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| Mensuel : | Edition de novembre 2007 |
| Rubrique : | Finance/Banque privée |
| Titre : | Séminaire Degroof: "Les Fonds de Hedge Funds" |
| Article : | Actif dans la gestion de fonds de hedge funds depuis de nombreuses années, le Groupe Degroof a lancé en avril dernier un cycle de séminaires dédiés à la gestion alternative. Il a semblé en effet opportun à Degroof Gestion Institutionnelle-Luxembourg d’organiser des workshops sur cette thématique afin de synthétiser les résultats des recherches les plus récentes sur le sujet. Après le premier workshop qui traitait des stratégies d’arbitrage et un deuxième qui abordait l’étude des stratégies directionnelles, le troisième workshop s’est déroulé ce jeudi 25 octobre à la Banque Degroof Luxembourg. Il avait pour intitulé: "Les Fonds de Hedge Funds".
La gestion alternative a connu ces cinquante dernières années un développement en deux étapes. Il y a eu tout d’abord une période d’incubation, durant laquelle quelques HNWI (High Net Worth Individuals) en quête de performance absolue investissaient dans les hedge funds. Ensuite, avec l’éclatement de la bulle Internet en 2000, les investisseurs institutionnels ont recherché des placements susceptibles d’améliorer la diversification de leur portefeuille. Ces investisseurs ont fait une arrivée massive dans le monde des hedge funds qui connaît une croissance exponentielle. Au second trimestre 2007, les capitaux placés dans les hedge funds s’élevaient à 1750 milliards de $, pour un nombre estimé de 7460 hedge funds et 2307 fonds de hedge funds (source HFR). L’industrie est assez fragmentée, avec seulement 5% des single hedge funds qui ont des encours supérieurs à USD 1 milliard. La durée de vie moyenne d’un hedge fund est de 5 à 7 ans. La stratégie Equity Hedge est la plus représentée des stratégies de hedge funds (27.73%), suivie de relative value arbitrage (14.38%), event-driven (13.06%), global macro (11.15%) distressed secutities (5.24%). (source HFR). Ce succès croissant des hedge funds et des fonds de hedge funds ainsi que la diversification des profils de risques des investisseurs finaux ont amorcé une profonde réflexion sur les pratiques de gestion dans l’univers alternatif, en mettant particulièrement l’accent sur le contrôle des risques. Si certaines stratégies alternatives sont non directionnelles, c’est-à-dire non exposées au risque de marché, elles sont néanmoins exposées à de multiples facteurs de risque comme les risques de volatilité, de crédit, de"commodities", de liquidité… Or l’essentiel des outils traditionnels de mesure de la performance et des risques repose sur une hypothèse commune: la normalité de la fonction de distribution de l’actif évalué. Le risque d’un actif est alors uniquement caractérisé par le moment d’ordre deux de la fonction de distribution de ses rendements (i.e. l’écart-type ou la volatilité). Néanmoins, de nombreuses études ont mis en évidence la significativité des moments d’ordre trois (skewness ou coefficient d’asymétrie) et d’ordre 4 (kurtosis ou coefficient d’aplatissement) pour caractériser la fonction de distribution des returns des hedge funds. Les risques des hedge funds ne peuvent être analysés dans le cadre moyenne/variance et les mesures de risque ou de performance traditionnels (volatilité, ratio de Sharpe …) ne sont guère représentatifs. Dès lors de nouvelles mesures de risque s’imposent comme la VaR (Value-at Risk, calculée sur base de données historiques ou avec des simulations de Monte-Carlo ou avec l’expansion de Cornish-Fisher), perte maximale du portefeuille qui ne sera dépassée que rarement ou la Conditional VaR (une moyenne de la perte que subirait le portefeuille si la VaR est dépassée). Un nouvel indicateur de performance tend à s’imposer depuis 2002: l’Oméga. L’Oméga convient parfaitement à l’évaluation des hedge funds, puisqu’il considère toute la fonction de distribution de l’actif évalué. Ce ratio mesure la probabilité cumulée de gain par rapport à celle de perte. Un ratio Oméga élevé sera toujours préférable à un ratio bas. Le workshop s’est terminé par une démonstration de construction quantitative d’un fonds de hedge funds comportant les étapes suivantes: profilage, sélection quantitative des single hedge funds, optimisation. La fonction d’optimisation utilisée ici est la minimisation de la VaR (Value-at-Risk) modifiée par l’expansion de Cornish Fisher pour précisément tenir compte de l’asymétrie et des queues de distribution plus épaisses des hedge funds et minimiser la probabilité d’occurrence des pertes extrêmes. Christian Berbé Christian Berbé est Directeur Adjoint auprès de la société Degroof Gestion Institutionnelle-Luxembourg. christian.berbe@dgi.lu |
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