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| Mensuel : | Edition de juin 2010 |
| Rubrique : | Economie/Conseil |
| Titre : | Une 1ère analyse statistique des révisions du PIB trimestriel du Luxembourg |
| Article : | Le STATEC publie pour la première fois une étude sur les révisions du PIB effectuées depuis le lancement des comptes trimestriels en 2005(1). Confrontées aux données d'une vingtaine d'autres pays, les variations trimestrielles du PIB luxembourgeois présentent un degré de révision élevé, mais pas de dérive systématique (sous- ou sur-estimation).
Ces fortes révisions en valeur absolue sont cependant – dans une large mesure – la conséquence directe d'un taux de croissance moyen du PIB bien supérieur à celui des autres pays considérés. Une fois ce biais de comparaison corrigé, les résultats obtenus pour le Luxembourg montrent un degré de révision - certes élevé - mais comparable à ceux de pays comme la Suisse, le Danemark ou encore la Finlande. La méthodologie appliquée est basée sur une approche multi-nationale standardisée mise à disposition par l'OCDE(2). Les données examinées sont celles du PIB trimestriel désaisonnalisé, en taux de croissance par rapport au trimestre précédent(3). Pour tous les pays et pour un trimestre donné, les variations trimestrielles suivantes sont examinées: la première estimation, les chiffres en vigueur 5 mois, un an, deux ans et trois ans plus tard ainsi que la dernière estimation. Sur base de ces observations, différents indicateurs statistiques sont calculés: la révision moyenne, la révision moyenne en valeur absolue et la révision moyenne en valeur absolue divisée par le taux de croissance historique moyen. Par révision, on entend la différence arithmétique entre deux taux considérés, par exemple celui de la première estimation et celui en vigueur deux ans plus tard. La révision moyenne permet de vérifier s'il existe un biais directionnel sur les estimations successives de la croissance trimestrielle du PIB, c'est-à-dire si la croissance est systématiquement sur- ou sous-évaluée lors des premières publications. La principale conclusion est qu'il n'y a pas de biais systématique à la baisse ou à la hausse sur la croissance trimestrielle du PIB en volume depuis 1995. Mais l'indicateur statistique "révision moyenne" comporte un défaut à savoir que des révisions négatives (c'est-à-dire sur-estimation initiale) peuvent être compensées par des révisions ultérieures allant en sens inverse. La révision moyenne prise en valeur absolue corrige ce défaut en exprimant chaque révision, qu'elle soit à la hausse ou à la baisse, par un chiffre positif et donne une idée sur l'ampleur absolue des révisions. Pour le Luxembourg, les révisions augmentent au fil du temps: la moyenne des révisions absolues 3 ans après la première estimation est supérieure à la révision effectuée 5 mois ou deux ans après la première estimation. Cet indicateur est toutefois biaisé par la propriété statistique qu'une série présentant une moyenne plus élevée peut également disposer d'indicateurs de dispersion statistique plus importants. Le dernier indicateur proposé par l'OCDE corrige ce défaut: il s'agit de la révision moyenne prise en valeur absolue divisée par le taux de croissance historique moyen. En procédant de la sorte, le Luxembourg se situe toujours parmi les pays où la croissance est la plus révisée, mais il n'est pas le seul dans ce cas de figure. La publication Economie et Statistiques n°39-2010: "Revisions to GDP estimates in Luxembourg: Performing revisions analysis by using an OECD toolset" peut être téléchargé sur le site du STATEC sous la rubrique http://www.statistiques.public.lu/fr/publications/ series/ Economie_et_statistiques/index.html 1) Les données des comptes trimestriels ont été publiées pour la première fois en avril 2005 et remontent jusqu'en 1995. Elles sont complétées et éventuellement révisées tous les trois mois (au début des mois de janvier, avril, juillet et octobre) lorsqu'un nouveau trimestre est ajouté. Les données relatives au nouveau trimestre sont généralement publiées avec un retard de trois mois, c'est-à-dire qu'en avril 2010, le 4e trimestre 2010 a été publié, tandis que les trimestres précédents ont été révisés. Pour une année en cours (par ex. 2009) les trimestres déjà publiés peuvent être révisés tandis que pour les trois années précédentes, (2006-2008), bien que les données trimestrielles peuvent également varier, la moyenne annuelle de la croissance du PIB reste inchangée. Cette dernière n'est révisée qu'une fois par an, c'est-à-dire en octobre, lors de la mise à jour des comptes nationaux annuels. 2) "User manual and pre-programmed spreadsheets for performing revision analysis": http://www.oecd.org/dataoecd/4/15/36892430.pdf 3) Les autres pays faisant partie de l'étude sont l'Autriche, la Belgique, le Canada, la Suisse, la République Tchèque, le Danemark, la France, la Finlande, l'Allemagne, l'Irlande, l'Italie, le Japon, la Corée, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, le Portugal, l'Espagne, le Royaume-Uni et les USA. |
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