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| Mensuel : | Edition de décembre 2010 |
| Rubrique : | Consultance |
| Titre : | Certification ISO9000 et innovation:
Une analyse empirique sur données luxembourgeoises |
| Article : | Le STATEC vient de publier le numéro 46 de la série "Economie& Statistiques" intitulé "ISO9000 Certification and Innovation: an Empirical Analysis for Luxembourg". L’intérêt que les décideurs portent aux normes et standards en tant qu’outil d’incitation à innover s’est beaucoup accru au cours de la dernière décennie. Toutefois, les standards peuvent être vus comme facteurs d’innovation mais aussi comme frein à l’innovation. La recherche proposée ici vise à vérifier si les effets incitatifs l’emportent sur les freins dans le cas de la certification ISO9000.
On montre que pour les entreprises le fait d’être certifiées ISO9000 affecte de façon positive et significative la probabilité d’innover lorsque l’innovation est définie au sens large, c’est-à-dire en incluant innovation organisationnelle et marketing. L’ampleur et l’importance de l’impact diminuent progressivement lorsque l’on considère des définitions plus restrictives de l’innovation pour ne considérer par exemple que le développement de nouveaux produits. Enfin, l’importance de l’effet diminue également lorsque la taille de l’entreprise augmente. Innovation et standardisation sont souvent perçues comme antinomiques. En effet, tandis que l’innovation vise à produire ou mettre en place quelque chose de nouveau, les normes et standards sont destinés à maintenir les choses dans le même état. Cependant, des travaux récents ont mis l’accent sur le rôle positif joué par les standards dans le succès commercial de nouveaux produits et services. L’innovation, prise au sens large peut être entendue comme la destruction et le remplacement de standards établis. Cette relation complexe n’est pas entièrement comprise et les études empiriques restent relativement rares. Cette étude s’attache à identifier l’impact de la certification ISO9000 sur les capacités d’innovation des entreprises. Ces capacités sont définies comme la probabilité d’introduire un nouveau produit ou processus – dite innovation technologique – ou la probabilité mettre en place un changement organisationnel ou une innovation marketing – dite innovation non technologique. Les deux types d’innovation sont pris en compte dans l’analyse qui s’intéresse plus particulièrement aux PME et aux activités de services. La certification ISO9000, objet principal de cette étude, est une norme de processus de gestion. Elle est destinée à soutenir et garantir les processus de gestion des entreprises, quelle que soit leur taille ou leur secteur d’activité. Conformément à la littérature sur le sujet, on suppose ici que la certification ISO9000 peut accroître les capacités d’innovation des entreprises à travers d’une part, l’augmentation du stock de connaissances valorisables et d’autre part, en constituant une assurance qualité pour les nouveaux produits et services offerts. L’analyse empirique est réalisée à partir d’une base de données originale issue de la fusion de deux sources de données luxembourgeoises distinctes. La source principale est constituée par l’enquête communautaire sur l’innovation (ECI 2006) qui couvre les années 2004-2006 et est conduite auprès d’un échantillon représentatif des entreprises de plus de 10 salariés opérant dans les services et dans l’industrie. Ces données sont complétées par des informations issues de la liste des entreprises certifiées ISO9000, fournie par le Mouvement Luxembourgeois pour la Qualité (MLQ). Lorsqu’on considère ensemble les entreprises des services et de l’industrie, les résultats suggèrent que la certification ISO9000 a un effet positif sur la probabilité d’innover quel que soit le type d’innovation considéré. Toutefois, l’impact n’est statistiquement significatif que lorsque l’innovation non-technologique est inclue. Par ailleurs, d’importantes spécificités sectorielles apparaissent lorsqu’Industrie et Services sont analysés séparément. Pour une entreprise industrielle de taille moyenne, il semble que le fait d’être certifié ISO9000 augmente de 28% la propension à innover au sens d’avoir introduit une innovation technologique, tandis qu’aucun impact n’est détecté lorsqu’on considère l’innovation non-technologique. En revanche, dans les services, le fait d’être certifié ISO9000 n’a aucun impact sur la propension à introduire des innovations technologiques. Pour une entreprise de service de taille moyenne certifiée, la probabilité d’introduire des innovations non-technologiques augmente de 16,5%. Il semble enfin que l’écart de probabilité d’innover entre les entreprises certifiées et les entreprises non-certifiées diminue lorsque leur taille en nombre d’emplois augmente. Le fait d’être certifié ISO9000 augmente la probabilité d’innover d’environ 25 points de pourcentage pour une entreprise comportant 10 employés et de seulement 15 points de pourcentage pour une entreprise de 500 employés. Il en découle que la certification ISO9000 est plus pertinente pour les entreprises petites et moyennes pour lesquelles les effets sur la propension à innover sont les plus importants. Une version électronique de la publication Economie et Statistiques n°46/2010 est disponible gratuitement sur Internet à l’adresse http://www.statistiques.public.lu/fr/publications/series/Economie_et_statistiques/index.html. La version imprimée peut être obtenue au STATEC sur demande, B.P. 304, L-2013 Luxembourg, tél.: 247-84219 fax 46 42 89, E-mail: info@statec.etat.lu, au prix de 5.00 EUR (hors frais d’envoi). Source: STATEC |
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