Mensuel : Edition de juin 2010
Rubrique : Informatique Bancaire/IT
Titre : Le CFO, ses applications financières, ses fournisseurs de solutions informatiques : Choix et enjeux
Article : Par Dominique GALLOY, Partner Sigma Conso Luxembourg

Le terme BI, ou Business Intelligence par exemple couvre en réalité une série d’applications informatiques qui sont apparues il y a bien des années afin de couvrir des besoins sous-jacents. Tout commença avec le concept de EIS (Enterprise Informations Systems) ; ces applications à fort contenu IT et qui permettaient des présentations graphiques des principaux indicateurs d’une société. Dans ces années fleurirent même de nouvelles fonctions au sein des directions générales ou financières, appelées MIS managers pour Management Informations Systems, comprenez outils à destination de la direction.

En réalité, une pléthore d’applications ou de modules tombent sous ce concept de BI aujourd’hui. Il s’agit surtout de reconnaître l’existence de processus différents et complémentaires de remontée des informations, à savoir: la budgétisation, les prévisions, le reporting, la consolidation, l’analyse financière, etc. Celles-ci sont couplées le cas échéant grâce à des applications ou systèmes d’interfaçage ETL (Extract Transform Load)avec les systèmes transactionnels et parfois associées à des systèmes de navigation dans l’information OLAP (On-line Analytical Processing). Ces outils sont devenus aujourd’hui plus accessibles en termes d’utilisation, de maintenance et de mise en œuvre. Ces applications sont souvent accompagnées de messages marketing prometteurs. Prenons par exemple le fameux concept de ‘drill-down’ du top jusqu’à la transaction. En réalité, l’information au top est souvent le résultat d’une succession de processus différents et avec une autre finalité. Diverses transformations logiques ont eu lieu comme des retraitements IFRS, des éliminations de données intra-groupe, des conversions monétaires parfois complexes ou en cascade, etc.

En bref, il ne s’agit pas simplement de parcourir une vulgaire arborescence et les liens entre les données ne sont plus unitaires. Cela étant dit, même si l’intégration totale des processus de budgétisation, de forecasting, de reporting et de consolidation reste dans les faits chose rare, il n’en est pas moins vrai de constater que chaque produit individuel a fortement évolué en contenu fonctionnel pour répondre aux mieux aux besoins des directions financières.

Le paysage des éditeurs des ces applications financières a également drastiquement évolué. Leur nombre d’abord s’est vu fortement réduit de par les acquisitions et fusions successives des éditeurs ces dix dernières années. Aujourd’hui, le modèle proposé par les trois grands acteurs mondiaux que sont IBM, SAP et Oracle a des conséquences directes sur les CFO’s:
- Les risques liés à ce type de projet sont plus importants qu’avant. La cause en est la nécessité de s’adresser à trois fournisseurs pour un seul projet. A savoir l’éditeur ou son distributeur, l’intégrateur et enfin le spécialiste métier. Les compétences dans le cadre de pareil projet de mise en œuvre et même les services liés à la maintenance se retrouvent scindés entre ces différents intervenants.
- La concentration des éditeurs a fait que ces sociétés sont devenues bien plus grandes et plus influents que la majorité de leurs clients. Le pouvoir du client sur son fournisseur s’en trouve d’autant amoindri. Imaginez alors le poids d’un seul groupe local dans le chiffre d’affaires de ces géants de l’informatique. Le dialogue, voire tout contact personnel et privilégié disparait au profit de procédure standardisées et impersonnelles.
- Le CFO se trouve confronté au fournisseur ‘maison’ en matière d’IT et en est de plus en plus dépendant. Or, si l’on accepte le précepte qu’aucun logiciel ne correspond à 100 % aux besoins spécifiques de chaque client, alors, le risque existe bel et bien de se voir délivrer des applications ou modules additionnels qui fonctionnellement ne répondent que partiellement aux besoins réels du CFO. Les applications spécialisées pourtant répondent souvent mieux aux besoins et offrent plus de valeur ajoutée fonctionnelle.

A côté de ces acteurs mondiaux, subsistent un certain nombre d’éditeurs de solutions spécialisées qui connaissent une demande croissante par leur approche pragmatique des processus et le fait qu’ils regroupent en leur sein l’ensemble des besoins associés, c.-à-d. de la solution logicielle à l’assistance métier en passant par les services de formation et d’implémentation de solutions. Ils représentent surtout pour le client un partenaire attentif et à leur écoute, capable de comprendre leurs problèmes et suffisamment flexible pour y fournir une solution adaptée.

En conséquence, notre conseil à l’attention des CFO’s serait de choisir en connaissance de cause une stratégie et d’en supporter les conséquences. Le choix d’un logiciel passe par le choix entre la priorité aux fonctionnalités ou à l’économie d’échelle apportée par le fournisseur unique.

Dans le premier cas de figure, l’on choisira l’éditeur qui présente le plus de fonctionnalités adaptées. L’on a tendance à parler ici de ‘Best of Breed’. Ce choix d’applications hétérogènes associées à des systèmes d’interconnections entre les applications peut souvent s’avérer très productif et à moindre coût. La seconde approche consiste à acquérir un ensemble de produits d’un même fournisseur et à se reposer sur celui-ci pour assurer une cohérence entre les applications. Notons toutefois qu’il s’agit souvent d’applications issues d’acquisitions successives d’éditeurs spécialisés. L’avantage de la présence du fournisseur mondial dans chaque pays du globe a également tendance à s’estomper par l’avènement des nouveaux concepts que sont le Cloud Computing et l’assistance à distance qui font leur entrée dans ce domaine des applications financières.

En tant qu’acteurs de référence dans le domaine, nous constatons toutefois que bon nombre de CFO’s dans nos régions ont recours, par exemple, à des applications spécialisées de consolidation au lieu de choisir pourtant des modules proposés par les systèmes ERP (Enterprise Resource Planning). Ceci confirme que les CFO’s de nos régions privilégient une véritable sélection par une analyse approfondie des solutions proposées sur base de fonctionnalités à une stratégie informatique globale de fournisseur IT unique.

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