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| Mensuel : | Edition de décembre 2010 |
| Rubrique : | Finance/Economie |
| Titre : | Note de Conjoncture n° 2-2010 du STATEC:
Croissance modérée au Luxembourg en 2010 et 2011 |
| Article : | L'économie luxembourgeoise devrait connaître une croissance de 3.2% en 2010. La progression du PIB ralentirait légèrement en 2011, à quelque 3.0%, en lien avec un contexte européen assez peu porteur car marqué par les conséquences de la crise économique de 2008-2009, en premier lieu par la dégradation des indicateurs du marché du travail et des finances publiques. Tels sont les faits principaux de la Note de Conjoncture n° 2-2010, que le STATEC vient de publier.
Les prévisions macro-économiques, la conjoncture internationale, l'évolution récente des principales branches d'activité, l'inflation, les salaires, les relations économiques extérieures, le marché du travail et les finances publiques y sont traités en détail. Cette Note comporte en outre plusieurs analyses ou encadrés méthodologiques spécifiques, notamment sur l'enquête d'opinion de la construction dans l'analyse conjoncturelle, l'impact de la tranche indiciaire sur le prix de certains services ou encore l'évolution mensuelle récente des recettes fiscales. Environnement international: le rythme de la reprise devrait ralentir Après une croissance soutenue lors du redémarrage post-récession, les économies avancées se dirigent à la fin de 2010 vers un sentier d'expansion plus modéré. La croissance mondiale pour 2010 et 2011 devrait principalement être tirée par les pays émergents, qui ont relativement moins souffert de la crise. Que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, la crise a fortement impacté les finances publiques et l'emploi. Le climat économique, dopé temporairement par les mesures de relance et le restockage, semble aujourd'hui davantage propice au désendettement plutôt qu'à l'investissement et à la consommation. Dans la zone euro, la question de la dette souveraine de plusieurs Etats membres reste d'actualité, mais tous les pays sont concernés par les mesures d'assainissement budgétaire. Le pilotage de la politique budgétaire, malgré les différences entre pays, se résume finalement à l'équation suivante: réduire l'endettement pour assurer la stabilité à long terme sans sacrifier la reprise à court terme. Un mouvement de reprise modeste mais incontestable et quasi-général en 2010 Au Luxembourg, comme dans la plupart des pays de la zone euro, la reprise engagée depuis la mi-2009 n'a pas encore permis de rejoindre le niveau du PIB qui prévalait avant la crise. Le résultat du 2ème trimestre, avec une baisse du PIB de 0.3% sur un trimestre (+5.3% sur un an), témoigne davantage d'une modération de la croissance que d'un retour sur une dynamique de récession, car les composantes les plus conjoncturelles du PIB sont restées relativement bien orientées. La dynamique de reprise se dessine incontestablement dans l'ensemble des indicateurs relatifs aux différentes branches de l'économie en 2010. La production industrielle a enregistré 5 trimestres consécutifs de croissance depuis le 2ème trimestre 2009, un mouvement commun à la majorité des branches industrielles. Les estimations disponibles annoncent cependant une baisse de la production à partir de septembre 2010. Le secteur de la construction, après un début d'année mitigé en raison de conditions hivernales sévères, a renoué avec une tendance positive qui s'est rapidement matérialisée en termes d'emploi. Les autorisations de bâtir sont bien orientées sur le 1er semestre 2010, notamment dans le résidentiel. Les prix de vente des logements, après une pause en 2008-2009, ont repris une direction ascendante. Le marché de l'immobilier de bureaux subit en revanche encore les effets de la crise. La plupart des services non-financiers marchands partagent la dynamique de reprise, qu'il s'agisse du commerce, des transports et communications, de l'Horeca ou des services aux entreprises. Pour le secteur financier, l'image est plus