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| Mensuel : | Edition de juin 2010 |
| Rubrique : | Economie/Conseil |
| Titre : | Luxembourg : concentré de compétences en ingénierie patrimoniale et en Wealth Management ? |
| Article : | Comme confirmé lors de la journée Private Banker 2010 du 19 mai dernier, une des missions très importantes de la place luxembourgeoise consiste à réinventer son avenir. Son savoir-faire, ses compétences et sa capacité à fournir les meilleures garanties de survie dont elle dispose par son innovation, son excellence et sa volonté de découvrir des nouveaux horizons, y contribueront. Deux conditions supplémentaires sont néanmoins requises, explique Diana Kneip (cf. portrait) de Fuchs & Associés Finance: créer une plate-forme unique et performante pour tous les professionnels du secteur et favoriser la présence ainsi que le développement d’un know-how important par une série de dispositions législatives et fiscales.
Crise mondiale des subprimes, crise européenne, crise à Luxembourg relative au secret bancaire et à la liste grise de l’OCDE… autant d’éléments qu’a rappelés Lucien Thill, député et président de la Commission de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche, des Média et des Communications, directeur de l’ABBL (1990-2004), le 19 mai dernier, sans pour autant manquer d’insister sur l’innovation et l’excellence qui ont toujours alimenté le renouvellement de la place luxembourgeoise. (Lire en page 8). Aujourd’hui, ce renouveau continu doit surtout passer par l’échange des idées sur le plan économique afin d’affronter les nouveaux défis, la simplification de la complexité des infrastructures, la réduction des coûts de l’informatique, ou encore l’optimisation des processus. L’ingénierie financière est la nouvelle stratégie de différenciation de la place. L’augmentation des compétences des professionnels du secteur financier vise à attirer une clientèle plus riche mais également plus complexe vers les banques privées. Un enseignement universitaire – et non des certificats - tel que pratiqué à l’Université Paris-Dauphine (ingénierie patrimoniale et autres services aux ultra-high-net-worth-individual - UHNWI) constitue une piste, de même que l’instauration d’une déduction fiscale pour toute personne souhaitant investir dans une formation en Wealth Management. Déjà une longueur d’avance Les professionnels du patrimoine l’avaient déjà bien assimilé, les banquiers privés luxembourgeois l’ont désormais eux aussi bien compris: il est nécessaire de repenser le modèle économique de la banque privée et des services fournis à la clientèle haut de gamme, et de continuer à développer des idées innovantes. Parmi les familles internationales, on constate une demande accrue de transparence, de vue globale du patrimoine mondial et de produits sécurisés. En outre, en raison des crises, le patrimoine de ces dernières se trouve non seulement multi-bancarisé, mais encore tributaire d’une gestion multi-gestionnaires. Les solutions de pur Private Banking sont supportées par un gestionnaire de patrimoine indépendant, un domiciliataire indépendant qui gère le trust, un conseiller en philanthropie, etc. Bref, tout un réseau d’institutionnels tels que les fonds et les banques de la place, qui proposent une palette de prestations de services en ingénierie patrimoniale et successorale haut de gamme. Lors de la journée Private Banker 2010, plusieurs orateurs - y compris nos invités suisses - ont confirmé l’avance prise par le Luxembourg en matière de grand professionnalisme à l’égard d’une clientèle qui couvre toute l’Europe. N’oublions pas que le Family Office, dans son berceau européen, est souvent exercé à travers des Trustees. Ainsi, le Luxembourg, centre de créativité également en matière d’assurances-vie dans le cadre de l’ingénierie fiscale, bénéficie d’une position très avantageuse et comparable à celle de la Suisse. Durant la séance, l’un des orateurs a en outre tenu à préciser que la banque privée joue même un véritable rôle dans la gouvernance familiale, les institutionnels devant s’ouvrir à des services sur mesure