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| Mensuel : | Edition de mai 2010 |
| Rubrique : | Finance/Economie |
| Titre : | Bâle III : vers un renforcement du risque de contrepartie |
| Article : | La récente crise financière a fortement impacté les produits dérivés et la gestion des risques liés. Un domaine qui nécessite une attention particulière est celui concernant le risque de crédit de contrepartie (CCR) qui résulte des produits dérivés OTC et des repos. Par exemple, Lehman Brothers avait un montant notionnel de 800 milliards de dollars de dérivés OTC jusqu'à sa faillite. L’absence d'évaluations appropriées de l'exposition de crédit et de la probabilité de défaut a été un principal facteur déclencheur de la crise des subprimes de 2007. Les contreparties ont fait défaut au moment même où la volatilité était à son sommet et quand l’exposition était au plus haut comme par exemple l'assureur américain AIG.
Le Comité de Bâle appelle cela le "Wrong Way Risk" qui est le risque que l’exposition à une contrepartie soit inversement corrélée à la qualité de crédit de celle-ci. Par ailleurs, les pertes du risque de crédit de contrepartie ne sont pas tant liées à la défaillance de la contrepartie, mais sont principalement attribuables aux ajustements de crédit ou CVA (Credit Value Adjustment) au cours de la crise financière. Cet ajustement reflète la valeur de marché du risque de crédit qui est principalement identifiée par le spread de crédit. Cet ajustement n’est pas capitalisé par le cadre de Bâle II qui se concentre principalement sur le risque de défaillance et le risque de migration de crédit. L’exposition au risque de contrepartie, particulièrement sur le marché des "Credit Default Swap" (CDS) a été considérée comme la cause principale de l’effondrement du système financier tout entier. L’encours de ce marché de CDS a fait croître le risque de défaut de paiement. Les Contreparties Centrales (CCP) n'ont pas été largement sollicitées pour rendre plus transparentes ces transactions alors que leur objectif est bien de diminuer le risque de contrepartie afin d’assurer une meilleure stabilité du système financier. La crise a aussi révélé un certain nombre de défauts liés à la qualité des modèles utilisés dans l’évaluation du risque de contrepartie. Une sous-estimation des pertes réelles était due à une faible utilisation des méthodes de back et de stress testing pour le risque de crédit de contrepartie. Comment le Comité de Bâle a-t-il réagi face à ces problèmes? Quelles sont les dernières directives en matière de régulation? Tout d'abord, le Comité a essayé de résoudre le problème du "Wrong-Way Risk" en ajoutant au calcul de l'exposition de l’approche avancée (IMM), des paramètres stressés (Stressed Expected Effective EPE). Cela signifie que les banques doivent choisir le calcul de l’exposition future potentielle maximale, basé sur des données de marché récente et un calcul de l'exposition provenant d'une période de stress tests d'un an. La définition de cette période est conforme à la révision de Bâle II concernant le risque de marché. Un élément clé de cette nouvelle proposition concerne la Value at Risk est le calcul d’une "Stressed VaR" qui a des données calibrées aux données historiques d’une période de crise (exemple 2007/2008). Cela confirme la volonté du régulateur de mieux intégrer le risque de crédit de contrepartie avec le risque du marché. De plus, le stress testing et l’analyse de scénarios devront être considérés comme des moyens d’identifier les facteurs de risque qui sont positivement corrélés avec la solvabilité des contreparties et les banques devront surveiller ce "wrong way risk" par produit, par région, par industrie, ou par d'autres catégories utiles à leurs activités. Le cadre actuel de Bale II représente le risque de contrepartie comme un risque de défaut et un risque de changement de notation, mais ne tient pas entièrement compte du CVA. Afin de mieux capturer ce CVA, le régulateur propose une charge de capital en utilisant une obligation équivalent qui couvre le montant notionnel, la maturité effective et le spread de CDS. Les Contreparties Centrales (CCP) peuvent jouer un rôle important pour réduire le risque systémique. A l'origine, elles ont été mises en place dans le but d’absorber le risque de contrepartie pour les instruments boursiers, elles peuvent aussi jouer un rôle central pour les dérivées OTC tels que les CDS. Une CCP majeure, le CME Groupe, basée à Chicago a annoncée fin 2009, qu’elle a commencé à faire du clearing de CDS grâce à leur système interne. Le Comité de Bâle propose que les expositions à ces intermédiaires puissent avoir une exposition de zéro si ces CCP appliquent certaines normes qui prouvent que des procédures de gestion de risques solides sont mises en place. Cette règle devrait fournir des allégements supplémentaires de déplacer des contrats dérivés OTC vers des CCP. Pour compléter le processus de gestion du risque de contrepartie, le "backtesting" et le "stress testing" ne doivent pas être négligés pour évaluer la pertinence des models utilisés. L’utilisation du stress testing pour le risque de crédit est moins répandue comparées aux pratiques dans le risque de marché. La proposition du Comité de Bâle met clairement l’attention sur la fréquence, une couverture instrumentale complète et une implication intensive des cadres dans la définition des scénarios de stress tests. Ces scénarios devront aussi être exécutés à des niveaux différents comme la contrepartie, l'industrie ou le groupe. Les acteurs principaux des banques devront s’impliquer en comparant les résultats avec les directives de la banque. Le backtesting est un autre élément majeur dans la vérification de l'exactitude des modèles utilisés. Les banques doivent comparer les résultats obtenus par les modèles avec les résultats réels observés. Les mesures de risque dans le document de consultation se réfèrent non seulement à l’EEPE, mais aussi aux autres mesures de risque utilisées dans le calcul de cette exposition comme la distribution de l’exposition ou les facteurs de risques du marché utilisés pour l’évaluation de ces expositions. Ce document est en cours de consultation jusqu’au milieu d’avril 2010. Le document sera suivi d’une analyse des impacts effectués à la mi-année 2010. Les nouvelles normes établies sont prévues d’ici la fin de l’année 2010 et le délai de mise en oeuvre attendu sera de fin d’année 2012. Pour les institutions financières ce sera un challenge pour garder une vue d’ensemble sur les nouvelles directives concernant le portefeuille de négociation. Michel Dorval Product Manager Enterprise-wide risk EMEA West, Thomson reuters Michel.Dorval@thomsonreuters.com |
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