contrastée. L'amélioration de l'environnement financier international a profité aux domaines des assurances et des OPC, mais le secteur bancaire peine à se rétablir et voit ses effectifs continuer à diminuer (moins qu'attendu toutefois). L'évolution globalement positive de l'activité dans les services se retrouve dans les résultats de la balance des paiements du 1er semestre 2010, avec une nette progression des exportations de services (financiers et non-financiers). Le déficit enregistré pour la balance des marchandises marque par contre une aggravation, liée principalement à la hausse du prix des carburants à l'importation. Peu de tensions sur les prix et les salaires Après le taux particulièrement bas de 2009 (+0.4%), l'inflation revient sur des niveaux plus élevés en 2010. Cette remontée est surtout liée à la composante des produits pétroliers, les autres prix s'étant montrés relativement sages sur le 1er semestre. Depuis la mi-2010 en revanche, l'inflation sous-jacente s'est redressée sous l'effet de l'adaptation de plusieurs tarifs dans le domaine des services, certains en lien direct avec l'indexation des salaires (appliquée en juillet 2010), d'autres dans le domaine des tarifs communaux. La remontée de l'inflation sous-jacente au 2ème semestre 2010 ne semble ainsi pas spécialement guidée par une dynamique conjoncturelle qui générerait des tensions sur les prix, mais plutôt par des phénomènes isolés, relativement conséquents mais probablement temporaires. Du côté des salaires, les données disponibles sur le 1er semestre 2010 s'inscrivent sur la tendance de ralentissement déjà relevée en 2009. La progression du coût salarial moyen se redresse certes quelque peu au 2ème trimestre, mais uniquement en raison des rémunérations versées dans le secteur financier et sur la seule rubrique des primes et gratifications: ce mouvement peut être lié à de meilleurs résultats, mais résulterait aussi apparemment d'indemnités liées aux licenciements; il n'est malheureusement pas possible de distinguer les deux effets dans les chiffres et donc de tirer une conclusion conjoncturelle formelle. De meilleurs résultats sur l'emploi, mais encore insuffisants L'emploi intérieur est sur une tendance clairement ascendante sur la première partie de 2010. La progression de l'emploi s'est avérée plus rapide qu'escompté dans les prévisions, mais l'appréciation globale sur la conjoncture du marché du travail n'en est pas pour autant satisfaisante. Le rythme de progression de l'emploi reste insuffisant pour enrayer la montée du chômage: si le taux de chômage au sens strict semble se stabiliser, il le doit en grande partie au renforcement des mesures gouvernementales d'aide à l'emploi. La remontée de l'emploi s'explique par ailleurs, et dans une proportion non négligeable, par la forte progression de l'emploi intérimaire. Cette dernière profite essentiellement aux travailleurs frontaliers (qui, il faut le rappeler, avaient été largement plus touchés durant la crise que les résidents) et joue donc peu sur le niveau du chômage du Luxembourg. Finances publiques: à l'heure de la consolidation La prévision du déficit public pour 2010 s'est substantiellement améliorée: à un montant de 1.600 Mio EUR prévu encore en avril 2010 s'oppose maintenant une estimation de quelque 760 Mio EUR (équivalent à -1.9% du PIB). Cette amélioration provient essentiellement de meilleures recettes (que celles initialement prévues), tandis que les perspectives de croissance réelle n'ont guère évolué entre le printemps et cet automne. Au niveau mensuel, le dynamisme dont font preuve les recettes publiques depuis le début de 2009, et qui est à la base de l'amélioration du résultat annuel de 2010, semble toutefois se modérer sur les derniers mois. Ainsi, l'amélioration supplémentaire du solde public - ce dernier étant prévu de passer à environ -1% du PIB en 2011 - proviendrait en grande partie du freinage projeté des dépenses, en lien avec les mesures d'économie décidées par le Gouvernement. En effet, il n'est pas probable que la croissance des recettes, estimée à quelque 5% en 2010, vienne s'accélérer notablement en 2011, à situation conjoncturelle inchangée (c.