Mensuel : Edition de décembre 2010
Rubrique : Bourse/Fonds
Titre : Rencontre avec Marc Renaud, Président Directeur Général de Mandarine Gestion
“Ucits IV est pour nous une formidable opportunité”
Article : Pourriez-vous présenter vos activités en quelques mots?

Mandarine Gestion est une société de gestion pour compte de tiers, indépendante, créée en Février 2008, spécialisée dans le stock picking d'actions européennes et s'adressant à une clientèle diversifiée, 50% institutionnelle et 50% "retail" (fonds de fonds, "private banking" et conseillers en gestion de patrimoine indépendants). Notre clientèle est aujourd'hui à 80% française. Nous sommes également présents en Allemagne, au Luxembourg, à Monaco et à Genève. Dans notre gamme actuelle et via nos développement futurs, Mandarine Gestion revendique d'offrir une gamme de produits en phase avec les besoins de l'économie réelle.

Comment vous positionnez-vous au Luxembourg?

Après avoir "naturellement" démarché les structures luxembourgeoises de sélection de fonds, notamment par des établissements français, nous visons à démarcher une clientèle plus "locale". Le Luxembourg est le passage quasi obligatoire en termes d'administration des fonds. Il est incontournable comme base de domiciliation et de système de règlement/livraison des fonds pour un certain nombre de grands clients off-shore.

Quels ont été vos grands chantiers ces derniers mois?

Faire de la performance, faire référencer nos produits… et de façon moins classique, réfléchir à une stratégie internationale et à son rythme de déploiement.

Parlez-nous de vos nouveaux fonds. Quelles sont leurs particularités?

Notre gamme est très directionnelle actions via des fonds de petites ou grandes valeurs, françaises ou européennes, Value ou Growth…

Nous avons également ressenti le besoin de créer un fonds plus prudent, en l'occurrence Mandarine Reflex, qui est un fonds flexible utilisant de l'allocation d'actif tactique. N'ayant pas ce savoir-faire en interne et voulant rester spécialisés, nous avons délégué une partie de la gestion à Edmond de Rothschild AM (Edram). Cela nous permet d'avoir aujourd'hui dans notre gamme un fonds flexible (0 – 60%) alliant notre compétence de stock picking à celle d'Edram pour l'allocation d'actifs comme moteurs de la performance.

À qui s’adressent vos fonds?

Notre clientèle est très diversifiée: 50% Institutionnelle et 50% Retail. Nous avons souhaité, dès le début, nous internationaliser.

Quel est le bilan de votre activité pour l’année 2010?

Une belle collecte compte tenu du contexte avec environ 400 millions d'euros collectés, pour un actif fin d'année de l'ordre de 1,5 milliard d'euros ; des performances bonnes ou très bonnes selon les produits ; un profit de plusieurs millions d'euros nous donnant les moyens de notre développement.

L’industrie des fonds est-elle, selon vous, assez transparente?

L'industrie doit être -il est vrai- plus transparente, et souhaitons-le, plus éthique.

Quels sont les changements clés imposés par la directive UCITS IV sur votre métier?

Ucits IV est pour nous une formidable opportunité qui facilite l'exportation de notre gestion.

Quel est votre point de vue sur l’évolution de la situation économique?

Nous sommes au sortir d'un bas de cycle économique. La bonne nouvelle pour un investisseur est que nous sommes aussi sur un bas de cycle boursier en termes d'évaluation!

Quels sont les secteurs et valeurs à forts potentiels?

Beaucoup de valeurs cycliques industrielles, et particulièrement celles exposées aux marchés émergents, ont connu un beau parcours boursier dès fin 2009. Ce n'est donc pas essentiellement dans cette partie de la cote que se trouvent les plus fortes sous-évaluations même s'il y en a encore (Volkswagen, Holcim, Xstrata…). Le marché est globalement bas, si l'on croît comme moi au "retour à la moyenne" en termes de profitabilité et de valorisation. Aussi il est possible de trouver beaucoup de valeurs défensives (les valeurs pétrolières, Carlsberg…) ou même de valeurs de croissance (Fresenius, Synthes…) à des prix très raisonnables. Mais, pour moi, les très fortes décotes sont sur les valeurs bancaires qui vont sortir gagnantes de la crise (BNP, Santander, Intesa…), avis éventuellement non consensuel!

Quels sont vos objectifs pour 2011?

Montrer à nos clients, comme en 2010, que l'on peut gagner de l'argent sur les actions. Un scénario de poursuite de la reprise boursière nous semble le plus probable.

O.M.

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