Mensuel : Edition de juin 2010
Rubrique : Informatique Bancaire/IT
Titre : Il vous reste 200 jours pour normaliser votre comptabilité !
Article : A partir du 31 décembre 2010, la grande majorité des entreprises luxembourgeoises devront adopter un Plan Comptable Normalisé (PCN). C’est donc une migration fastidieuse qui s’annonce pour les gestionnaires et leurs experts comptables/fiscalistes. Ce 1er juin, près de 150 décideurs luxembourgeois se sont rassemblés au Kirchberg pour faire le point sur cette grande manœuvre que les plus prévoyants ont déjà entamée. La rencontre eu lieu à l’initiative du groupe Sage, un des principaux éditeurs de solutions de comptabilité, et Alter Domus, une importante fiduciaire de la place, comptant plus de 300 collaborateurs.

Pour Philippe Tailleur (cf. portrait), CEO de Sage Belux, et René Beltjens, Managing Director d’Alter Domus, la normalisation du plan comptable luxembourgeois est une évolution logique des choses. La comptabilité a, en effet, toujours eu pour essence même de servir de garantie aux tiers qui doivent y retrouver le plus clairement et certainement possible les signes de bonne ou mauvaise santé d’une entreprise, qu’elle soit cliente ou fournisseur. L’Etat lui-même est d’ailleurs un de ces principaux tiers qui doit se donner les moyens d’analyser de façon cohérente les performances des acteurs de son économie. Pour cela, une seule solution: harmoniser l'ensemble des règles d'évaluation et de tenue des comptes tout en consolidant l’ordonnancement de ces derniers. "Le règlement grand-ducal du 10 juin 2009, qui définit désormais la teneur et la présentation du plan comptable visé à l'article 12 du Code de commerce, a en outre l’objectif très louable de s’inscrire dans une perspective globale de simplification administrative pour les entreprises, puisqu'il leur permettra, entre autres, d'alléger les obligations de reporting à l’égard des autorités", souligne d’emblée Philippe Tailleur.

Si l’issue de cette mesure est donc un gain très appréciable en temps et en transparence, il faut reconnaître que, pour la plupart des entreprises luxembourgeoises, la normalisation est avant tout synonyme d’une préparation longue et méticuleuse des comptes, d’un surcroît de contrôle des imputations, de nouvelles habitudes de lecture de leurs comptes, et de nouvelles données de “reporting” à assimiler.

"Nous remarquons que les petites entreprises sont relativement peu informées et conscientes de ce qui les attend" explique Manfred Schneider, Director chez Alter Domus. "Par contre, les plus grandes organisations se préparent déjà activement alors que les professionnels du chiffre tels que nous mettent sur pied de véritables groupes de travail dont la mission principale est de gérer le changement, former les experts, établir les bonne pratiques et couvrir le plus grand nombre de cas plus complexes qui risquent de prêter à interprétation". Chacun y va d’ailleurs de sa publication didactique afin d’informer au mieux les gestionnaires qui y perdent malgré tout leur latin puisque certains comptes changent même complètement d’affectation. Une initiative pédagogique des autorités et du secteur associatif professionnel sera ainsi plus que la bienvenue dans les mois à venir afin de guider et lever les doutes subsistants. Cela éviterait des migrations différemment gérées d’une comptabilité à l’autre, ce qui aurait, bien entendu, un effet diamétralement opposé au but ultime d’harmonisation du PCN.

"Les risques sont inéluctables lors d’opérations d’une telle ampleur", reconnait René Beltjens, "et il est de notre devoir d’experts de faire en sorte que tout se passe collégialement et le mieux possible. Mieux encore, cette migration est l’occasion idéale pour la profession et ses clients d’optimiser, sinon de rectifier, des écritures faites dans le passé." Ce bouleversement aurait donc même de bons côtés pour certains? C’est ce que ces professionnels prétendent en osant même qualifier le moment "d’opportunité à saisir" par tous ceux qui profiteront du moment pour faire le grand pas de l’innovation.

"En extrapolant notre expérience des marchés limitrophes, près de 15% des comptabilités grand-ducales sont encore tenues sur des solutions informatiques fonctionnant sous DOS…", s’insurge Philippe Tailleur. "Bien entendu, nous sommes conscients du fait que la gestion et la comptabilité sont malheureusement trop peu considérées par les dirigeants qui se concentrent sur leurs ‘outils métier’. Ils perçoivent ces rangées de comptes comme un mal nécessaire, un poids mort et parfois même handicapant, alors que les nouveaux outils disponibles sur le marché font virevolter les chiffres pour garantir une meilleure vision du fonctionnement de l’entreprise et permettre d’en optimiser les prestations." On parle désormais autour de la table de gestion pilotée, d’analyse comparative, de business intelligence, de dépôts automatisés ou encore d’interface proactive… Il semble que la page soit définitivement tournée pour les scribouillards et leurs bouliers-compteurs. Le PCN est donc l’occasion idéale de passer à la vitesse supérieure en migrant non seulement les données mais en optimisant aussi un outil informatique qui, finalement, fera gagner énormément de temps aux entreprises. "Ce sont les PME qui y ont le plus à gagner", affirme Philippe Tailleur, "étant donné qu’elles ont structurellement parlant moins de temps et qu’elles sont, paradoxalement, les moins bien équipées".

En parlant d’automatisation, Sage profite justement de l’événement du Kirschberg pour présenter ce qu’ils appellent le Sage BOB-LuxConverter, un outil développé sur mesure et pour l’occasion afin de faciliter la migration des données et systématiser la plupart des opérations aussi répétitives que rébarbatives. Ce module propose de compléter une table de conversion pré-remplie et de l’appliquer à la comptabilité de chaque entreprise. Pour les sociétés gérant plusieurs dossiers comptables, les changements successifs mettent à jour le remplissage de la table de conversion. Ainsi, au fur et à mesure de son utilisation, celle-ci rendra proactivement l’encodage de moins en moins laborieux.

Sage, qui connait actuellement une croissance de plus de 14% au Belux, compte environ 3.000 clients au Luxembourg, dont plusieurs centaines de fiduciaires. Elle vend et installe ses solutions de comptabilité, gestion et CRM à travers un réseau d’une vingtaine de partenaires locaux et s’attend, avec l’avènement du PCN, à une sérieuse augmentation de ses activités. "Nous voulions accompagner cet élan vers plus de simplicité et permettre aux entreprises luxembourgeoises de se concentrer sur ce qui compte vraiment: leur business", concluent Philippe Tailleur et René Beltjens avant d’ajouter d’un air enjoué, "nous souhaitons d’ores et déjà un merveilleux réveillon de nouvel an 2011 à tous ceux qui, la paix dans l’âme, auront pris leur précaution!" A bon entendeur…

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