pour les familles. Family Office: l’indépendance en étendard Le Family Office, qui est un métier non réglementé, représente pour beaucoup d’acteurs un des nouveaux débouchés à explorer. Cependant, il nécessite une indépendance totale et, surtout, des moyens que le Grand-duché devra tôt ou tard mettre sur la table s’il veut devenir un jour un grand acteur dans ce domaine. Actuellement, la profession de Family Officer peut être exercée par n’importe qui. La question de sa réglementation est très régulièrement soulevée. Grâce notamment à cette indépendance, le Luxembourg pourrait se transformer en centre mondial pour le marché du Family Office, en attirant les cabinets qui se sont spécialisés dans les stratégies d’optimisation fiscale. Bientôt, tout patrimoine, quel qu’il soit et où qu’il soit, deviendra officiel. Le secret bancaire vit ses derniers instants au Luxembourg. Autant donc prendre les devants! Saisir cette opportunité passe par diverses mesures. Une plateforme informatique universelle pour une vue consolidée du patrimoine Le besoin de consolidation des avoirs fait partie des priorités du marché du Family Office. Il est vrai que pour pouvoir donner aux familles des conseils judicieux au moment opportun, un Family Officer doit avoir une vision globale du patrimoine qui lui est confié. Or, cette vue d’ensemble n’est pas toujours facile à obtenir, comme nous l’avions évoqué dans notre article de Janvier 2010. Une étape importante dans cette consolidation est franchie grâce à Clearstream Services qui, avec ses partenaires, continue à capitaliser sur son modèle d’outsourcing à valeur ajoutée (‘Paint me a Bank’) de solutions et de services IT pour l’industrie financière en mode SaaS ouvert au BPO (Business Process Outsourcing). Après avoir proposé le core banking (Thaler de Callataÿ & Wouters), le front-end (Triple’A Plus™ d’Odyssey), la messagerie Swift en Service Bureau, le Trade et Risk management (Kondor+ de Thomson Reuters), le reporting réglementaire (de FRS), l’AML (de Eastnet), l’archivage ou encore la facturation électronique, Clearstream Services s’adresse désormais au segment des Wealth Managers et Family Offices avec une réelle première: une plateforme multi-dépositaires, multi-gestionnaires et multi-pays. Toujours en proposant des solutions de pointe, leader dans leur secteur. Le concept, attractif grâce à un modèle de ‘pay-as-you-grow’, permet à d’ambitieuses structures, banques privées, banques universelles ou acteurs de l’industrie du fonds de placements de se doter d’outils state of the art sans pour autant subir les contraintes techniques ou financières d’acquisition d’une plateforme informatique et applicative. Mutualisation en toute sécurité et neutralité sont ses fers de lance. Taillée sur mesure pour les professionnels du patrimoine, la solution s’appuie entre autres sur le logiciel Triple’A Plus™ d’Odyssey. Elle offre aux gestionnaires une vue consolidée unique des avoirs de leurs clients quel que soit le pays, mais surtout quelles que soient les banques dans lesquelles ils ont effectué leurs dépôts. Plusieurs des dépositaires principaux au Luxembourg, en Belgique et en Suisse, ont déjà marqué leur volonté d’entrer dans ce modèle ouvert pour disposer d’une interface avec la plateforme. La consolidation sera donc proposée non seulement aux gestionnaires de fortune, mais également aux Family Offices et aux dépositaires disposant de moyens propres de gestion. La plateforme se veut complètement ouverte. Dans ce contexte, celle-ci consolide les avoirs ainsi que le patrimoine global du client, tout en laissant le libre choix du ou des dépositaires finaux. Elle se positionne comme un intermédiaire neutre, qui s’ouvre à l’enrichissement de services métiers, conseils juridiques, patrimoniaux, successoraux, en assurance-vie, etc. Tout l’écosystème des services providers y trouve ainsi un intérêt. "Nous avons poussé l’optimisation de la plateforme, qui bénéficie de l’effet de la mutualisation et des bienfaits des composants réutilisables déjà mis en place dans le cadre d’autres outsourcing", confirme Michel Rodriguez (cf. portrait), Head