Le Mensuel d’AGEFI Luxembourg
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Mensuel : Edition de juin 2010
Rubrique : Economie/Conseil
Titre : La BCE prend le pouls des banques face à la crise grecque
Article : La Banque centrale européenne (BCE) a organisé le vendredi 7 mai une téléconférence avec plusieurs banques commerciales pour recueillir leurs impressions sur la situation des marchés monétaires et les implications de la crise grecque, apprend-on de plusieurs sources bancaires. Cette réunion à distance impromptue, qui a duré environ 45 minutes, intervient alors que les inquiétudes liées à la crise de la dette publique dans la zone euro menacent de provoquer un nouveau gel des marchés interbancaires.

Ces tensions alimentent la spéculation sur un possible recours de la BCE aux mécanismes de prêts en dollars et d'opérations de refinancement à plus long terme qu'elle a utilisées après la faillite de Lehman Brothers fin 2008 pour prévenir un effondrement du système bancaire européen. "Les gens ont de nouveau pratiquement arrêté de se prêter les uns aux autres. Si Lehman était de force 10, nous en sommes à 7", a déclaré un professionnel du marché monétaire qui a requis l'anonymat. Un responsable bancaire ayant participé à la téléconférence a expliqué que la BCE souhaitait recueillir l'opinion des banques sur les tensions actuelles. Il a souligné que ce type de consultation n'était pas inhabituel de la part de la banque centrale. La BCE s'est contentée d'écouter et de prendre des notes. Ce n'est pas la panique. La première chose qu'ils disent à chaque fois, c'est: 'Nous ne sommes là que pour vous écouter, nous ne pouvons faire aucun commentaire'", a-t-il poursuivi. "Ils prennent toutes les informations qu'ils reçoivent, ils les rassemblent et ils les transmettent au conseil de la BCE." La banque centrale a refusé de commenter ces informations. La crainte d'un défaut de la Grèce sur sa dette a ravivé les inquiétudes sur la santé financière des banques de la zone euro ces derniers jours. Les banques ont déjà cessé de prêter à leurs contreparties grecques et les établissements portugais et espagnols sont désormais menacés d'un tel "blocus".

"Nous avons besoin de liquidités"

Les taux des prêts interbancaires remontent régulièrement, tout comme le coût des garanties contre un risque de défaut des banques européennes. La semaine dernière déjà, les opérateurs des marchés monétaires avaient interprété comme un signal d'alarme le fait qu'au moins une banque se dise prête à payer un taux d'intérêt 1,5% pour obtenir des refinancements à trois mois de la BCE, soit un demi-point de plus que le taux de référence de 1,0%. "Nous avons besoin de liquidités en dollars. Nous avons besoin que les facilités euro/dollar soient relancées à des niveaux acceptables", a dit un autre trader, exprimant le souhait que la BCE injecte des liquidités en euros à des taux inférieurs à 1,0%. La source qui s'est exprimée sur la téléconférence de la BCE a dit s'attendre à une reprise des prêts en dollars, ce qui passerait par des swaps de changes entre banques centrales.

"La Fed américaine et la BCE ont la possibilité de mettre en oeuvre cette mesure spécifique en quelques heures seulement car cela consiste simplement à relancer quelque chose qui a déjà été fait auparavant." Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a été interrogé sur la possibilité d'une telle initiative le 6 mai lors de sa conférence de presse mensuelle mais il n'a donné aucun indice laissant supposer que la banque centrale pourrait y recourir.

Reuters

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