec TNS-Ilres, qui a effectué la collecte des données par téléphone au cours des deux premières semaines d'octobre 2010. Le panel de départ comptait 1.119 entreprises du secteur industriel et manufacturier ainsi que du secteur des services. Les entreprises interrogées sont réparties selon la nomenclature européenne NACE (données de janvier 2009). Sur l’ensemble des entreprises interrogées, 821 ont répondu au questionnaire 2011, ce qui représente un taux de réponse de 73,4% (taux de 73,7% dans l’édition précédente EES2010). L’échantillon, qui inclut les entreprises d’au moins 10 salariés, est représentatif de tous les secteurs de l’économie luxembourgeoise, exception faite de l’agriculture, de la santé et de l’administration. Informations complémentaires sur www.cc.lu |
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