Mensuel : Edition de juillet 2007
Rubrique : Informatique
Titre : Analyse IT Asset Management:
En 2007, un rythme de dépense en TIC des entreprises similaire à 2006
Article : Avec cinq mois de recul, le scénario de dépenses en Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) des entreprises semble assez similaire à 2006, année où elles ont crû de 6 à 8% selon les analystes.

Ce rythme de croisière “normalisé” est sain même s’il est qualifié par certains, en référence à la fin des années 90, de “terne” (“Tech spending is holding up, but it’s dull”: Laura Conigliaro, Goldman Sachs). Nous retenons plutôt la résilience des dépenses TIC des entreprises, en dépit du ralentissement de l’économie américaine, et un rythme qui reste supérieur à celui de la croissance de l’économie mondiale. Des cabinets d’analyse réputés avaient prédit en début d’année une quasi stagnation, tel Forrester Research qui annonçait 1 à 2% en raison du ralentissement américain. Les prévisions sont maintenant revues à la hausse pour s’approcher de 2006.

Les moteurs d’une telle croissance sont doubles. La forte croissance de l’économie mondiale, pour la cinquième année consécutive, offre de nombreuses opportunités aux entreprises. Elles se traduisent par des investissements significatifs dans les pays émergents ou une politique offensive d’acquisitions. Autant de moteurs pour lancer de nouveaux projets TIC. La prudence longtemps affichée par les directions en terme d’investissements (il suffit de regarder la forte croissance des free cash flows, à leur plus haut historique, pour s’en convaincre) fait que les entreprises se retrouvent aujourd’hui avec une infrastructure vieillotte.

Faire plus avec moins

Le rythme de dépenses TIC des entreprises peut être l’arbre qui cache la forêt. La problématique majeure des directeurs des systèmes d’information aujourd’hui est que leur budget est immobilisé par la maintenance des installations existantes, au moment où ils doivent concrétiser les ambitions de leur direction et croulent sous les demandes des directions opérationnelles. Idéalement, une allocation de 70% de maintenance contre 30% de nouveaux projets devrait s’inverser. Les impacts d’un tel changement de priorité sont déjà visibles. Ainsi en est-il de l’usage croissant de services offshore pour externaliser le développement et la maintenance d’applications internes, libérant autant de forces en interne. Une offre très compétitive de serveurs x86 et la maturité du système d’exploitation Linux rendent possible la migration de serveurs haut de gamme achetés chez les constructeurs Unix, tels que Sun, vers cette nouvelle architecture.

Le gain est immédiat car la maintenance de ces matériels est coûteuse. Il est aujourd’hui possible de substituer certaines couches logicielles d’infrastructure par des solutions open source, maintenant arrivées à maturité. C’est le cas des messageries d’entreprise, des bases de données et de la bureautique. Simultanément, l’offre de logiciels “à la demande” (logiciels proposés en tant que service et payés à la consommation) connaît une popularité croissante aussi bien auprès des moyennes entreprises que des grandes, tant l’économie réalisée par rapport à une implantation interne est séduisante. Il faut d’ailleurs souligner que c’est la maturité de l’offre open source qui rend possible ces offres de logiciels “à la demande”. Le Fonds a pour stratégie de se concentrer sur les segments de forte croissance et sur les acteurs qui en profitent le plus. Ainsi, le Fonds est-il investi dans Salesforce.com, leader des solutions logicielles “à la demande” ou Red Hat, fournisseur de solutions open source Linux et serveurs d’application. En parallèle, notre analyse élimine les acteurs qui sont les plus vulnérables, tels Oracle et Microsoft, même si ce dernier bénéficie à court terme de la disponibilité de Vista et Office 2007. Rappelons que les chiffres d’affaires de Salesforce.com et Red Hat ont augmenté respectivement de 68% et 45% par an, entre 2004 et 2006.

Rapport de gestion

Network Appliance publie un très bon trimestre qui clôture une nouvelle année de forte croissance (36%). Pour autant, la société annonce qu’elle n’a pu construire un carnet de commandes suffisant pour maintenir son rythme de croissance sur le trimestre à venir. Comme d’autres sociétés dont IBM, elle évoque un coup de froid, du côté des grandes entreprises américaines sur le mois de mars. Ces dernières ont pu voir, dans la correction boursière de février, un signal annonciateur de mauvaises nouvelles économiques à venir. Nous constatons également une faiblesse d’exécution des commerciaux, focalisés en fin d’année sur les ventes du dernier trimestre, déterminant pour le calcul des primes.

