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| Mensuel : | Edition de mai 2004 |
| Rubrique : | Télécommunications |
| Titre : | Le capital investi va encourager les banques à investir dans l’informatique en 2004 |
| Article : | Une enquête révèle que le rendement du capital investi, et pas seulement la conformité réglementaire, va encourager les banques internationales à investir dans l’informatique en 2004. Il a été fait grand cas du scepticisme (certains diraient même de l’opposition) affiché par les banques américaines vis à vis de la ratification de l’accord Bâle II. Bâle II présente un nouveau cadre pour la détermination du montant de fonds propres que doivent détenir les banques internationales pour couvrir les risques de crédit, de marché et opérationnels.
Suite aux objections soulevées par les Etats-Unis, le comité de Bâle a accepté de repousser la signature des nouvelles règles de décembre 2003 à juin 2004. Le nouvel accord ne sera donc pas effectif avant fin 2006. Mais nous prêtons aussi l’oreille à la déclaration du Vice-Président Exécutif du Groupe de Surveillance Bancaire de la NY Fed (qui est également membre du comité de Bâle) : “De nombreuses banques actives sur le plan international font actuellement de gros progrès en matière de quantification du risque opérationnel en prévision de Bâle II. Beaucoup d’entre elles ont déjà reconnu que le processus de Bâle les a encouragé à explorer de nouvelles méthodes de détermination et de gestion de ce risque.” Dans une autre perspective, la conformité réglementaire est considérée par de nombreux analystes techniques comme la justification d’une reprise substantielle des dépenses informatiques en 2004 et au-delà. Le cabinet d’analystes IDC, évoquant le secteur bancaire européen, a déclara que “A compter de 2004, les banques vont consacrer une plus grande partie de leurs budgets informatiques à l’adaptation de leurs systèmes informatiques aux nouvelles exigences de Bâle II et, en particulier, au développement de solutions de gestion du risque.” Datamonitor, un autre cabinet d’analystes, prédit que les dépenses des banques européennes dans Bâle II vont atteindre 1,9 milliard de $ en 2004 et 2 milliards de $ en 2005. Les principales réglementations touchant le secteur bancaire sont Bâle II, la norme comptable internationale 39 et la directive européenne sur l’adéquation des fonds propres (CAD3). La directive CAD3 est élaborée en parallèle avec Bâle II. Néanmoins, les législateurs de l’UE ne seront probablement pas influencés au-delà d’un certain point par les lobbies non européens. Il n’existe donc aucune garantie que, une fois que la directive CAD3 sera finalisée, elle incorporera tous les compromis négociés dans Bâle II. Par exemple, la Banque d’Angleterre fait actuellement pression sur quatorze des plus grandes banques britanniques pour qu’elles fassent des réserves de 2 milliards de £ contre le risque d’effondrement d’un prêteur, qui sèmerait la panique dans le système de compensation bancaire. Le rendement du capital investi demeure la priorité numéro un Il n’en reste pas moins que les auteurs de ce rapport (et bien entendu, les personnes interrogées dans le cadre de notre programme de recherche) sont d’avis qu’il serait erroné d’attribuer cette nouvelle hausse des dépenses informatiques par les banques exclusivement aux exigences de conformité. Une raison tout aussi importante de l’investissement informatique des deux dernières années a été le rendement rapide et mesurable du capital investi (RCI). De nos jours, aucun directeur financier qui se respecte n’approuvera des dépenses informatiques en l’absence d’un RCI convaincant et démontrable. Group 1 Software et Marketing UK ont donc décidé de mener une enquête afin de découvrir exactement où les 500 premières banques internationales allaient concentrer leur investissement dans l’informatique en 2004. Bien que la conformité réglementaire constitue un facteur relativement important pour les personnes interrogées (66% en score d’importance), elle n’est pas la première priorité. C’est la notion plus large de gestion du risque opérationnel qui arrive en tête (75%), suivie de près par l’amélioration du service clientèle (71%). Ces résultats sont importants, car ils illustrent clairement la stratégie des banques internationales : allier les dépenses imposées (conformité réglementaire) à l’obtention d’un avantage concurrentiel (gestion du risque opérationnel et amélioration du service clientèle). Il convient de se pencher sur l’enthousiasme dont font preuve les personnes interrogées pour la gestion de leur risque opérationnel, et par extension l’obtention d’un avantage concurrentiel. Les systèmes de gestion du risque opérationnel contribuent à la lutte anti-fraude en soulignant les écarts entre les montants et les documents, mais cette fonction demeure relativement secondaire. Au quotidien, le risque opérationnel concerne bien davantage le niveau inévitable d’opérations ratées ou à problème (anomalies). Plus les systèmes de risque opérationnel sont efficaces, plus ces problèmes sont constatés et résolus rapidement, et plus la réputation de l’institution augmente sur le marché pour les services corporate et interbancaires. L’efficience des opérations est également