Mensuel : Edition de juin 2010
Rubrique : Economie/Conseil
Titre : L’auditeur interne, collaborateur stratégique du conseil d’administration
Article : Les auditeurs internes devraient servir de conseillers quant aux problématiques d’évaluation et de gestion des risques stratégiques tout en aidant les dirigeants à inscrire la réussite de leur entreprise à long-terme. Ce sont les conclusions qui sont ressorties de l’étude "Global Internal Audit Survey", et d’une table ronde organisée dernièrement par PwC Luxembourg.

Les participants à l’événement, acteurs majeurs de l’audit interne au Luxembourg, se sont accordés au fil des discussions sur les résultats révélés par une nouvelle étude réalisée par PricewaterhouseCoopers auprès de 2000 participants de 55 pays et intitulée "A future rich in opportunity: Internal audit must seize opportunities to enhance its relevancy". La récente crise économique mondiale a fait de la gestion de risque une des préoccupations clé des dirigeants. Forte de sa vision transversale et de sa mission, la fonction d’auditeur interne devrait ainsi servir de conseiller en matière de risques stratégiques auprès du conseil d’administration.

"Suite à la crise financière, les dispositifs de gestion des risques des entreprises sont examinés à la loupe, déclare Vincent Villers, associé et responsable des services à l’audit interne chez PwC Luxembourg. Etant donné que pour expliquer la crise, beaucoup ont pointé du doigt la mauvaise gestion de risque, les CEO, tout secteur confondu, tentent à présent d’améliorer leur gestion des risques afin de mieux se préparer à un environnement qui s’annonce très exigeant. Les besoins et les attentes en matière d’audit interne n’ont donc jamais été aussi élevés. Ainsi, la question clé est de savoir si cette fonction obtient réellement des résultats. Proposer un rôle plus important et plus stratégique à l’audit interne représente également un défi, ajoute-t-il."

Des domaines à parfaire

L’enquête, ainsi que la session de débats organisés récemment par PwC Luxembourg au sein de ses locaux, ont identifié plusieurs domaines comme autant d’opportunités pour combler l’écart entre les nouvelles attentes en matière d’audit interne face au contexte de crise, et les fonctions d’audit interne telles qu’elles existent encore actuellement:
- l’extension du champ d’application des travaux de l’audit interne ainsi que l’adaptation de la nature de ces travaux vers plus de conseils ;
- le souci permanent de compenser davantage le manque de compétences face au contexte de crise en revoyant le nombre et le type de ressources ;
- l’identification des moyens à mettre en oeuvre pour augmenter l’efficacité et l’efficience des fonctions d’audit interne ;
- l’exploitation des technologies disponibles, s’adressant directement aux auditeurs internes dans une perspective d’efficacité accrue ;
- la collaboration et l’intégration avec les autres fonctions telles que le Risk Management et la Compliance;
- le rôle de l’audit en matière de gouvernance.

Les deux derniers domaines ont d’ailleurs particulièrement nourri les débats: "Au niveau du Luxembourg, les attentes grandissantes vis-à-vis de l’audit interne en matière de gouvernance et de risques stratégiques sont en effet perçus de manière très claire. Mais les fonctions d’audit interne sont-elles réellement suffisamment armées et prêtes à relever le défi?, s’interroge Vincent Villers. Les auditeurs internes doivent en effet pouvoir se donner les moyens de répondre aux attentes accrues et mouvantes des parties prenantes face au contexte de crise. Au Luxembourg, le partage d’informations et de points de vue entre les différentes fonctions constitue une réelle opportunité à saisir. Il s’agit également de repenser le modèle de développement personnel des auditeurs internes en matière de gestion de carrière afin de promouvoir la fonction et lui donner la place nécessaire dans l’entreprise."

Envisager des changements radicaux

PwC pense qu’en gardant ces défis à l’esprit, l’audit interne devrait adopter une approche du changement plus radicale que par le passé, ainsi que redéfinir et repenser sa façon d’opérer.
L’enquête met en évidence les principales mesures à prendre afin d’opérer les mutations nécessaires:
- débuter avec un plan ;
- repenser les pratiques liées à la gestion des risques ;
- combler les lacunes en matière de qualifications et compétences ;
- harmoniser l’audit interne aux autres fonctions liées à l’assurance ;
- se concentrer sur le ROI (retour sur investissement) généré par la technologie.

"Au cours de la table ronde, nous avons présenté le concept "d’audit interne 2.0" - notion regroupant une collaboration accrue, un alignement important ainsi que l’utilisation de la technologie - pour inciter les entreprises à envisager des changements radicaux, conclut Vincent Villers. Comme l’audit interne fait continuellement face à de nouveaux besoins et attentes, la fonction doit prendre les bonnes décisions afin de se donner les moyens de jouer le rôle fondamental qui lui est imparti au sein de l’entreprise. Cela signifie, développer ses capacités et se préparer à agir en tant qu’une ressource plus efficace pour les dirigeants, directeurs et conseils d’administration en matière de stratégie, d’identification, de contrôle et de modération des risques."

L’étude "A future rich in opportunity: Internal audit must seize opportunities to enhance its relevancy" réalisée par PwC est consultable en ligne sur www.pwc.com/lu/internalaudit.

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