-à-d. sans accélération supplémentaire de la croissance). Prévision de croissance du PIB: +3.2% pour 2010, +3.0% pour 2011 Au cours des derniers mois, le diagnostic conjoncturel n'a guère changé: la reprise est bien réelle mais elle reste molle. Toutefois, la croissance prévue pour 2010 est marginalement révisée à la hausse, le STATEC s'attendant maintenant à une hausse réelle du PIB de 3.2% en 2010 (au lieu de 3.0% précédemment) et de 3.0% en 2011. Cette révision provient pour partie d'un meilleur environnement international et pour partie d'une révision à la hausse des données historiques des comptes nationaux trimestriels. Alors que les perspectives sur l'activité n'ont donc que peu évolué sur les derniers six mois, tel n'est pas le cas en matière d'emploi. Ce dernier s'est en effet très bien repris et pour l'ensemble de l'année, l'emploi intérieur devrait augmenter de 1.8%, après une hausse de 1% en 2009. Les entreprises embauchent à nouveau mais les secteurs affectés le plus par la crise (les services financiers et les services aux entreprises) font preuve encore de peu de dynamisme, l'accélération provenant de la construction, de l'emploi intérimaire ou d'autres branches de services, surtout non-marchands. Comme l'activité économique ne devrait pas accélérer en 2011, le STATEC s'attend à une nouvelle décélération de l'emploi intérieur dont la hausse devrait avoisiner 1.5% en 2011. L'absence de dynamisme conjoncturel marqué serait la raison principale pour la poursuite de la hausse du chômage, même si, sur les derniers mois, une tendance certaine à la stabilisation des taux de chômage semble s'imposer. Suite aux efforts d'activation importants entrepris pour canaliser les demandeurs vers les mesures de formation et de mises au travail, la hausse du chômage au sens strict en 2011 devrait rester inférieure à celle du chômage au sens large. Ce dernier devrait avoisiner, en 2011 et en moyenne annuelle, 8.5% de la population active, contre 6.5% pour le chômage au sens strict. Ainsi, depuis 2008, le chômage au sens strict aura gagné légèrement plus de 2 points et le chômage au sens large presque 3 points. Légèrement plus de 2% de la population active se retrouvera, en 2011, dans des mesures de formation ou de mise au travail. L'environnement économique reste fondamentalement désinflationniste en Europe et au Luxembourg. Les phénomènes suivants peuvent être invoqués pour expliquer la modération des salaires et de l'inflation au Luxembourg: - la sous-utilisation des capacités de production; - la hausse sans précédent et le niveau record du chômage; - les mesures de réduction du coût salarial, prises dans le contexte de la crise et ayant trait – entre autres – au chômage partiel; - les réductions salariales, au niveau sectoriel, par la compression des bonus et gratifications, toujours dans le contexte de la crise économique; - l'impact des politiques budgétaires restrictives. Pour 2010 et 2011, le STATEC s'attend ainsi à des hausses du coût salarial nominal moyen par tête d'environ 2% l'an, ce qui constitue une légère révision à la baisse par rapport aux prévisions de printemps. Comme les prix à la consommation devraient progresser à peu près au même rythme, les hausses réelles des salaires, dans les poches des consommateurs, devraient être assez faibles, car une hausse de la fiscalité s'y superpose. Le STATEC s'attend ainsi à une baisse du pouvoir d'achat en 2011 de quelque 0.5% (revenu disponible réel par tête). Source: STATEC Une version électronique complète de la Note de conjoncture n° 2-2010 est disponible gratuitement à l’adresse http://www.statistiques.public.lu/ fr/ publications/series/note-conjoncture/index.html. La version imprimée sera disponible prochainement au STATEC, B.P. 304, L-2013 Luxembourg, tél.: 247-84219 / fax 26201902, E-mail: info@statec.etat.lu, au prix de 5.00 EUR (frais d’envoi non compris). |
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