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Le secteur agricole peut représenter jusqu’à 50% du PIB dans certains pays en développement. Pour les organisations paysannes, d’une part, et les institutions de microfinance (IMF), d’autre part, l’accès aux ressources financières constitue un enjeu majeur du développement local et de l’amélioration des conditions de vie des paysans. "Notre secteur fait le constat que la finance rurale est le parent pauvre de la microfinance. Est-ce la réalité ? Y’a-t-il un retour au financement de la microfinance rurale et pourquoi est-il si difficile de financer cette microfinance?", a interrogé Luc Vandeweerd, directeur stratégique d’ADA et modérateur du 16e Midi de la microfinance. Organisé conjointement par ADA et SOS Faim avec le soutien de la Coopération luxembourgeoise, cet événement de sensibilisation a rassemblé 135 participants, le 2 décembre 2010, à la Banque de Luxembourg. "La capacité de modernisation des paysans est forte, les besoins sont énormes mais les ressources manquent", a répondu la spécialiste de la finance rurale Betty Wampfler, professeur d’économie du développement à Montpellier SupAgro, avant d’expliquer: "En l’absence de garanties, les banques commerciales traditionnelles n’accordent pas de financement pour le développement d’une activité agricole, pourtant nécessaire pour l’acquisition d’intrants, de machines agricoles, d’abris de stockage, de moyens de transport, etc."
Si les IMF ont pour mission d’apporter les solutions de financement adaptées aux paysans, en revanche, elles sont elles aussi confrontées à des contraintes fortes: la caution solidaire est limitée en raison des aléas climatiques (en cas de catastrophe naturelle, l’ensemble du groupe se retrouve dans l’incapacité de rembourser le crédit), les coûts de transaction sont élevés, l’épargne locale est difficile à mobiliser, etc. "En dépit des difficultés, il ne faut pas avoir peur d’investir dans la microfinance rurale", a affirmé Thierry Defense, directeur de SOS Faim, à l’adresse des investisseurs du Nord, qui ont un rôle à jouer pour soutenir les activités agricoles dans les pays en développement. Celui qui choisit d’investir dans ce secteur ne doit pas s’attendre à un rendement financier considérable, a-t-il rappelé: il s’agit d’abord d’un acte philanthropique. "Financer le monde rural, c’est revenir au socle fondamental de la microfinance", estime Betty Wampfler. Bien qu’elles se professionnalisent et se dotent de structures efficaces, les IMF ne peuvent pas, à elles seules, résoudre le problème, souligne la spécialiste. Le financement doit s’accompagner d’un environnement favorable. A l’avenir, le secteur devra concentrer ses efforts sur la constitution de partenariats, entre les IMF et les banques commerciales, mais aussi avec les ONG, les organisations paysannes, les centres de formation, les investisseurs institutionnels et privés, ou encore, les autorités politiques, au Nord comme au Sud.
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