|
Accueil / Home | |||
| Chercher / Search |
| Mensuel : | Edition de décembre 2010 |
| Rubrique : | Finance/Economie |
| Titre : | Jean-Claude Juncker et Luc Frieden aux réunions extraordinaires de l’Eurogroupe et de l’Ecofin
"La zone euro ne risque pas d'éclater" |
| Article : | Le Premier ministre, ministre du Trésor et président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker (cf. portrait), et le ministre des Finances, Luc Frieden, ont participé aux réunions extraordinaires de l’Eurogroupe et de l’Écofin qui ont eu lieu à Bruxelles le dimanche 28 novembre 2010. Lors des deux réunions, présidées par Jean-Claude Juncker, les ministres ont adopté le plan de soutien à l’Irlande destiné à permettre à ce pays de redresser ses finances publiques à l’horizon 2014. L’enveloppe globale du plan de soutien s’élèvera à EUR 85 milliards.
Mécanisme européen de stabilité L’Eurogroupe a eu une discussion sur les grandes orientations du futur mécanisme européen de stabilisation (MES) qui sera une structure de stabilisation permanente. Le "MES", qui avait attisé les craintes des marchés ces dernières semaines, sera en vigueur à partir de 2013 et se substituera à l'actuelle Facilité européenne de stabilité financière (FESF) dit aussi Fonds européen de stabilité financière, dont il sera très largement inspiré. Le FESF a été créé cette année après la crise grecque et est censé intervenir au profit des pays de la zone euro qui auraient des difficultés financières. Les ministres ont toutefois précisé que son enveloppe actuelle (750 milliards d'euros) serait relevée même s'ils n'ont pas indiqué dans quelle proportion. La participation du secteur privé y sera clairement établie, selon les principes actuellement en vigueur au sein du Fonds monétaire international. Les créanciers privés seront sollicités au cas par cas, sur une base contractuelle et de manière graduelle selon s'il s'agit d'une crise de liquidité ou d'une crise de solvabilité. Par ailleurs, en complément, toutes les émissions obligataires en zone euro seront assorties à partir de juin 2013 de clauses d'action collective permettant de restructurer des dettes avec l'approbation d'une partie des créanciers. Les responsables européens se sont félicités de cette clarification, notamment le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, qui avait averti mi-octobre des dangers de discuter de ces questions alors que les marchés étaient encore très tendus. "Il était nécessaire d'avoir une clarification complète de la doctrine. Il devait être clair que nous appliquerions en Europe la doctrine du FMI (...) c'est-à-dire sans aucune participation ex-ante (du secteur privé)", a-t-il déclaré. L'Irlande contribuera à son propre plan L’enveloppe globale du plan de soutien, qui s’élèvera donc à EUR 85 milliards, sera répartie comme suit: l’Union européenne, via le MESF, contribuera à EUR 22,5 milliards, les pays membres de la zone euro ainsi que le Danemark, le Royaume Uni et la Suède, par des prêts bilatéraux, contribueront également à EUR 22,5 milliards via la FESF. L'Irlande contribuera elle-même à son plan d'aide à hauteur de EUR 17,5 milliards, puisés sur un fonds de retraite national. Le taux d'intérêt moyen auquel cette aide sera fournie devrait s'établir autour de 5,8% et le plan d'austérité de 15 milliards d'euros annoncé par le gouvernement de Brian Cowen, sera complété en trois points. Le secteur bancaire irlandais subira une intense cure d'amaigrissement et sera recapitalisé, les ajustements budgétaires se poursuivront jusqu'en 2015 au lieu de la date de 2014 envisagée par Dublin et de nouvelles réformes structurelles seront mises en oeuvre, notamment une réforme du marché du travail irlandais. Plan de réforme au Portugal La peur que le Portugal et peut-être l'Espagne soient contraints d'accepter un plan international similaire à l'aide apportée à la Grèce et à l'Irlande a provoqué une envolée des coûts d'emprunt du Portugal et de l'Espagne. Le ministère portugais des Finances a démenti jeudi 25 novembre une réunion entre le ministre et les dirigeants des quatre plus grandes banques du pays, une information annoncée par le quotidien Diario Economico. Vitor Constancio, vice-président de la Banque centrale européenne et ancien gouverneur de la Banque du Portugal, a réaffirmé de son côté qu'il n'y avait aucun rapport entre l'Irlande et le Portugal. Chaque cas est différent, les secteurs bancaires et financiers irlandais et portugais sont différents, a-t-il martelé, ajoutant qu'il ne se livrerait pas au jeu des pronostics sur la nécessité d'une aide au Portugal. Le Portugal a connu mercredi 24 novembre sa première grève générale depuis 22 ans pour protester contre les mesures d'austérité prévues dans le budget 2011 de son gouvernement. Anticipant un éventuel report de l'attention des marchés vers le Portugal, la Commission a annoncé qu'elle plancherait dans les prochains jours avec Lisbonne sur un plan de réformes plus large, avec notamment de nouvelles mesures visant le secteur de la santé et des transports. "Les efforts seront intensifiés", a insisté le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn. L'Espagne a de con côté renouvelé son engagement à mettre en oeuvre de manière résolue les mesures déjà annoncées, comme la restructuration de ses caisses d'épargne régionale d'ici fin décembre et la réforme des retraites d'ici la fin du premier trimestre 2011. Enfin, quant à la Grèce, les prêts octroyés en mai pourront être remboursés sur une plus longue période de sept ans et demi, qui ne commenceront qu'au terme de la période initiale de trois ans, en échange d'un taux d'intérêt porté à 6,05%. "La zone euro ne risque pas d'éclater" Plusieurs hauts responsables de la zone euro avaient déjà pris la parole jeudi 25 novembre pour assurer que la zone euro ne risquait pas d'éclater. Plusieurs économistes, surtout au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, évoquent désormais une dislocation de la zone euro, tiraillée par les déficits élevés des pays dits périphériques, en forte perte de compétitivité vis-à-vis de la locomotive allemande. "Il n'y aucun danger", a dit Klaus Regling, directeur du Fonds européen de stabilité financière (FESF), au quotidien Bild qui lui a demandé si la zone euro pourrait éclater. "Il n'est pas concevable que l'euro s'effondre." "Bien sûr que la situation est grave", a-t-il ajouté lorsqu'il lui a été demandé de s'exprimer sur les propos de la chancelière Angela Merkel jugeant mardi 23 novembre la situation de l'euro "exceptionnellement grave". "Aucun pays n'abandonnera l'euro de son plein gré. Pour les plus faibles, cela serait un suicide économique, et d'ailleurs pour les plus forts aussi. L'Europe perdrait la moitié de sa valeur politique sans l'euro", a expliqué Klaus Regling. Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a pour sa part réaffirmé qu'il ne craignait pas pour l'euro mais que la position de l'Allemagne suscitait ses inquiétudes. "Je ne suis inquiet ni pour la survie de l'euro ni pour celle de l'Union européenne", a-t-il dit dans un entretien au journal allemand Rheinischer Merkur. "Je crains toutefois que l'Allemagne, le gouvernement fédéral et les autorités locales perdent peu à peu de vue le bien commun européen." Source: Agefi, Gouvernement luxembourgeois, Reuters |
Retour début de page
