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| Mensuel : | Edition de décembre 2010 |
| Rubrique : | Bourse/Fonds |
| Titre : | Les fonds de private equity détenteurs d’entreprises européennes résistent aux pressions à court terme |
| Article : | Portrait: Alain Kinsch, Country Managing Partner d’Ernst & Young Luxembourg
L’étude "How do private equity investors create value? – Beyond the bears" consacrée aux cessions de grandes entreprises européennes des fonds de private equity (PE) entre 2005 et 2009 révèle que seules 30 entreprises répondant aux critères retenus pour l’étude(1) ont été cédées en 2009. La plupart des fonds de PE ont donc décidé d’éviter de vendre dans un marché défavorable. Les cessions à des investisseurs stratégiques corporate sont demeurées très réduites en 2009, et bien en deçà des niveaux historiques enregistrés en 2006 et 2007. Les sorties de type secondaire et tertiaire vers de nouveaux fonds PE sont passées de 67% en 2008 à seulement 7% en 2009. Pour la première fois depuis que l’étude est publiée, un nombre non négligeable de cessions a été faite à des créanciers. Ces dernières ne représentent toutefois qu’une partie très restreinte du portefeuille et sont bien inférieures aux prévisions de nombreux spécialistes. Alain Kinsch, EMEIA (Europe, Middle East, India & Africa) PE Fund Leader chez Ernst & Young, le confirme: "La poursuite de la baisse des cessions, en nombre comme en valeur, reflète un environnement macro-économique difficile. La pénurie de financement et le contexte peu favorable aux négociations ont contraint les maisons de PE à porter toute leur attention aux performances des entreprises détenues en portefeuille, voire, dans certains cas, à rediriger leurs efforts d’investissement vers l’achat de dette, le secteur des infrastructures et les marchés émergents." Un avenir contrasté Alain Kinsch poursuit: "En 2010, le volume des cessions a augmenté — souvent par le biais d’opérations secondaires auprès de fonds de PE— en raison d’une plus grande disponibilité de la dette et du faible nombre d’introductions en bourse en Europe. Nous anticipons en outre un retour des acquéreurs stratégiques en raison de la solidité des bilans des entreprises." Des périodes de détention plus longues Après deux années de faible activité au niveau des cessions, l’âge moyen des portefeuilles des fonds de PE a presque doublé depuis 2007, passant de 2 ans à 3,7 ans. Cette durée de détention plus longue a résulté dans un engagement accru des fonds de PE auprès des équipes opérationnelles en vue d’améliorer les performances des entreprises de leur portefeuille. Alain Kinsch ajoute: "Dans les prochaines années, il sera intéressant de voir dans quelle mesure les efforts consacrés à l’amélioration des performances des entreprises augmenteront la part du rendement imputable à l’optimisation stratégique et opérationnelle, pour la faire passer d’un tiers à la moitié, par exemple." Les clés du succès Malgré le ralentissement des cessions par les fonds de PE, le modèle organisationnel du PE a continué à démontrer sa surperformance par rapport aux sociétés cotées en bourse. Entre 2005 et 2009, les opérations les plus rentables ont été celles auxquelles les fonds de PE ont consacré le plus de temps en amont du processus d’acquisition formel — tant en matière d’identification que d’évaluation de l’opportunité. Dans plus des trois quarts des transactions les plus performantes, l’évaluation de l’opportunité a commencé avant le début du processus formel. Dans près d’un tiers (31%) des cas, il a même été initié plus d’un an à l’avance. À l’opposé, 73% des opérations les moins performantes ont été évaluées à peine six mois avant le début du processus formel. Alain Kinsch conclut ainsi: "Les entreprises affichant des performances médiocres ont souvent dû faire face à une difficile mise en oeuvre leur stratégie, soit parce que le marché n’y était pas favorable, soit parce que la direction n’était pas en mesure de l’exécuter. Dans certains cas, le manque de temps avant les négociations a pu donner lieu à des analyses incomplètes. Pour y remédier, les pratiques du secteur ont déjà amorcé une évolution puisque l’on constate une prise en compte plus approfondie des impératifs commerciaux et opérationnels de chaque opportunité d’investissement." 1) L’étude de 2009 propose une analyse de la performance et des méthodes du PE via l’étude des 300 plus grandes entreprises européennes cédées par les fonds de PE au cours des cinq dernières années. Pour garantir la justesse de l’évaluation des performances et limiter l’étude aux entreprises les plus importantes, seules ont été retenues les entreprises dont la valeur était supérieure à 150 millions d’euros au moment de l’acquisition. |
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