La punition est immédiate et sévère puisque le cours dévisse de 14% sur le mois, le ramenant au niveau d’août 2006. Nous pensons cependant que le potentiel de la société reste intact et qu’elle reste en mesure de prendre des parts de marché, notamment face à EMC, à l’architecture de produits disparate et vieillissante. Nous gardons également à l’esprit que le rachat de Nework Appliance par IBM est régulièrement évoqué. Une acquisition loin d’être farfelue puisqu’IBM a abandonné son offre interne pour revendre la gamme de Network Appliance. SiRF Technologies, le leader du marché de puces pour le GPS, est en baisse de 15% sur l’année car les investisseurs craignent l’émergence de nouveaux concurrents. Audiocodes, un fabricant israélien d’équipements de communication dédiés à la voix sur IP est la société la plus décevante, en baisse de 52% sur l’année.

Une faible position du Fonds pour laquelle nous cherchons néanmoins un point de sortie. Du côté des bonnes nouvelles maintenant. Mediatek, le concepteur de puces taiwanais, vole de succès en succès. Leader sur le marché des puces DVD (PC et lecteurs de salons), il réussit à pénétrer le difficile marchés des terminaux mobiles et développe aujourd’hui son offre pour les téléviseurs numériques. C’est ainsi que la croissance de ses ventes, 15% par an en 2005 et 2006, devrait s’accélérer pour atteindre 30% cette année. Sa marge opérationnelle moyenne sur les deux dernières années est supérieure à 40%. Mediatek bénéficie d’un écosystème particulièrement dynamique, constitué d’acteurs taiwanais et chinois ciblant le marché en forte croissance de la Chine. La valeur est en hausse de 25% en mai et de 55% sur l’année. Informatica quant à elle illustre la possibilité pour des acteurs logiciels de cibler un marché de niche à forte différenciation, ici le marché de l’Intégration de données (“Data Integration and Data Quality”). La valeur est en hausse de 25% sur l’année. Research in Motion (RIMM), en progression de 30% en 2007, atteint un nouveau plus haut sur la foi de rumeurs de rachat par Nokia. Au delà des trois meilleurs et des trois moins bon contributeurs, figurent un certain nombre de positions, dont la contribution 2007 est faible ou nulle mais dont le potentiel élevé reste intact.

L’objectif du Fonds est de trouver des sociétés de croissance à des prix raisonnables. De façon générale, le Fonds bât son indice de référence dans les périodes de hausse des marchés. Il peut donc paraître surprenant que, dans un marché favorable, l’indice ait fait mieux deux mois d’affilée. Il convient donc d’examiner plus en détails la performance de l’indice. L’indice MSCI IT est en hausse de 5% en avril, 3% en mai, 8,3% sur deux mois, soit l’équivalent d’une performance annualisée de 61%. Cinq valeurs tirent l’indice: Apple, Nokia, Intel, Hewlett Packard et IBM qui sont en hausse sur ces deux mois de 30%, 18%, 16%, 14%, 13% respectivement (une performance annualisée de 393%, 171%, 143%, 118%, 109%). Ce rythme sur ces grosses valeurs est-il tenable?

Une aussi forte et soudaine hausse du MSCI IT coïncide avec le renouveau des actions américaines qui font mieux que les valeurs européennes: +7,7% pour le S&P500 contre +6,6% pour l’Eurostoxx600 (USD). Nous verrons les prochains mois si ce mouvement se confirme. Il faut remonter à novembre 2005 pour voir un tel phénomène: l’indice MSCI IT avait alors battu le Fonds de quelques cinq pour cent sur un seul mois. Ce fût un fort signal de hausse des valeurs technologiques et le Fonds avait rattrapé ce retard en seulement deux mois. Quoi qu’il en soit, la qualité des valeurs en portefeuille nous autorise à rester confiants dans la capacité du Fonds à générer une bonne performance, rattraper l’indice et le battre pour la cinquième année consécutive.

Source: IT Asset Management, http://www.itasset.com

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