améliorée, grâce à une vision plus précise des fonds disponibles prenant en compte les opérations à problème. Le coût de l’inefficience n’est pas simplement une question de niveaux de compensation standard entrant en vigueur lorsqu’une opération n’est pas réglée à l’échéance. Les banques doivent également verser des fonds de change à terme au système CLS, et les niveaux de paiement ne reflétant pas exactement le montant de l’opération entraînent des coûts de positions longues ou courtes et d’emprunt forcé (coûteux) à un fournisseur de liquidités approuvé, ou la perte d’opportunités en raison du déploiement inefficace des fonds sur les marchés financiers. Quant aux valeurs, l’emprunt d’actions déprimées est très coûteux, et pourrait être presque totalement éliminé par des systèmes de gestion des opérations plus efficaces et efficients. La gestion du risque se traduit donc par une amélioration du service clientèle et une augmentation de l’avantage concurrentiel dans trois domaines de risque principaux : fraude et autres délits ; pertes financières résultant d’une réduction des marges de profit due au manque d’efficience ; et peut-être le plus important, perte de réputation. Ajoutons à cela les exigences de capitaux propres de Bâle II (après 2006), qui imposent la mise en place de systèmes et de procédures de gestion du risque opérationnel efficaces, et l’argument en faveur de l’investissement informatique devient irréfutable. Importance de la qualité des données L’obtention de ces deux objectifs de conformité réglementaire et d’avantage concurrentiel repose sur une composante fondamentale, qui constitue probablement le plus grand défi se posant à l’informatique : l’intégration des données. Le Directeur de la Technologie de l’une des 5 premières banques britanniques a récemment déclaré : “L’un des gros challenges concerne les données nécessaires au calcul des risques : les données sont-elle disponibles, uniformes et correctement détaillées?” Cette opinion est corroborée par un rapport soumis au Comité de Bâle par la British Bankers Association et la London Investment Banking Association, qui indique que “De nombreux aspects du risque opérationnel sont entravés par le manque de données. Les données sont essentielles pour clarifier l’étendue potentielle des pertes, ainsi que l’importance relative par catégorie….” La gestion du risque opérationnel “best practice” exige une gestion approfondie des données, véritable gageure pour toutes les banques, qui se traduit par la largeur en termes de type de données et la profondeur en termes d’historique des données requises. Peut-être pour la première fois, il devient nécessaire de collater des données sur le cycle de vie des clients, sur la notation et sur la disposition à l’exposition dans un but unique. Bien entendu, la plupart de ces données existent déjà. Mais elles existent en silos au sein de la banque et sont utilisées à des fins discrètes par les fonctions Marketing, Crédit ou Conformité. Bâle II exige une source unique : une seule version des données clients et des données d’exposition dans toute l’organisation. De surcroît, Bâle II décrit en détail comment le risque opérationnel devrait être géré par la méthode de mesure avancée (AMA), ce qui va constituer un véritable défi pour de nombreuses banques. Les banques font donc face à trois challenges au niveau des données: les trouver, les sourcer et les valider. La plupart de ces données existent déjà dans la banque, mais à travers une multitude de systèmes sectoriels reposant souvent sur des applications héritées. Si l’on considère l’avalanche de fusions et d’acquisitions survenue dans le secteur bancaire depuis une décennie, le potentiel d’incompatibilité des données est ahurissant. La gestion du risque opérationnel en général, et les exigences de Bâle II en particulier, nécessitent le transfert continu de données granulaires dans une application centrale. Ces données doivent non seulement être collectées dans un entrepôt de données central, mais aussi être rapprochées et validées par une multitude de contrôles et de balances pour pouvoir satisfaire le régulateur européen. Cela signifie qu’il faut mettre les fichiers de données à jour fréquemment, sinon en temps réel. Nous avons également demandé aux personnes interrogées dans quel domaine les données en temps réel présentaient le plus d’avantages pour une banque internationale. Une fois encore, la gestion du risque arrive en tête. Conclusion En conclusion, ce rapport montre que la conformité influencera probablement l’augmentation des dépenses informatiques en 2004-5, mais que le secteur bancaire international, bien au-delà d’une simple conformité, s’est donné pour objectif le rendement immédiat et supplémentaire du capital investi dans ses budgets informatiques. Il reconnaît également le rôle important des données en temps réel dans la gestion du risque opérationnel, afin de réduire les inefficiences quotidiennes, ainsi que les occasionnelles fraudes et négligences. Pour finir, nous prédisons que la majorité de l’investissement dans le conditionnement et l’entreposage des données, si fondamental à la gestion du risque opérationnel, surviendra en 2004 plutôt qu’en 2005. Group 1 Software |
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