of IT External Business chez Clearstream Services. "Une attention particulière a été portée sur les aspects tels que la sécurité de l’information, la gestion des contrats mutualisés, la protection des données, etc. Nous continuons à enrichir petit à petit le modèle qui requiert de plus en plus l’apport de fonctions BPO", poursuit-il. Cette nouvelle dimension du concept d’outsourcing à valeur ajoutée fait entrer celui-ci au plus près du BPO, c'est-à-dire de l’outsourcing métier. Cette solution pour les gestionnaires patrimoniaux se profile clairement comme la plateforme ouverte où de multiples intervenants pourront venir se greffer pour enrichir le modèle et créer en toute sécurité et transparence un véritable BPO 360° pour la finance patrimoniale. La première brique est posée, et le modèle est en validation auprès de clients pilotes dont, à Luxembourg, Fuchs & Associés Finance. Des gestionnaires en Suisse sont déjà dans les starting block pour eux aussi valider le modèle. Un PSF de support pour le Wealth Management Dans un avenir très proche, des services de type BPO vont venir compléter la solution au travers d’un PSF de Support actuellement en cours de création par une série d’acteurs du monde financier. Ce partenaire essentiel et interface unique sera à même de maintenir les fonctions métier, de répondre aux besoins futurs du marché et d’assurer, pour le coup, une indépendance encore plus importante, voire totale. Il est opportun de mettre en place rapidement cette plateforme unique et confidentielle, structure neutre et indépendante qui regroupera les différents acteurs métier en présence (IT, spécialistes de l’infrastructure, banques dépositaires). Pour, ainsi, reproduire une success story, cette fois à destination des professionnels du patrimoine et du Wealth Management. Une série de dispositions législatives et fiscales Face à la banalisation du métier de Family Officer, pourtant véritable profession indépendante, Jean Fuchs, président de l’ALPP (Association luxembourgeoise des Professionnels du Patrimoine), a pris les devants, mettant en place début mai avec les vrais professionnels de ce métier un groupe de travail afin de le définir et de le protéger. Qu’il s’agisse de Single Family Office, Multi Family Office ou des prestataires de services pour ce dernier. Lors de l’Assemblée Générale de l’ALPP, le président a de plus annoncé la constitution de Luxemburg Association for Family Office. Des changements législatifs (projet de loi 6054) ont aussi été entrepris sur les a.s.b.l et les fondations, ce qui va permettre aux UHNWI de créer leurs fondations privées. Celles-ci engendreraient une véritable niche pour la place tant le secteur de la philanthropie connaît ces dernières années une croissance et une concurrence de plus en plus affirmées. Même si le gouvernement luxembourgeois entend bien développer ce créneau dans les années à venir, seule une fondation placée sous le patronat de la Fondation du Luxembourg existe. Celle-ci malgré la haute compétence de ses représentants, n‘assure pas toujours l’extrême discrétion dont veulent bénéficier les HNWI et les UHNWI. Une création de jurisprudence autour de l’échange d’information automatique par les institutionnels de la place, afin d’empêcher cette échange automatique, a été proposée. La protection des données des personnes et le droit au respect de la vie privée sont des pistes pour protéger la confidentialité pour la place financière… Pour résumer: le Luxembourg peut rapidement se profiler comme un centre international de compétences en matière de Wealth Management, à condition de créer une plateforme unique et performante pour tous les professionnels du secteur et de développer, via une série de dispositions législatives et fiscales, la présence et le déploiement sur la place financière d’un know-how et d’une expertise de haut niveau en services HNWI et UHNWI. Diana KNEIP-DIELS (cf. portrait page UNE) Global Family Office® FUCHS & ASSOCIES FINANCE Michel RODRIGUEZ (cf. portrait) Head of External Business Services CLEARSTREAM SERVICES |
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