Mensuel : Edition de décembre 2008
Rubrique : Fiscalité/Conseil
Titre : Les stratégies market neutral : A la recherche de la performance positive sur des marchés volatils
Article : Cette année, la volatilité a atteint des sommets sur les marchés mondiaux, les actions ayant sombré avec les marchés de la dette. Le gel des marchés du crédit, les dépréciations colossales d’actifs et la peur d’une récession mondiale ont lourdement plombé l’atmosphère, chaque mauvaise nouvelle (chiffres négatifs de l’économie ou bénéfices décevants des entreprises) tirant un peu plus les marchés vers le bas.

En octobre, au plus fort de la crise bancaire, les gouvernements des quatre coins de la planète ont volé au secours des établissements financiers alors que l’indice VIX (Chicago Board Options Exchange Volatility Index), qui mesure la volatilité attendue du S&P 500, crevait tous les plafonds. L’indice, créé il y a 18 ans et surnommé "indice de la peur" à Wall Street, a dépassé les 80 points pour la première fois de son histoire le 16 octobre, alors qu’il n’avait jamais franchi la barre des 50 points avant la semaine précédente(1). Les plans de sauvetage gouvernementaux semblent avoir permis d’éviter l’Armageddon financier craint par les investisseurs, et la volatilité a reculé. Elle n’en demeure pas moins élevée puisque les investisseurs, l’esprit agité, sont désormais pris par la peur d’une récession grave et prolongée au sein des économies développées. Par ailleurs, la corrélation des actifs financiers a fortement augmenté, et rares sont désormais les segments à offrir un refuge aux investisseurs. Les emprunts d’Etat ont bien tiré leur épingle du jeu dans ce chaos, mais semblent désormais tendus. Les actifs les plus risqués (actions des marchés développés et émergents, immobilier, infrastructure, hedge funds, crédit, matières premières) ont essuyé de nets revers et demeurent très instables. Peu de classes d’actifs, en dehors des liquidités, génèrent des rendements positifs dans de telles circonstances, et même les stratégies de performance absolue sont à la peine. Toutefois, un type de stratégie est à même de capter des sources de performance positive sur les marchés actions, même en ces temps de volatilité extrême.

Les stratégies equity market neutral sont des stratégies long/short qui visent à neutraliser le risque de marché et sectoriel (bêta) et tirent exclusivement profit de la performance des actions (alpha). Elles peuvent donc s’attacher à générer des rendements indépendamment de l’orientation du marché et afficher ainsi une performance positive même en cas de repli de celui-ci. Pour ce faire, le gérant prend en général des positions longues sur certains titres et courtes sur d’autres et les équilibre afin de ramener à zéro l’exposition nette du portefeuille aux fluctuations du marché. Le maintien d’un positionnement neutre permet de tirer profit des anomalies de cours entre des actions qui sont liées. Le gérant prend des positions longues sur les titres jugés sous-évalués et attendus en hausse et des positions courtes sur des actions liées (issues du même secteur ou d’un secteur connexe) jugées surévaluées et attendues en baisse. Il peut ainsi tirer profit des mouvements des valeurs individuelles, quelle que soit l’orientation que prend le marché ou le secteur. A titre d’exemple, dans le graphique ci-dessous, Great Computer est jugée sous-évaluée. Une position longue est donc prise sur ce titre, tandis qu’une position courte équivalente est initiée sur Bad Computer, jugée surévaluée. Ainsi, quelle que soit la performance du secteur du matériel technologique (ou du marché dans son ensemble), le portefeuille peut tirer profit de l’alpha généré dans l’hypothèse où Great Computer fait mieux que Bad Computer.

Les stratégies market neutral

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Les stratégies equity market neutral ont été conçues initialement dans le cadre des hedge funds. La directive UCITS III a toutefois étendu les possibilités d’investissement et ce type de stratégie intéresse donc désormais un public bien plus large. Les investisseurs privés peuvent à présent accéder aux avantages de l’approche market neutral par le biais de SICAV classiques. Bien entendu, la performance d’un fonds market neutral est déterminée par le processus de sélection des titres. Si les titres qui vont surperformer et ceux qui vont sous-performer ne sont pas correctement identifiés au terme du processus, le fonds ne produira pas de bons résultats. Par ailleurs, si les positions longues et courtes ne sont pas correctement appariées, le fonds n’affichera pas un positionnement neutre et sera soumis aux aléas du marché.

Il est par conséquent primordial de sélectionner une stratégie reposant sur un processus éprouvé et un solide historique de performance en vue de l’identification des valeurs susceptibles de surperformer ou de sous-performer. Les gérants doivent également disposer d’importantes ressources et d’une grande expérience de la vente à découvert d’actions. Durant les phases de hausse des marchés, les stratégies market neutral sont susceptibles de générer des rendements moins élevés que ceux pouvant être obtenus dans le cadre d’un investissement dans des fonds actions long-only. En revanche, durant les périodes de baisse et de volatilité des marchés, elles devraient continuer à produire de bons résultats. Elles bénéficient également d’une faible corrélation avec les rendements des fonds actions, ce qui en fait un excellent outil de diversification pour les investisseurs détenant des portefeuilles actions long-only, quelles que soient les conditions de marché.

Sarah East
Investment Marketing Team
JPMorgan Asset Management

1) Source: Bloomberg

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